‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 68 sur 117 · LÀ RETRAITS DB WALLINSTBIN · texte numérisé non relu

LÀ RETRAITS DB WALLINSTBIN

dre rumeur vînt troubler ses graves méditations. Des soldais veillaient sans cesse autour de son palais pour empêcher qu'on île fît dtf bfuit dans les ilies Voisines, où souvent il faisait tendre des chaînes de fer, afin que les voitures ne s'approchassent pas assez de sa demeure pour que leur roulement parvînt à son oreille. Wallenstein , reconnaissable à sa taiHe él«vée ^ à sort teiiit jàtine , à ses eheveiix roiïx et cotil*td^ h son regard flef et pënëtrÀiit, adressait farèmeiit la parole à ceux qui Tentoui^aient ; jamais aucun de ses serviteurs leâ pluâ iiitimes ne Tarait vu sourire, et pour que peN soRde ne pénétrât ées desseinà secretâ, il écrivait de sa propre main tous sèi pr6* jets, et entretenait une correspondance active avec les personnages les pliis marquants des difl^retfts pays de I Eurdpé.

sTir^sHROïniME be l'msrroiRB Dti tRAÉCB,

46^ Suite dé Padministration du cardbji(ï dé KiehèlieK,

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Depuis Tan 1630 joscp'à Fan 1631.

Tandis que Wallenstein , mes jeunes anûsy vivait ainsi retiré dans sa royale demeure de Prague j un ennemi plus redoutable que tous ceux dont Ferdinand avait triomphé jusqu^alors, était au moment de fondre sur rAllemagne. C'était Gustave-Adolphe, qui, cédant à son tour aux vœux des protestants de Tempire, venait de débarquer une armée suédoise en Poméranie , oîi les excès commis par les Impériaux le firent accueillir comme un libérateur.

Avant de s'embarquer pour cette expédition guerrière où il allait bientôt acquérir tant de gloire , le sage Gustave avait convoqué à 3tockholfîi les États dç

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Suède y c'est*à-»dire les seigneurs ^ les bourgeois et les paysans de ce royaume , et s'était présenté devant cette assemblée^ tenant dans ses bras la petite Christiiye, sa fille, à peine âgée de quatre ans alors, et qu'il destinait déjà à monter sur le trône après lui : (( Je connais les dangers que je vais braver, leur dit-il, et j'échapperai difficilement à tous; Dieu sans doute bénira nos armes , puisque c^est pour sa cause que nous les prenons; mais si je succombe, ce sera du moins pour la gloire de notre patrie; il est temps que TEurope reconnaisse en nous les dignes descendants de ces grandes nations gothiques qui renversèrent autrefois l'orgueilleuse Rome. » En entendant ces paroles, en voyant la noble résolution de ce monarque qu'ils chérissaient , les assistants fondirent en latmes ; il leur semblait à tous qu'ils voyaient devant eux pour la dernière fois ce prince qu'ils étaient accoutumés à révérer, et les vœux de tout son peuple le suivirent lorsqu'il monta sur le vaisseau qui l'emporta loin

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de la Suède y qu'hëlas! il ne devait plus revoir.

A mesure que Gustave-Adolphe s'avan^ çait en Allemagne, où ses Suédois se faisaient admirer par leur discipline sévère, son armée se grossissait chaque jour d^une foule de soldats qui, après avoir combattu tour à tour sous Mansfeld et sous WaHenstein, venaient encore se raiiger avec empressement sous les drapeaux d*un roi qui passait déjà pour un des plus habiles capitaines de son siècle. Les électeurs de Saxe et de Brandebourg joignirent leurs armées à la sienne. De toutes parts les princes protestants reprirent les armes, et en un moment la plus grande partie de TAllemagne fut de nouveau soulevée contre Tempereur. Dé son eôté Ferdinand put compter avec effroi la multitude d^eânemis qui T entouraient; Maximilien de Bavière, dont les États furent les premiers menacés pa^ Gustave, forcé de défendre sa propre capitale, ne pouvait plus marcher au secours de l'empire aux abois; et Tarmée même qdie

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Wallenstein avait créée, diminuée par les maladies et la désertion entre les mains du farouche Tilly, avait cessé de paraître formidable.

Mais tandis que Gustave-Adolphe, envahissant la Bavière , vengeait sur cette province les dévastations dont le Palatinat avait été le théâtre, Tilly, pour contenir dans la soumission les protes-* tauts qui n^avaient pas encore pris les armes, épouvantait l'Allemagne et l'Europe par l'un de ces effroyables désastres dont les temps et les peuples les plus barbares offrent à peine quelques exemples.

Parmi les cités allemandes qui avaient embrassé avec le plus d'ardeur la cause de la réforme, l'une des plus importantes, mes jeunes amis^ était celle de Magde- BOURG, grande et belle ville bâtie sur les bords de l'Elbe^ qui renfermait une population riche et industrieuse. Ce fut sur cette malheureuse cité que Tilly, profitant de l'éloignement de Gustave , alors occupé à combattre les Bavarois sur leur

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propre territoire, résolut de faire un exemple sévère pour frapper de terreur les peuples et les seigneui's qui oseraient se déclarer en faveur du roi de Suède.

