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grande partie de l'Allemagne eût embrasse la réforme. On assure même que, dans sa jeunesse y Ferdinand , ayant été en pèlerinage à Rome avait fait vœu, s*il parvenait jamais à Tempire, d'exterminer les hérétiques et de détruire l'hérésie dans tous ses États. Aussi, avant même d'être empereur , se déclara-t-il l'ennemi des Bohémiens révoltés, et fut-il un des premiers à exciter le ressentiment de Mathias contre les auteurs de la défenestration de Prague, que la mort inopinée de ce prince ne lui laissa pas le temps de punir.
Cependant à peine parvenu au pou* voir suprême, de quelque côté que Ferdinand tournât les yeux , il se voyait en* touré d'ennemis secrets ou déclarés , et comptait à peine un petit nombre d'amis incertains ou timides. L'Allemagne entière se trouvait alors divisée entre deux partis opposés qui semblaient n'attendre qu'un signal pour mesurer leurs forces: d'un côté, c'était l'électeur de Bavière , Maxihiuen , oncle de l'empe-
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reur, et plusieurs princes et évêques de tout temps attachés à la maison d'Autriche , réunis sous le nom de Ligue ca<^ THOXiiQUE; de Tautre, on voyait les électeurs de Saxe et de Brandebourg, le duc DE Wi&TEMBERG , et uu grand nonibre de princes et seigneurs luthériens ou calvinistes y qu'une défiance égale contre rautorité impériale avait décidés à former entre eux une alliance à laquelle ils ^ donnaient le nom d'Un lOK évANOiÉLiQUE. Jusqu'à ce moment, a la vérité, les deux partis étaient demeurés spectateurs immobiles de la querelle de l'empereur et des Bohémiens;! mais le temps n'était plus éloigné où cette même querelle allait leur mettre aussi les armes à la main. 11 y avait à peine quelques mois que Ferdinand II avait, reçu la couronne, lofsque le comte de Thurn , prévoyant que la colère de ce prince ne tarderait pas à éclater sur la Bohême , et ne sachant à qui demander du secours contre l'empereur, parvint à décider un prince de Transylvanie, nommé Bet^lem-Gabor,
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qui était habile et belliqueux , à s'emparer du royaume de Hongrie, et à se joindre aux Bohémiens pour assiéger l'empereur dans sa propre capitale} mais Ferdinand, qui ne manquait pas de courage et de résolution, ne se laissa point effrayer par les ravages que ces barbares exercèrent autour des murs de Vienne, et ayant appelé à son aide les princes catholiques , il eut le bonheur de voir les rebelles abandonner précipitamment les plaines de TÂutriche à l'approche d'une armée considérable que Télecteur de Bavière lui amenait pour les combattre.
Mais ce revers ne suffisait point pour décourager l'infatigable Thurn, qui, ne renonçant point encore à susciter d'autres ennemis à l'empereur, proposa aux seigneurs bohémiens assemblés à Prague de déclarer solennellement qu'ils ne voulaient plus obéir à la maison d'Autriche, et de choisir pour roi un des princes les plus marquants de l'union évangélique , appelé FR1F.DÉRIG , jéLECTErR Palatiit du
Rhin, dont les domaines, connus sous le nom de Palatiitat, s'étendaient sur les deux rives de ce fleuve , entre la France et TAlIemagne.
Le palatin Fréaëric , mes bons amis , était un prince aimable et généreux , que ses manières douces et polies faisaient chérir de tous ceux qui l'approchaient; mais ce qui avait déterminé plus particulièrement le choix des Bohémiens en sa faveur, c'est qu'il était zélé calviniste, et regardé parles protestants comme le chef de l'union évangélique. A la vérité, Frédéric , loin de rechercher cette puissance qui lui était offerte, comme s'il eût pressenti les malheurs qu'elle devait lui attirer, avait déjà témoigné une répu-^ gnance extrême à l'accepter , lorsque la princesse Palatine , sa femme , qui était fille de Jacques V^y roi d'Angleterre, voyant son hésitation , vint se jeter à ses pieds : (c Eh quoi ! lui dit en pleurant « cette femme orgueilleuse, tu as pu « devenir l'époux de la fille d'un roi , « et tu n'oses pas accepter une cou-
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ce ronne que tout un peuple vient x^ot' a frir; pour moi| j'aimerais mieux ne ff manger que du pain et être reine , que ce de vivre dans les délices n'étant que w femme d'un électeur. » Le faible Frédéric eut le malheur de céder aux in* stances de cette femme altière qu'il ne pouvait s'empêcher d'aimer; il consentit, non sans regret, à devenir roi de Bohême, et se déclara ainsi le soutien d'une cause qui jusqu'alors lui avait été étrangère. Peu de jours après, il se rendit avec une suite nombreuse à Prague , oïl il fut couronné avec de grandes cérémonies en présence de toute la noblesse bohémienne , qui déploya dans cette occasion une magnificence extraordinaire pour témoigner au monde entier la joie qu'elle ressentait de l'avènement du prince qu'elle avait choisi.
Il me serait impossible, mes jeunes amis , de vous peindre l'indignation de l'irascible Ferdinand, lorsqu'il apprit quel était le nouvel ennemi qu'il allait avoir à combattre. Dans sa colère , il ordonna
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que Timprudent palatia fût mis au ban de Teinpire, c'est-à-dire condamiië à perdre tous ses biens et toutes ses dignités; et ses dépouilles furent promises à Télec* teur de Bavière et aux autres princes qui aideraient l'empereur à le renverser du trône où il avait eu Timprudence de s'asseoir. -^
Mais si la perte du nouveau roi de Bohême était déjà résolue à Vienne, ce prince avait aussi en Allemagne des amis prêts à embrasser sa défense , parce que c'était rintérêt de la reli^on protestante qui avait été le prétexte de la révolte des Bohémiens; et l'Union Évangélique , d'abord impassible en présence des événe^ ments qui se préparaient, se montra bientôt disposée à soutenir par les armes l'existence de son chef , tandis que l'électeur de Bavière et la ligue catholique se liaient plus étroitement que jamais à la cause impériale.
Ainsi , l'Allemagne , cette contrée oîi la réforme de Luther , à peine com* mencée , avait déjà causé tant de trou-