LE CITOYEN
Quant à moi.... Sûrement.... Parce qu'enfin..,.
ET PIÈGES jaSTIFIGATIVES. 331'
LiMODiN, vivement.
Vous voyez que tout le monde est de mon avis.
MOI
Oui, qui ne dit mot consent.
LIMODIN
Qu'est-ce que c'est encore que cela ?
Pour tâcher que l'Assemblée Paraisse un p'tit brin calée.
MOI
Citoyen, vous détachez deux vers d'un couplet. Souvenezvous que le cardinal de Richelieu disait : « Donnez-moi six lignes du plus honnête homme et je le fais pendre '. »
LIMODIN
Nous ne sommes pas le cardinal de Richelieu et nous ne voulons faire pendre personne.
MOI
En vérité? Oh! bien, je commence à être plus tranquille.
LIMODIN
Vous avez beau faire le goguenard ; votre pièce ne sera pas jouée, parce qu'elle peut occasionner du trouble.
MOI
Au moins voilà-t-il une raison. Cependant, observez que les pièces capables de causer du trouble produisent surtout leur effet pendant la première effervescence, et la mienne a déjà été donnée trois fois. Le calme le plus profond n'a été interrompu que par les fréquents applaudissements du public, que je crois un aussi bon juge que le Bureau central.
LIMODIN, s' échauffant.
Je me f.... du public! ! î Je me f.... du public ! I !
MOI
Vous m'allez forcer, moi chétif, à dire comme Molière : c Monsieur ne veut pas qu'on le joue. »
LIMODIN
Pas de propos.
UN CITOYEN, que je ne connais pas, mais qu'à son ton je soupçonne être un administrateur me dit ; Vous avez avili les Assemblées primaires.
1. Ce mot n'est pas du cardinal de Richelieu^ il est du conseiller d'État Laubardemont.
MOI
Lisez la pièce et vous verrez le contraire.