ROMULUS
Do la légende historique et de la vérité qu’elle peut contenir. — Exposition de Romulus et de Réunis ou bord du Vélahre. — La louve, louve du Capitole, époque des loups. — Romulus est un berger des rois d’Albc. — L’asile, antérieur it Romulus. — l'n reslc des murs de Romulus existe encore. — L’enceinte sacrée de Rome tracée selon le rite étrusque. — Où étaient les portes de la Rome du Palatin. — Présages consultés par les deux frères selon le rite étrusque. — Les vautours sont des faucons. — Romuria, forteresse pélasge devenue latine. — Romulus tue Rémus. double sens de la légende. — Prétendu tombeau de Rémus.
Je crois à Romulus; il faut, dans l’état actuel de la „ science, un certain courage pour l'avouer. 11 va sans dire que je ne crois pas aux fables indigènes ou grecques dont on a entouré sa mémoire et auxquelles ne croyait pas Tite Live lui-méme.
En général, la légende invente les faits plutôt que les personnes; elle prête beaucoup à ses héros, mais elle ne les crée pas; elle a prêté à Alexandre, à Charlemagne, au roi Arthur une foule d’aventures merveilleuses ; Alexandre, Charlemagne et môme le roi Arthur n'en ont pas moins existé.
La plus grande objection à l’existence réelle de Romulus, c'est son nom, d’après lequel Rome elle-même aurait été nommée. La fausse science de tous les temps a supposé des personnages imaginaires qui sont censés avoir donné leur nom à une ville ou à un peuple; la vraie science n’en a jamais trouvé *. Personne ne croit aujourd’hui que les Français doivent leur nom à Francus, les Danois à Dan, les habitants de la Grande-Bretagne â Brutus, fils d’Hector, Florence à Florinus; il n’est pas plus vraisemblable que les Romains aient dû le leur à Romulus, non plus que les habitants d’Ardée et d'Antium à Ardéas et à Antias, fils d’Ulysse et de Circé.
Mais pour nous cette objection n’existe pas, puisque Rome est antérieure à Romulus. Romulus veut dire l'homme de Roma\ l'homme du Palatin, où était la forteresse pélasge de Roma *.
1 Excepté quand il s'agit d'une colonie qui [Huit avoir été nommée d’après son fondateur ou le souverain du pays d’où elle provenait, comme Baltimore, la Pensylvanie, la Caroline, le Maryland, etc.
* La terminaison du mol llomulus, comme Niehuhr l'a remarqué, n'indique point nécessairement un diminutif, surtout dans l’usage ancien; on trouve citez Ennius, Vultcvlvt pour VuIschs. [t'est., p. £2 ) Ile même Ronuilus était l'équivalent de Romits, et roulait dire l'homme de Roma.
1 Roma ante Romulum fuit.
Et ab ea nomen Romulus Adquisivit.
(Marianus apud Serv., Uucol., i, 20.)
Romain et Romulus fecisse dicitur, quam ante Evander condidit.
(Serv., Æ«., n, Tlî.)
m I, HISTOIRE ROMAINE ROME.
Les Romains n'avaient sur les premiers temps de Rome d’autres notions que celles qui leur avaient été transmises par la tradition conservée dans le peuple ou dans les familles et par ces chants en l'honneur des ancêtres qu’au temps de Caton on récitai 1 encore
Leur histoire primitive, et ceUe de Romulus en particulier, était donc à l'état de légende.
La légende orale n’est point la fiction poétique; la fiction est intentionnelle, la légende est naïve. Aux époques avancées, les poètes inventent et les historiens parfois mentent sciemment; aux époques primitives, le peuple écoute, croit et répète; en répétant, il altère sans le vouloir ce qu'il a entendu, comme il peut arriver à ceux qui racontent plusieurs fois la même chose s’ils n’y font grande attention, et comme il arrive toujours quand un récit passe de bouche en bouche avant qu’on l’ait fixé en l'écrivant.
L’imagination, et les peuples peu civilisés en ont beaucoup, glisse à leur insu le merveilleux dans le réel. Ainsi se forment par un procédé naturel, par un besoin irrésistible et d'après une loi constante de la nature humaine, les récits légendaires que la croyance générale adopte, que la poésie consacre, que l’histoire accepte jusqu'au jour où la critique parait.
Celle-ci commence par rejeter la légende dont il ne
1 Ben . d’Ilal., i, 79; llorat., Carmen., iv, 15, 29; voy. Cic„ Tuscut i. 2; îr, ï; Brut . nx; Val. -Max , n, I, 10 Non. Mnrcoll,. p. 51-5. Gtrl.
