SA DI NS ET ÉTRUSQUES A ROME AVANT ROMULUS. ‘Z
Je pense que le nom imposé par les Étrusques au mont Saturnien, qui fut depuis le Capitole, était primitivement Tarqueim. Tarqueius , selon les lois connues de la prononciation sabine1, a dû devenir Tarpeius quand les Sabins ont occupé le Capitole.
Or le mot Tarqueim nous met en pleine Étrurie.
Tarcho est le nom que Virgile donne au chef étrusque allié d Énéc. Tarchon est le plus célèbre des héros indigènes dans la tradition étrusque. Il est le fondateur des douze villes de lÉtrurie septentrionale. La racine de ce mot se retrouve dans le nom de la ville de Tarquinii et des Tarquins.
Ainsi le nom du mont Tarpéicn, de la roche Tarpéienne, serait d’origine étrusque; mais alors il s’ensuivrait que, si les Étrusques ont donné au Capitole cet ancien nom, c'est qu’ils sont venus anciennement sur le Capitole.
De plus, si l’origine de ce mot Tarpéien nous a conduits à placer des Étrusques sur le Capitole, ce mot Capitole nous amène à la môme conclusion par un autre chemin.
dominent antérieure* & toute chronologie, la seule chose que la tradition ne conserve jamais, ce sont les dates.
1 Dans les idiomes sahclliques, c’est-à-dire de la famille à laquelle appartenait l’idiome sabin, le p remplaçait constamment le k, c ou q dans la prononciation. Ceci a été reconnu par Niebuhr, O. MOI 1er et M. Mommsen qui, plus que personne, fait autorité en tout ce qui concerne les anciens dialectes italiot es. Tzetzès (in iycoph. v 14 Mi) appelle Tarquin, Tarpinios .
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La tôle coupée qu’on trouva en creusant la terre pour y jeter les fondements du temple de Jupiter Capitolin était la tète d’un devin étrusque ou d’un roi nommé Ülus *•
Cela ne montre-t-il pas qu’on croyait que le Capitole avait été précédemment habité par la race à laquelle Glus appartenait; qu'il y avait eu là des devins, c’est-à-dire des prêtres étrusques, un temple, et par suite un établissement, peut-être un roi ou un chef étrusque ?
Ainsi le Capitole aurait été très-anciennement étrusque, comme le Vatican’.
Cæles Vibenna, ce lucumon qui fut l’auxiliaire de Romulus dans la guerre contre Talius, et qu’on fait venir tantôt d’Ardée, tantôt d’Étrurie, n'est pas venu sans doute de si loin ; on peut supposer que la population étrusque dont il était le chef, chassée par les Sabins du Capitole, s'était réfugiée sur la colline appelée le mont des Chênes, et à laquelle il donna son nom.
' D’où Caput-üli, Capitolium. (Arnol).,vi, 7; Serv., Æn , vin, 515; PI., Hitl. nat., ïvrin, 4, 1.)
* C’est à quoi faisait peut-être allusion la tradition d’après laquelle Ilome aurait été tributaire des Étrusques, et aurait été délivrée deleur domination par Hercule. (PI., Quetl. rom., 1ü.) La trahison attribuée par quelques-uns à un chef nommé Tarpeius (PI., Rom., 17), nom que nous avons vu être étrusque (Tarqueius), et par suite de laquelle le Capitole fut occupé par des ennemis, se rapportait peutêtre aussi dans l'origine à une occupation étrusque, à laquelle auraient mis lin les Pélasges. )iersonnifiés dans Hercule (Voy. cliap. vu.)
SA B I SS ET ÉTRUSQUES A ROME AVANT ROMULUS. ‘2(11 Il csl fort naturel que lui-môme, en ce cas, ait pris le parti de Romulus contre les Sabins. Quoi qu'il en soit de cette supposition, avant que le Cælius fût étrusque, le Capitole l'avait été. Le nom étrusque du mont Tarpéien et le nom du Capitole fourni par la tête d Olus, devin ou chef étrusque, me paraissent rendre très-vraisemblable une occupation du Capitole par les Étrusques avant l'époque de Romulus
Cette occupation rendrait raison du choix que lit le premier roi étrusque d’une colline qui est la moins étendue et n’est pas la plus haute des collines de Rome pour y b«\lir un temple d'architecture étrusque, dédié selon le rite étrusque. C'est que cette colline avait déjà été consacrée par des prêtres et possédée peutêtre par un lucumon de l’Étrurie.
Si les Étrusques ont formé un établissement sur le Capitole, cet établissement a dû être antérieur à celui des Sabins; car ceux-ci, au temps de Romulus, sont er> possession du Capitole, et rien n'autorise à croire que, depuis leur arrivée à Rome avec les Pélasges, ils aient cessé de l’être.
Les Étrusques auraient dépossédé du Capitole les Latins, qui, très-anciennement, y avaient fondé la
1 Selon Denys d Halicarnasse (11, 36), et Varron (De I. ht.. v. 46), Cæles Vilienna fut contemporain de Roniultis; Tacite (Ann., iv, 65), place l'arrivée a Rome du condottiere étrusque sous le premier Tarquin; mais ceci se rapporte, je crois, à une autre occupation étrusque du mont Cælius. J'y reviendrai en traitant du régne de Servies Tullius.
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ville deSalurnia, cl en auraient eux-mêmes été chassés par les Sabins et les Pélasges.
Ainsi se sont formés les divers établissements qui ont précédé l’établissement de Romulus. Sur chacune des collines qui avoisinent le Tibre, s'est arrêtée une population qui y a construit non pas une ville, si l’on veut, mais une bourgade fortifiée.
Si nous les récapitulons tels que je crois les avoir retrouvées avec quelque labeur, mais, ce me semble, avec quelque vraisemblance; en leur donnant, pour préciser le résultat de ces recherches, les noms que leur donnent les anciens ou ceux qu’elles ont pu porter, mais dont je ne réponds point, nous aurons :
1“ Yalicanum, centre religieux de l'époque des sauvages, plus tard étrusque;
2° Saturnia, latine sur le Capitole;
7)° Esquilia, ligure sur l’Esquilin, dans la Subura et les Cari nés;
i° Sikelia, sicule sur le Palatin;
r>° Tarquinium, étrusque sur le Capitole;
0" Sur le Palatin, à l’ouest, Roma, forteresse des Pélasges, qui donna son nom aux sept autres collines occupées par les Pélasges;
7° Sur le Palatin, au sud, Palalium, forteresse des Sabins Aborigènes, établis à côté dès Pélasges sur le Palatin et les sept autres collines;
X° Sur l’Avenlin, une forteresse pélasge, appelée Romuria, d'abord indépendante de Roma ;
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