EN ALLEMAGNE
celui de ces vieux guerriers dont les joues basanées et sillonnées de blessures étaient inondées de larmes. Le corps défiguré du héros fut trouvé sous des monceaux de morts, dans un lieu où Ton montre encore de nos jours un chétif monument que cette catastrophe mémorable a fait appeler «c la Pierre aux Suédois : » ses soîdats consternés entourèrent son cercueil sans oser lever les yeux sur les tristes restes de celui qui avait été leur idole, et dont le nom fait encore aujourd'hui la gloire de leur nation.
On raconte que lorsque la nouvelle de la mort de Gustave- Adolphe fut apportée à l'empereur Ferdinand, avec le collet ensanglanté de son habit qu'un soldat autrichien lui avait arraché dans la mêlée, ce monarque, feignant de verser des larmes , s'écria : « Hélas ! j'aurais souhaité de plus longs jours à ce malheureux prince , si la paix avait pu se rétablir en Allemagne tant qu'il aurait vécu. » Mais personne ne crut à la sincérité des regrets de l'empereur que cet événement