ROM r LUS.
lui est pas difficile de signaler les contradictions et de démontrer les impossibilités. Cette critique nie tout ce que la légende affirme. Pour elle les faits sont des mensonges et les personnages sont des mythes. Elle conteste l’existence d’Homère et de Jésus-Christ. A ce compte, je ne sais pas ce qui resterait de l'histoire ; car tout peut s’expliquer par des symboles : en appliquant ce système aux contemporains sans trop l'exagérer, on est parvenu à prouver d'une manière assez plausible que Napoléon n’a jamais existé.
Je ne l'appliquerai point à ce qu’on raconte de Romulus; mais, d'autre part, on n’exigera pas que je sois bien convaincu que lui et son frère Rémus ont eu Mars pour père, et que Romulus a déclaré, après sa mort, qu'il était admis au rang des dieux.
Je chercherai à distinguer dans la légende un fond de vérité qui n'a point été inventé, mais transmis, et ce qu’ont ajouté peu à peu à cette vérité traditionnelle l'imagination ou la crédulité de ceux qui l'ont transmise.
L'élude approfondie des traditions orales apprend à s’en défier et à y croire; dans ce qu’elle rapporte, à ne pas tout rejeter comme à ne pas tout admettre. *
Non -seulement la tradition en s'altérant ajoute des laits merveilleux aux faits hisloriqucs ou donne aux faits historiques la couleur du merveilleux, mais elle transforme insensiblement môme ce qu’elle ne rend point invraisemblable.
îm L’HISTOIRE ROMAINE A ROME.
Elle efface beaucoup de détails; elle concentre plusieurs événements dans un seul; elle identifie une race à un homme; elle rapproche les faits qui l’intéressent et supprime les faits qui ne l’intéressent point.
A travers tout cela, elle conserve souvent un sentiment très-juste, quelquefois un sentiment très-profond du caractère des temps, du génie des peuples, du sens des événements.
Elle agit à la manière des grands artistes qui sacrifient les tiaits accessoires pour faire ressortir les traits principaux, à la manière des grands poètes qui modifient un fait historique pour mieux montrer les ressorts de l’éme humaine et son jeu dans l'histoire.
On peut donc beaucoup s’instruire à la légende; mais il faut savoir comprendre son langage, il faut lui demander ce qu’a élé la physionomie générale d'un temps, la signification d'un fait, non les circonstances particulières de ce temps ou de ce fait. Quelquefois cependant un détail individuel a surnagé par des raisons que nous ignorons sur l’oubli où se sont abimés d'autres détails qui auraient pour nous beaucoup plus d’importance; mais ce n'est pas pour nous que la légende a été faite. Surtout il ne faut pas lui demander des dates; la légende méprise le temps et n'en tient aucun compte. Oubliant ce qui ne la frappe pas assez pour être retenu, elle fait contemporains les événe-
HOMULUS.
ments qui la frappent également. Le comblcde l’erreur, c'est de chercher dans la légende une chronologie*.
La légende tient compte des lieux plus que des temps; quelquefois elle s'y attache et s'y incarne pour ainsi dire. La persistance d'un nom ou d'un souvenir local conserve la mémoire lointaine d'un événement dont tout autre vestige a péri. Aussi l'étude des lieux éclaire la légende comme l'histoire et aide à en tirer l'histoire
Quand un souvenir local est ancien, croyez qu’il a sa raison d'ôtre soit dans la réalité du fait ou du personnage auquel il se rapporte, soit dans quelque relation de ce fait et de ce personnage avec le lieu où leur mémoire est attachée.
Ainsi l’exposition de Homulus et de Rémus au bord des eaux doit être une tradition sinon vraie, au moins ancienne, car ellç se lie à un état de choses lui-méme très-ancien; elle suppose l’existence du grand marais tel qu'il était avant qu'il fût desséché par les rois étrusques, lorsqu’il venait jusqu’au pied du Palatin. Tite-Live, qui ne se Représentait pas clairement la
1 Canina, dont les travaux utiles et considérables ont été poursuivis avec une constance et un désintéressement dignes d'éloge, mais qui était plus architecte qu'arebéologue, me fournit un exemple de cette confiance naïve dans des chiffres qui sont sans valeur pour la critique. D'après lui, l’arrivée d’Énée « eut lieu cinquante-cinq ans après le départ d'Iiercuie, alors que régnait sur les Aborigènes, Lalinus, fils de ce Faunus, qui gouvernait le peuple au temps d'Évandre. » Voilà des dates très-précises pour des faits imaginaires.
disposition primitive des lieux et qui avait peine à se ligurcr des marécages là où était de son temps le plus beau quartier de Rome, remplace ces marécages par un débordement accidentel et merveilleux du Tibre *, effaçant d'une tradition, je crois fabuleuse, la vérité topographique qu elle renfermait.
