‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 60 sur 117 · LA G0SERB DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

LA G0SERB DE TRENTE ANS

ainsi sourire à l'empereur, Tindolent Frédéric, enfermé dans Prague, au lieu de se préparer à de nouveaux combats que tous ceux qui l'environnaient jugeaient inévitables, se livrait aux douceurs de cette royauté qu'il avait eu la faiblesse de préférer à une existence paisible et imposante. En le voyant entouré d'une cour brillante s'endormir au milieu des délices qu'il est si facile aux rois de se procurer^ ses amis eux-mêmes , les princes protestants, s'indignaient de son inaction, et l'Union Évangélique abandonnait un chef qui semblait oublier ses devoirs envers les Réformés dont la cause était la sienne.

Tout à coup l'électeur de Bavière , à la tête d'une armée impériale, fond sur la Bohême où l'insouciant Frédéric n'a disposé aucun moyen de défense : ses soldats , surpris par l'approche inattendue de cet ennemi formidable , veulent en vain arrêter à quelque distance de Prague cette armée supérieure en nombre , et la bataille s'engage sur une col-

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Une appelée la uovtagjhr Blanche ^ oi| la victoire ne flotte pas longtraips incei^ taine entre les deux partis; en moins d'une heure les bataillons bohémiens , mécontents de ne point voir à leur tête le roi pour lequel ils versent leur sang ^ se dispersent presque sans combattre t et abandonnent ainsi aux Bavarois le champ de bataille qu'ils ont à peine essayé de défendre.

Frédéric était à table dans son palais de Prague où il traitait splendidement Tambassadeur du roi d'Angleterre , lorsque les premiers fuyards vinrent lui s^pprendre que Tennemi était aux portes de sa capitale. A peine si, en voyant du haut des murs les campagnes couvertes des débris de son armée, Timprévoyant monarque put croire à un pareil revers; mais l'approche de Maximilien lui-même ^ à la tête de ses troupes victorieuses , vint bientôt le tirer d'incertitude. En vain il fît supplier ce prince, dont il était le parent, de lui accorder au moins quelques jours pour

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avoir le temps de preodre une réfolutioiiy le Bavarois consentit à grand'peine à lui laisser huit heures seulement dont il se hâta de profiter pour sortir de Prague pendant la nuit avec les principaux chefs de son armée et la vaniteuse princesse Palatine, dont l'orgueil était la première cause du désastre de son mari.

Depuis ce moment, la vie du malheureux Frédéric ne fut plus qu'une suite de revers et de disgrâces ; après avoir cherché un refuge en Hollande auprès du Stathouder, son parent, sans argent, sans soldats , à peine suivi de quelques servi* teurs fidèles qui s'étaient dévoués à sa mauvaise fortune , il eut encore la douleur de voir le Palatinat, son propre pays, devenir le théâtre des ravages dq l'électeur de Bavière, à qui l'empereur, eu récompense de ses services, avait abandonné une partie de cette province^ Tune des plus fertiles de l'empire. Réduit à l'existence la plus misérable | étran^r en tous lieux , sans amis , sans patrie, Frédéric çxpia, par vingt ans de

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malheurs , celui d'avoir régné quelques instants ; mais cette catastrophe ne fut point perdue pour les autres princes protestants d'Allemagne, qui, en voyant l'abaissement de l'un de leurs principaux: alliés y et l'accroissement de la puissance autrichienne qui menaçait désormais de les accabler tous , se repentirent , mais trop tard, de n'avoir pas mieux défendu sa cause qui était aussi celle de la Réforme tout entière.

La bataille de la montagne Blanche, en décidant du sort du Palatin , avait également décidé de celui de la Bohême. Dès le lendemain, Prague ouvrit ses portes aux vainqueurs , et cet exemple fut suivi aussitôt de presque toutes les villes de ce royaume. Alors l'Europe attendit avec impatience la conduite que Ferdinand tiendrait envers ses sujets désarmés et soumis. Pendant trois mois, ce prince artificieux ne laissa pénétrer ses desseins de personne , afin que chacun ignorât ce qu'il devait craindre ou espérer; mais au bout de ce temps, et au

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