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population nouibreuse , et Christiern , malgré ses revers , trouva moyen d'y faire entrer par mer plusieurs milliers de vaillants soldats.
En vain, pendant plusieurs mois, Wallenstein , qui était loin de prévoir une pareille résistance , épuisa tous les efforts de son génie et les ressources de l'art militaire contre cette place, défendue avec une opiniâtreté sans exemple ; en vain, dans son indignation, s'était-il écrié avec l'accent de la rage : « J'emporterai Stralsund , fût-elle attachée au ciel avec des chaînes de fer , et entourée d'une muraille de diamant! » cette animosité de sa part ne fît que démontrer son impuissance contre la résolution d'un peuple tout entier , et son orgueil fut forcé de renoncer honteusement à une entreprise qu'il avait crue facile. Quant au roi Christiern , fatigué de cette lutte sans objet où il avait versé inutilement le sang de ses sujets pour une cause qui lui était étrangère, il consentit à accepter la paix que lui offrait l'empereur, et
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retourna dans ses États , où sa présence était plus nécessaire à son peuple que d'interminables combatscontreleslmpériaux.
A cette époque y mes bons amis, la plus grande partie de T Allemagne gémissait sous la barbarie des soldats deWallenstein , qui , n'ayant plus d'ennemis à combattre , traitaient avec une cruautc sans exemple les malheureux habitants des pays qu ils traversaient. Sous le plus léger prétexte, ces bandes farouches, dévastant les villes et les campagnes, dépouillaient impitoyablement les pauvres Allemands de tout ce qu'ils possédaient; les moissons étaient foulées aux pieds des chevaux ou suffisaient à peine à nourrir cette masse d'hommes qui en un seul jour détruisait ou dévorait la subsistance de plusieurs années. De toutes parts s'élevaient des plaintes amères contre les dévastations de cette soldatesque effrénée, qui réduisit en peu de mois les plus fertiles provinces de l'Allemagne à la plus cruelle détresse. Dans quelques-unes , une foule de peuple expira de misère et de froid,
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et Ton dit qu'un grand nombre de malheureux « ne sachant comment apaiser leur faim 9 se nourrirent des animaux les plus dégoûtants et de Fherbe crue qu'ils arrachaient dans les champs aban* donnés. Tant de misères produisirent étt peu de temps de nouveaux fléaux; des maladies mortelles achevèrent de dépeupler les villes et les campagnes^ et les soldât^ de Wallenstein , auteurs de tous céâ maux y ne furent pas plut exempts que leurs victimes de la terrible épidémie que leurs excès avaient attirée sur leur patrie. Mais si le peuple allemand supportait avec impatience le joug de ces troupes indisciplinées, Wallenstein lui-même n'é^ tait pas moins à charge aiix plus grands seigneurs par son orgueil et sa tyrannie : la plupart des princes de la ligue catholique et surtout rélecteur de Bavière, indignés de l'arrogance de cet homme qu'un caprice de la fortune avait,placé si haut, se plaignirent à l'empereur avec tant de vivacité de l'insolence de son généralissime y que Ferdinand , qudiqti'à regret ,
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se vit force de lui ôter le commandement de ses troupes. Le duc de Friedland était trop fier et trop irascible pour que l'empereur lui-même osât lui ordonner de sa bouche de quitter cette armée qu'il avait créée ; mais ce monarque prit le parti de lui envoyer deux de ses anciens amis , pour le supplier de sortir de son camp et de choisir dans ses vastes domaines de Bohême une retraite où les faveurs de Ferdinand, lui dit-on, ne manqueraient pas de le suivre.
Cependant l'habile et soupçonneux Wallenstein avait bientôt appris par des avis secrets la résolution que l'électeur de Bavière venait d'arracher à l'empereur, et peu s'en fallut que dans ce moment il n'assemblât ses soldats et ne leur proposât, au mépris des ordres du monarque , de les conduire contre ses ennemis personnels. Mais ayant auparavant, selon sa coutume , consulté son astrologue , celui-ci lui assura qu'il avait lu dans les astres que sa glorieuse carrière commençait à peine , et que les plus
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Jbrillants destins lui étaient réservés pour l'avenir. Complètement rassuré par cette promesse, le redoutable capitaine consentit à recevoir les envoyés de Ferdinand au milieu de son camp ; toujours maître de lui-même, il ne laissa même pas éclater fe moindre signe de mécontentement, lorsque ceux-ci lui firent part de leur message : « Je connaissais d'avance , leur dit-il en montrant de prétendus calculs astrologiques que Séni lui avait remis , l'ingratitude de l'empereur, je savais dans quelle erreur il était tombé, et je ne puis que le plaindre , en lui pardonnant; je regrette seulement qu'il ait [^édé aussi facilement à mes calomniateurs , mais assurez-le de ma part que 'obéirai sans répugnance. » En achevant ;es paroles, le rusé personnage, dévorant ;on ressentiment, se retira dans un autre ppartement, laissant les messagers impériaux stupéfaits de sa résignation ; mais il le permit pas qu'ils retournassent auprès e leur maître sans les avoir comblés auaravantdesprésents les plus magnifiques.
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Peu de jours après cette disgrâce éclatante, Wallensteiu ayant fait ses adieux à son armée, dont chaque soldat demandait à grands cris à le suivre dans sa retraite, se dirigea vers le somptueux palais quUl avait fait construire à Prague. Cette demeure toute royale avait six portes à chacune desquelles veillait jour et nuit une garde nombreuse. Là, entouré d'une multitude de serviteurs magnifîquefnent vêtus, et toujours accompagné desoixante jeunes pages choisis parmi les plus nobles familles de Bohême et d'Autriche, il affecta d'étaler un faste dont aucun souverain en Europe n'avait encore donné l'exemple. Lorsqu'il allait en Voyage , il se faisait suivre de soixante carrosses attelés de six chevaux : dans ses appartements richement tapissés, cent personnes étaient admises chaque jour à l'honneur ' de sa table toujours splendidement ser-i vie ; mais au milieu de cet appareil, rien, n'était plus triste et plus silencieux que le séjour de ce vaste manoir, dont le pos* sesseur ne pouvait souffrir que la moin«*