‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 63 sur 69 · DE PIERKE-LE GRAND · texte numérisé non relu

DE PIERKE-LE GRAND

Lie , le kan des Tartares fît mettre le feu aux quatre coins de cette maison , pour le forcer d'en sortir avec les siens. Pressé enfin par les flammes qui s'élevaient de toutes parts , Charles s'élança en effet comme un lion de sa retraite, pour se faire jour, l'épée à la main , à travers cette foule d'assaillans qui auraient pu le tuer facilement; mais comme ceux-ci avaient ordre de ne point lui faire de mal , ils se contentèrent de l'environner, de le désarmer, et l'enveloppant dans une couverture, de le transporter le plus doucement possible sur un sofa dans la maison du pacha. Malgré toutes les précautions que l'on put prendre , ce prince forcené se débattit avec tant de violence contre ceux qui l'emportaient qu'il n'arriva que tout meurtri et ses habits déchirés devant le pacha, qui lui reprocha doucement son obstination , et le supplia de prendre quelques rafraîchissemens. Mais l'intraitable Charles n'accepta ni ses excuses, ni ses reproches, et apprenant que ses trois cents Suédois s'étaient laissé prendre dans leur camp presque sans combat : « S'ils s'étaient défendus, cojume ils le devaient, » dit-il en haussant les épaules, « il aurait fallu )) dix jours pour nous prendre. » Il se rendit néamoins à l'offre que lui fît le séraskier de racheter ses pauvres domestiques , que les Tartares se disposaient à emmener en esclavage après en avoir tué plusieurs dans le combat.

Dès le lendemain , mes jeunes amis , le roi de

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