La tradition n’avait pas besoin d'une crue extraordinaire du Tibre, comme il y en eut au temps de Tile-Live, car elle avait le Vélabre pour faire déposer sur ses bords les deux enfants *.
Pour nous, nous pouvons, grâce à l’élude que nous avons faite de l'état antique des lieux, retrouver plus exactement la tradition primitive.
Nous sommes sur le bord d'un vaste marais où croissent des roseaux, et sur lequel se penchent des saules. C'est là que commence l'histoire légendaire suivant laquelle Rome, la splendide capitale du monde, sortira d’un bourbier. La légende, ainsi restituée, est
1 I.i tradition, plaçant le lieu de l'exposition au pied du Palatin, il fallait expliquer comment les eaux avaient pu venir jusquc-U. (Tit. Liv., i, 4.)
* Dans le récit de Fabius Pictor, rapporté par Denys d’Halicaruaase (i, 70), il y a aussi un débordement dtt Tibre, et l'ancien Vélabre est oublié. De plus, l'auteur fait entrer dans sa narration une loule de détails évidemment ajoutes à la tradition, pour rendre la tradition vraisemblable en l'accommodant à la disposition des lieux, telle qu'elle était de son temps; le Tibre se retire, la barque où se trouvaient les enfants heurte contre un rocher, elle est renversée, ils roulent dans la boue etc.
ii 1 1 y li i, u s.
pleine d’une poésie qu'on sent plus profondément aux lieux qui l’ont inspirée.
En effet, ces lieux ont encore un air et comme une odeur de marécage. Quand on rôde aux approches de la nuit dans ce coin désert de Rome où fut placée la scène des premiers moments de son premier roi, on y retrouve, à présent mieux qu’au temps de Tile-Live, quelque chose de l’impression que ce lieu devait produire il y a vingt-cinq siècles, à l'époque où, selon la vieille tradition, le berceau de Romulus s’arrêta dans les boues du Yélabre, au pied du Palatin, près de l’antre Lupercal. 11 faut s’écarter un peu de cet endroit, qui était au pied du versant occidental du Palatin, et faire quelques pas à droite pour aller chercher les traces du Vélabrc là où les rues et les habitations modernes ne les ont pas entièrement effacées. En s’avançant vers la Cloaca maxima, on rencontre un enfoncement où une vieille église, elle-même au dedans humide et moisie, rappelle par son nom, San Giorgio in Velabro, que le Yélabre a été là. On voit sourdre encore les eaux qui l’alimentaient sous une voûte sombre et froide, tapissée de mousses, de scolopendres et de grandes herbes frissonnant dans la nuit. Alentour, tout a un aspect triste et abandonné, abandonné comme le furent au bord du marais, suivant l’antique récit, les enfants dont on croit presque ouïr dans le crépuscule les vagissements. L'imagination n’a pas de peine à sc
représenter les arbres et les plantes aquatiques qui croissaient sur le bord de cet enfoncement que voilà, et à travers lesquelles la louve de la légende se glissait à celte heure pour venir boire à cette eau. (les lieux sont assez peu fréquentés et assez silencieux pour qu’on se les figure comme ils étaient alors, alors qu’il n'y avait ici, comme dit Tite-Live, vrai cette fois, que des solitudes désertes : Vastx tune solitudines ermit.
En avant du Palatin, au-dessous de l’endroit où se terminait la Home carrée cl de la cabane de llomulus, mais plus loin de l’emplacement du cirque', s’élevait un rocher couronné de grands arbres. Au bas était un figuier. Sous ce figuier de llomulus \ ou ltuminal*, un pûtre trouva à l’entrée d’une caverne deux enfants qu’une louve allaitait *. On voit au Capitole une louve en airain admirable de sentiment, malgré la barbarie du travail, et il est vraisemblable que cctle louve de bronze est la môme que celle qui fut placée ‘ au lieu
1 La Sotilia urbii rcg. x commence par la cabane de llomulus. lait le tour du Palatin et revient à l'antre Lupercal.
1 Romularis. (Tit. Liv, i, 4.)
r’ Ou tirait le mot ruminai de ruina mamelle, parce que les enfants exposés avaient sucé en cet endroit la mamelle de leur sauvage nourrice.
