‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 11 sur 69 · LE CONNÉTABLE DE EOURBOIT · texte numérisé non relu

LE CONNÉTABLE DE EOURBOIT

Crécy, d'Azinconrt et de Poitiers, dont vous avez lu l'histoire dans d'aulres livres, jamais défaite ne fut aussi funeste à la France. Après avoir combattu avec toute la valeur d'un jeune soldat et la prudence d'un vieux capitaine, François P^, ayant vu périr autour de lui tous les seigneurs de sa suite qui avaient cherché à lui faire un rempart de leurs corps, fut renversé lui-même de son cheval ; mais, s'étant aussitôt relevé , il se défendait encore avec intrépidité, résolu de vendre chèrement sa vie, lorsque Pompérant, ce même serviteur qui avait suivi le connétable de Bourbon, se jeta au travers des lances espagnoles, et supplia le roi de conserver ses jours en livrant son épée aux ennemis qui l'entouraient; mais François, indigné qu'un traître osât l'approcher, refusa de se rendre son prisonnier, et ne voulut remettre son épée qu'à Lannoy lui-même, qui, mettant un genou en terre pour la recevoir avec plus de respect, le supplia d'accepter la sienne en échange, afin , dit-il , que le roi de France ne parût point désarmé devant les sujets de l'empereur. Cette générosité du général espagnol toucha vivement le monarque prisonnier, qui lui en conserva toute sa vie une profonde reconnaissance.

Je ne saurais vous dire, mes enfans, quelle fut la consternation de toute la France , lorsqu'on y apprit l'issue de la funeste bataille de Pavie; car non-seulement l'armée française était en fuite et le roi captif, mais presque tous ses jdus vaillans

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