‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 62 sur 69 · S6 LES VOYAGES · texte numérisé non relu

S6 LES VOYAGES

Cependant le sultan , irrité de l'obstination que mettait le roi de Suède à rester malgré lui dans son empire, envoya l'ordre au pacha de Bender, et au kan des Tartares qui habitait les environs de cette ville , de ne plus distribuer de vivres à la petite troupe de Charles XII, afin de l'obliger à sortir enfin de sa retraite. Mai» cette privation fut comptée pour rien par l'opiniâtre monarque, qui, voyant tous les Polonais et les Cosaques qui l'avaient fidèlement servi jusqu'alors l'abandonner pour ne point mourir de faim , fit tuer à coup de fusil les vingt plus beaux chevaux arrabes que le sultan lui avait donnés, et en distribua la chair à ses domestiques et à trois cents Suédois qui étaient restés auprès de lui. Par un entêtement qui vous paraîtra sans doute inexplicable, il déclara qu'il ne sortirait que par force de la maison qu'il habitait , et pour faire voir qu'il était prêt à soutenir un siège, il l'entoura d'un large fossé et s'y retrancha avec quarante cuisiniers , marmitons, palefreniers et valets de toute espèce , avec lesquels il prétendit repousser toute une armée de janissaires et de Tartares qui s'avançaient pour le prendre, tandis qu'il ordonnait à ses trois cents soldats , retirés dans leur camp , de faire bonne contenance et de se battre jusqu'à la mort. Il fallut donc que cette poignée de Suédois, victimes de l'opiniâtreté de leur maître, se battissent toute une journée contre cette armée ottomane; et que . fagigué de cette résistance déraisonna-

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