‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 62 sur 117 · TILLY, MANSFELD ET LEURS CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

TILLY, MANSFELD ET LEURS CONTEMPORAINS

DeptiU Tan 46^4 jusqu'à l'an 1629.

Je ne sais si vous avez remarqué , mes jeunes amis, que la plupart des livres d'histoire rapportent , ayec une sorte de complaisance, les infortunes éclatantes des rois et des autres hommes élevés en dignité, et qu'à peine s'ils accordent quelques témoignages de pitié aux calamités qui fondent sur des nations enûè^ tes. Sans doute les malheurs des grande personnages sont des exemples plus frappants des coups du sort et de la ft*a<^ gilité des choses humaines , mais il ne faut pas croire pour cela, qu'ils soient seuls exposés aux caprices de la fortune; et le pauvre laboureur qui voit sa chau-

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mière incendiée et ses moissons dévastées par l'orage ou par la guerre , n'est pas moins à plaindre que le monarque qui perd une couronne.

Tel fut précisément le sort des malheureux habitants du Palatinat , lorsque Maximilien de Bavière, par ordre de Ferdinand , livra cette province entière aux ravages de son armée victorieuse. Des villes furent saccagées et inondées du sang de leurs habitants; des villages furent réduits en cendres ; les campagnes se dépeuplèrent devant les farouches Impériaux dont le pillage et l'incendie marquaient le passage : mais un mal plus grand encore , s'il est possible, que la désolation de l'une des plus belles provinces d'Allemagne, c'est que la plupart des habitants de cette contrée , que l'avidité de leurs ennemis laissait sans aucune res* source, se mirent eux-mêmes au nombre des pillards , en se faisant aussi soldats. Adoptant tantôt un chef , tantôt un autre, ils s'associaient indifféremment à la cause des catholiques ou à celle des pro-

testants : peu soucieux de suivre les drapeaux du Palatin ou de l'empereur, pourvu qu'il leur fût permis de vivre impunément aux dépens des pays qu'ils traversaient, des aventuriers, semblables aux anciens Condottieri d'Italie, enrôlaient sous leur bannière ces bandes formidables dont l'apparition était également un fléau pour leurs amis et leurs ennemis : quelques-uns de ces hommes turbulents atteignirent alors par leurs exploits une célébrité qui les rendit pendant vingt ans les véritables souverains de l'Allemagne , et les noms de Mansfelb , de Christian DE Brunswick, de Tillt et de Wallew- STEiN, occupent plus de place dans l'histoire de la guerre de trente ans, que ceux même des potentats qui mettaient ei^tre leurs mains la destinée de leurs couronnes.

Ernest de Mansfeld , que je viens de vous nommer le premier, était d'origine autrichienne, mais s'étant fait protestant , il avait embrassé avec ardeur la cause du faible et malheureux Frédéric.

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