‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 64 sur 117 · LAND · texte numérisé non relu

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Mais cette fortune prodigieuse^ qui eût dépassé les espérances de tout autre capitaine, ne suffisait point encore à Tarnbilieux Wallenstein y et , parvenu au comble des honneurs et de la richesse j il attendait avec impatience une occasion favorable de s*élever au rang même de$ rois, qui seul pouvait contenter son esprit insatiable. Comblé des faveurs de son souverain, il aurait voulu devenir son égal ; par une bizarrerie singulière , et que peut seule expliquer l'ignorance des temps où il vivait, tous les instants qu'il pouvait dérober aux graves intérêts qui l'occupaient, il les consacrait à un astrologue italien nommé SiNi, qu'il traînait constamment à sa suite pour le consulter sur tout ce qu'il entreprenait. C'était sur les prédiction^ de ce charlatan qui feignait de passer les nuits à observer les astres, que Wallenstein s'était persuadé qu'il devait un jour porter une couronne; et c'est une chose

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vraiment remarquable que Faveuglement de cet homme émiaent pour une croyance ridicule à laquelle personne aujourd'hui ne voudrait ajouter la moindre foi. Ainsi , mes bons amis , lorsque vous entendez dire de quelqu'un pour qui tout semble succéder au gré de ses désirs, (( qu'il est né sous une heureuse étoile, » cela ne veut point dire, comme on pouvait le croire au temps où l'astrologie était en honneur, qu'une étoile ou l'autre a brillé au ciel au moment de sa naissance, mais seulement que des circonstances favorables le secondent, et qu'il réussit dans tout ce qu'il entreprend.

Cependant la rigueur extrême que Ferdinand venait de déployer contre le palatin Frédéric, et l'abandon qu'il avait fait des États de ce prince infortuné à l'électeur de Bavière, avaient jeté l'épouvante parmi les protestants d'Allemagne, et l'union évangélique voyait avec effroi la puissance impériale prête à briser tous les obstacles qu'elle pourrait rencontrera ses vues ambitieuses ] mais ce qui acheva

de pousser au désespoir les princes lu-* thériens et calvinistes y ce fut un ëdit , appelé l'Édit de restitution , par lequel Tempereur enjoignit aux seigneurs protestants de restituer sans délai, à leurs anciens possesseurs, tous les monastères, les terres, les forêts, les châteaux dont leurs aïeux s'étaient emparés du temps de la ligue de Smalkalde , et que l'empereur Charles -Quint leur avait permis de conserver.

L'édit de restitution, mes jeunes amis, devint pour l'Allemagne le signal de nouveaux troubles que les alarmes des protestants excitèrent promptement dans toutes les provinces. L'union évangélique courut aux armes ; de nouvelles armées s'assemblèrent sous les ordres de Mansfeld et de Christian de Brunswick, et de toutes parts l'empereur se vit environné d'ennemis résolus de s'affranchir de la domination autrichienne.

Or, il faut que je vous dise que si Ferdinand avait osé exposer de nouveau sa

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couronne à une si terrible tempête , il était enhardi y dans cette tentative pé* rilleuse, par l'offre que lui avait faite Wallenstein de lever et d'entretenir à ses propres dépens une nombreuse année impériale avec laquelle il s'engageait à faire respecter les volontés de Tempe* reur, quelles qu elles fussent. Ferdinand, qui jusqu'alors n'avait dû ses victoires qu*aux armes de l'électeur de Bavière et de la ligue catholique , accepta cette pro«> position avec joie ; il conféra à Wallenstein le titre pompeux de Gi^ner alissime, ce qui voulait dire le général des généraux, et bientôt, en effet, de toutes les parties de T Allemagne, et même de l'Europe , le duc de Friedland vit accourir sous ses drapaux plus de cinquante mille soldats attirés par la renommée de ce capitaine, sa prodigalité connue, et sur* tout par l'espoir du pillage des pays ennemis qu'il promettait de leur abandonner. A l'aspect de cette armée for* midable personne ne douta que le dernier jour de la Réforme ne fût arrivé^ et

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Tempereur lui-même ne dissimula plus sa joie ni ses espérances.

s V JkSii AOU IMli IMB L*HtS¥OIllS SS VIlAirCE.

1624. Suite du règne de Louis XIII et de Tadmi-

nbtration du cardinal de Richelieu.

4627. Siège de la Rochelle.

108 Là rbtbàitb de WàLLBNSTEIN.

LA RETRAITE DE WALLENSTEIN

Depvàê l'an 1629 jusqu'à l'an 1630.

Dans ce temps-là , mes jeunes amis , les trônes du Mord étaient occupés par deux princes non moins remarquables par leurs belles qualités que par Timportance qu^ils avaient su donner aux nations qu'ils gouvernaient. L'un était Christiern IV, roi de Danemark; l'autre Gustave-Adolphe, roi de Suède, petit-fils de Gustave Wasa, et l'un des princes les plus illustres qui aient jamais existé.

Le premier de ces deux monarques, | appelé dès son plus jeune âge à régner sur le Danemark , n'avait point ambitionné jusqu'alors la gloire militaire; mais la prospérité de son peuple avait rempli

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bien plus utilement chacune des années de son gouvernement. Pour mieux connaître les mœurs et les besoins de ses sujets ,\ il avait voulu visiter toutes les provinces de son royaume , et s 'embarquant sur un petit navire sous le nom et le costume d'un simple marin , il s'était avancé sous les climats glacés du Nord, plus loin qu'aucun prince de l'Europe ne l'avait fait avant lui , et n'avait rien négligé pour adoucir le sort des peuples pauvres et infortunés qui habitent ces tristes contrées. Par ses soins , le Danemark , peuplé de tout temps d'une nation active et laborieuse , acquit en peu d'années tous les arts, toutes les industries des autres peuples de l'Europe, tandis qu'encouragés par les récompenses qu'il leur avait promises, d'habiles marins danois trouvèrent par le Nord un passage vers le Nouveau-Monde, où ils parvinrent à fonder des établissements qui existent encore aujourd'hui, et auxquels on a donné le nom d'ÂMÉRiQnK

DAjrOISE.

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