LES PROTESTANS A SMALKALDE
tiable se plaisait à répéter que o jamais le soleil ne se couchait dans ses États » , parce qu'en efifet, depuis qu'il possédait des royaumes dans les deux hémisphères, le jour éclairait sans cesse ses États d'Europe ou ceux d'Amérique ; car vous savez sans doute que le soleil brille alternativement pour l'une des moitiés de notre globe.
Mais ce n'était pas seulement en Allemagne, que la grandeur de Charles-Quint inspirait des craintes, et l'Europe entière voyait avec effroi ce prince ambitieux aspirer en quelque sorte à la monarchie universelle, c'est-à-dire à réunir sous sa domination tous les royaumes de la terre. Les princes et les villes d'Italie surtout , qui avaient craint autrefois le voisinage des rois Charles VIII et Louis XIÏ, s'alarmèrent bien autrement encore de la puissance du monarque espagnol, et résolurent de former une nouvelle ligue pour se délivrer du joug des Barbares ; car c'était toujours ainsi que les Italiens désignaient les nations de l'Occident qui prétendaient dominer sur leur péninsule.
A cette époque, mes bons amis, le pape Adrien VI avait cessé de vivre , et c'était un cousin de l'illustre Léon X, propre fils du malheureux Julien de Médicis, autrefois assassiné par les Pazzi, qui occupait la chaire pontificale sous le nom de Clément VII. Ce pape était doué de la plupart des grandes qualités qui , depuis un siècle , distinguaient la noble maison de Médicis ; mais ayant