En effet , se présentant tout à coup à la tête de son armée devant les murs de Magdebourg, Tilly somma les magistrats de se soumettre à Fempereur et de chasser à Tinstant même quelques centaines de Suédois qu'ils avaient reçus dans leur ville; mais ces braves gens refusèrent de trahir la cause de la religion réformée j et Tilly forma aussitôt le siège de cette place, où les paysans des campagnes voisines étaient venus chercher un refuge contre la barbarie des Impériaux.

Depuis ce moment , les remparts de Magdebourg devinrent chaque jour le théâtre de combats sanglants et acharnés, oir, tant que les assiégés eurent du pain pour se nourrir et de la poudre pour repousser leurs ennemis , le courage ne leur manqua point; mais lorsque les horreurs de la famine se firent sentir dans cette ville désolée, la consternation se mit

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parmi ses infortunes défenseurs , qui, après avoir vainement informé Gustave de leur détresse, et n'osant plus se flatter d'être secourus , éprouvèrent toutes les angoisses du désespoir et de la terreur.

Pendant une nuit obscure où le camp impérial tout entier avait paru plongé dans un profond repos, l'implacable Tilly, à la faveur des ténèbres, surprit une des portes de la ville dont les sentinelles accablées de fatigue avaient succombé au sommeil; les Magdebourgeois ne furent réveillés que par le retentissement effrayant du tocsin , qui leur annonçait le plus grand de tous les malheurs , puisqu'ils étaient tombés au pouvoir de leurs ennemis. En vain courant aux armes , quelques chefs et quelques soldats essayèrent encore de combattre , ils tombèrent percés de coups avant d'avoir pu se rallier; et bientôt il ne resta plus à ces malheureux, que les Impériaux poursuivaient jusque dans leurs maisons, d'autre moyen de salut que de chercher un refuge dans

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les églises , où ils espéraient que du moins la sainteté du lieu les préserverait de la rage de ces hommes féroces.

Alors, mes jeunes amis, commençauiie scène de désolation et de carnage dont on ne trouve peut-être aucun autre exemple dans rhistoire depuis les désastres de Troie et de Jérusidem , que je vous ai racontés dans d'autres livres. L'inflexible Xilly , qui d'un mot aurait pu sauver d'une mort horrible tantde victimesinnocentes, affecta de garder un silence obstiné, et lorsque quelques-uns de ses officiers, moins atroces que lui, vinrent le supplier d'arrêter le massacre auquel se livraient leurs soldats insatiables de pillage, il leur répondit qu'il fallait bien laisser quelque chose à cette armée pour prix de ses travaux et de ses fatigues. Ces paroles affbeuses devinrent alors le signal d'une épouvantable catastrophe. En quelques heures , les rues de Magdebourg inondées du sang des femmes, des vieillards , des enfants même, ne présentèrent plus que l'aspect d'un horrible champ de caràage ;

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des milliers d'infortunés furent égorgés jusqu'au pied des autels qu ils tenaient embrassés. En même temps un immense incendie allumé par les vainqueurs , qui ne trouvaient plus que le fer détruisit assez vite , embrasa cette grande tilk » et la chaleur qu il excitait devint telk*ment insupportable, que les bourreaux eux-mêmes furent obligés de se jetei* dans la campagne pour ne point être suffoqués. Les eaux de TElbe ensanglantées ne roulaient plus que des oàda** vres, et douze heures au plus avaient suffi à Texécrable Tilly pour ruiner de fond en comble une ded cités les plus belles et les plus florissantes de TAUemagne.

Alors seulement il fît donner à Seg soldats le lygnal de la retraite y et ordonna que du pain fut distribué au petit ilùmbre de malheureux qui, échappés du carnage et sortant de leurs retraites , venaient pleurer sur les décombres de leurs maisons, ou chercher parmi tant de morts les tristes dépouilles de leurs parents et

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de leurs amis : c'était là tout ce qui restait des défenseurs de Magdebourg.

Cependant au milieu de cette œuvre de destruction dont Tilly était demeuré spectateur impassible, un vieillard atteint de plusieurs blessures fut traîné devant le général vainqueur. C'était le premier magistrat de cette ville infortunée , à qui la vue de tant d'horreurs avait inspiré le courage du désespoir : u Dieu saura venger un jour, dit-il à Tilly, les barbaries que tu as exercées sur notre malheureuse patrie ; il faut que le sang soit lavé par le sang, mais la fortune de l'auteur de tant de maux restera ensevelie sous les ruines de Magdebourg. y> On dit que ces paroles sévères firent une profonde impression sur l'inflexible général, et qu'en les entendant, son front se couvrit d'une pâleur involontaire; il lui semblait déjà que l'instant de la justice divine était proche, et depuis ce jour on remarqua que sa résolution dans les périls paraissait l'avoir abandonné.

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SYKCHROiriSMES DE l'hISTOTRE DE FRAITCB.

i 630. Suite du règne de Louis XIII et de Padministration du cardinal de Richelieu.

1631. Exil de Gaston de France et captivité de la reine mère.

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