PRÉFACE. VII
ments; qu'elle évoque l'histoire et ses grandes figures dans toute leur vérité, en leur prêtant le mouvement et l'action de la vie réelle, en joignant le prestige du talent de l'acteur, celui de la décoration et du costume, au mérite de la composition littéraire; dans ces conditions, le théâtre devient le premier de tous les plaisirs; il est plus qu'un plaisir, il est un enseignement qui complète toute éducation libérale; il défie les accusations des esprits les plus scrupuleux.
L'art dramatique, s'il comprend ainsi sa mission, méritera de figurer au premier rang des institutions nationales, et d'avoir sa place dans les solennités publiques, ainsi qu'il l'avait dans l'ancienne Grèce.
On ne peut mieux montrer, je crois, combien l'on aime le théâtre, qu'en souhaitant de le voir s'honorer lui-même et contribuer à élever le niveau de l'esprit public, au lieu de contribuer à son abaissement.
A défaut de ces hautes applications, qu'au moins l'amusement ne soit pas corrupteur et malsain : c'est ce qu'on a bien le droit de demander.