NE DONNERA PAS TELLE PIÈCE, IL FERA METTRE DES
BANDES SUR SES AFFICHES. Cet arrêté n'était pas motivé. On s'y soumit, mais le soir je me transportai au Bureau centrai avec un artiste du théâtre. On nous introduit auprès des administrateurs. Je m'adresse à
1. Ce morceau est assez curieux pour qu'on soit bien aise d'en trouver ici le texte complet, à la suite duquel vient le nota que j'ai cité, page 161.— Le titre de la pièce porte : les Assemblées primaires, et non l'Assemblée, comme on lit dans ce dialogue.
Limodin, qui seul avait signé Tarrêté de défense. Je vais mettre notre conversation en dialogue.
MOI
Citoyen, vous avez pris un arrôté qui défend la représentation de la pièce intitulée : l^ Assemblée primaire. J'en suis l'auteur, et je crois qu'il eût été du devoir ou au moins de la délicatesse du Bureau central de la motiver.
limodin.
Nous n'avons pas besoin de motiver de tels arrêtés.
MOI
Voudriez- vous au moins le faire de vive voix?
LIMODIN
Le titre seul de la pièce suffit pour la proscrire... et toute la pièce répond au titre.
MOI
L'avez-vous lue ?
LIMODIN
Non, mais c'est égal.
MOI
Oui, c'est comme si vous l'aviez lue.
LIMODIN
Je sais qu'il y a un endroit où vous parlez d'une fille que son père ne veut marier qu'à un électeur, et vous dites : Cette fille sait mieux ce quHl lui faut que V Assemblée primaire. N'estil pas scandaleux, citoyen, de comparer l'Assemblée primaire à une fille?
MOI, souriant.
Citoyen! Ah! que vous êtes méchant! Croire que j'ai comparé l'Assemblée primaire à une fille ! Ah! c'est trop malin I... Mais, tenez, j'ai le manuscrit sur moi, jetez-y un coup d'oeil.
LIMODIN, s*adressant à un citoyen qui était dans la salle^
à quelques pas de là.
Citoyen, vous qui avez plus d'esprit que moi, dites-moi ce que vous pensez de ce couplet-là. {Et il lui relit le couplet de V Assemblée et de la fille,)