GUSTAVE-ADOLPHE EN ALLEMAGNE
délivrait de son plus redoutable adversaire. Le }>ruit se répandit même dans toute l'Europe y qu'un cavalier portant une écharpe verte avait été vu à Lutzen aux côtés de Gustave jusqu'au moment oii il fut atteint mortellement , comme pour le désigner aux coups des Impériaux , et qu'aussitôt après qu'il fut tombé, ce même personnage s'était montré près du duc de Friedland pour lui faire connaître que son royal adversaire n'existait plus.
STKCHROKISMS DB L^HISTOIBE DE PRAKCB.
1 631 . Suite du règne de Louis XIII et de l'admini** tration du cardinal de Richelieu.
LE MEURTRE DE WALLENSTEIN. 149
LE MEURTRE DE WALLENSTEIN
Depuis Pau 1632 jusqu'à l'an 1634.
Lorsqu'on apprit au duc de Friedland que Gustave- Adolphe avait cessé de vivre, on ne remarqua point en lui cette joie qu'une âme commune eût éprouvée de la perte d'un rival aussi redoutable; mais on entendit sortir de sa bouche ces paroles dignes d'attention : « Le ciel se prononce , dit-il , et l'Allemagne n'était pas assez vaste pour nous contenir tous les deux. » C'est qu'en effet, mes jeunes amis, ce n'étaient plus des richesses, des honneurs , de la gloire , mais un royaume, l'empire même peut-être, qu'il fallait à cet homme insatiable pour le contenter.
Depuis que Ferdinand , cédant aux in-
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stances des ennemis de Wallenstein, avait consenti à lui ôter le commandement suprême de cette armée créée par la puissance de son génîe, ce dernier n*avait supporté qu'avec indignation le souvenir de cette disgrâce, et s'il avait consenti à abandonner sa retraite de Prague , Tespoir seul de venger cette injure l'avait décidé à reprendre les armes. Sans cesse entouré de chefs et de soldats prêts à donner cent fois leur vie pour la sienne; craint et respecté de cette soldatesque formidable qui faisait trembler l'Allemagne ; possesseur de plus de trésors et de richesses que Ferdinand lui-même, il n'avait plus rien à redouter de l'Empereur : ses détracteurs étaient humiliés; ses envieux gardaient le silence, et le seul rival qu'il pût craindre en Allemagne venait de tomber dans les champs de Lutzen.. Jamais, en un mot, la fortune ne parut aussi favorable aux desseins d'un ambitieux ( et jamais aussi aucun homme n'en conçut de plus hardis ; mais ce n'est pas la première fois, mes bons amis , que
DE TfALLBNSTEIN. lôl
VOUS avez vu, dans lliistoire, des orgueilleux succomber au moment où ils se croyaient au comble de la puissance , et rinstant n'était plus éloigné où une chute éclatante allait faire expier à Theu* reux adversaire du grand Gustave tant dé jours de gloire et de prospérité.
Parmi les généraux qui entouraient Wallenstein et avaient le plus contribué à ses victoires , se trouvait un officier nommé Octave PiccoLOMmi. Celui-ci, qui était habile et prudent, soupçonnait depuis longtemps les secrets desseins du duc de Friedland^ lorsqu'un jour , à la suite d'un repas splendide auquel Wallenstein avait invité les principaux chefs de son armée, ce général, impatient de faire éclater ses projets , eut la hardiesse de présenter à ses officiers un écrit par lequel ils s'engageaient , sous les serments les plus terribles , à mourir , s'il le fallait , pour le service de leur général , et à lui obéir, jusqu'à la mort, quelque chose qu'il leur commandât. La plupart de ces officiers, échauffés par le vin ou