4 Les enfants seulement furent placés sous le ventre de la louve par les édiles 0. cl Cn. Ogulnius. (Tit. Liv , x, 23.) C’est probablement celle qu’on admire au palais des Conservateurs, et qui a été trouvée non loin de l’antre Lupercal. On l’a prise & tort pour la louve en bronze qui se voyait au Capitole et fut frappée par la foudre dont on a cru y reconnaître les traces; mais d’après les paroles de Cicé-
ium'LU*. 273
où avaient été trouvés, disait-on, Komulus et Kémus.
Sous le rocher avait été plus anciennement, nous l avons vu, une caverne consacrée par les Télasges, qui habitaient au-dessus, à leur dieu l'an, le protecteur des troupeaux contre les loups. A cause de cela, celle caverne s'appelait l'antre Lupercal. Probablement les loups se réfugiaient parfois dans l'antre de l'an, leur ennemi.
I'.e fait vraisemblable et la dénomination de l’antre Lupercal donnèrent peut-être naissance à l'histoire de la louve nourrice de Komulus.
Celle histoire d’enfants nourris par des animaux sauvages se retrouve plusieurs fois attribuée à des personnages mythologiques et héroïques de la Grèce1;
l'on, <|iii mentionne t’inciilriil, celte image Je la louve fut détruite. Cic. in Cal., ni, 8; de Die., 11, 20.) Eu outre, elle était dorée, et la louve du palais des Conservateurs ne l'a jamais été.
1 Plusieurs de ces histoires se rapportent à des contrées ou à des personnages pélasgiquos. l ue ourse allaite Paris sur le mont Ida ; Télèphe, héros arcadien et tils d’ Berçait, est nourri par une biche. Si on admettait la possibilité du fait, on |>ourruit croire qu'il s’est plusieurs fois reproduit. Il serait possible aussi qu'une légende se fût réalisée. Tout le monde connaît l'aventure de ta pie voleuse: dans un conte persan, une aventure très-semblable est racontée d'un porto* quel qui volait des diamants. Ce conte, plus ancien que la servante de Palaiseau, n’empèche point que celle-ci n'ait c liste et n'ait trop réellement subi le supplice immérité que rappelait la messe de la pie. Ile plus, le loup joue un grand rôle dans la religion et les traditions luilasges : il est en rapport avec Pan et avec Apollon pasteur. On peut donc voir dans l’allaitement de Romulus et de Réunis par une louve la répétition d'un vieux récit pélasge, peut-être aussi d’une légende l. 18
mais il n’est pas besoin «le la faire venir de Grèce, car les loups figurent souvent dans les souvenirs anciens de Rome, et l'intervention d’une louve dans le début de l'histoire romaine est un trait local qui peut avoir été fourni par une tradition locale.
Cette louve reporte la légende romaine à une époque reculée que je nommerai l’époque des loups. Ils devaient abonder dans un pays de forêts, dont leur présence achève de dessiner le caractère sauvage. Longtemps des fêtes religieuses conservèrent la mémoire de cet âge des loups. Telle était celle qu'on célébrait sur le mont Soracte, et dans laquelle les llirpins1 venaient saisir la victime sur l’autel en souvenir des loups dont ce peuple portait le nom % et qui un jour avaient fait la même chose en pénétrant dans le temple pendant un sacrifice. Cela peint bien une époque où les bêtes féroces disputaient à l’homme le terrain et entraient jusque dans les temples.
Deux collèges de prêtres qui portaient le nom des Fabius et des Uuintiiius, célébrèrent jusqu'au dernier âge de l’empire d’Occident les Lupercalcs, la fête des loups. Les Fabius prétendaient que leur nom venait d’un de
ibérienne (Justin., iliv, 4) apportée par les Ligures. Mais, s'il en est ainsi, ce qui l'a fait adopter par les Romains et l'a localisé au pied du Palatin, c'est le souvenir indigène à Rome de ce que j'appelle plus büs I époque des loups.
1 Varr., ap. Serv., Æn., si, 785.
5 llirpus dans le dialecte sabeliique. parle par les Sabins, voulait dire loup.
ROltULUS.
leurs ancêtres qui avait inventé l’art de prendre les loups au piège Les loups paraissent encore de temps en temps dans Rome durant les derniers siècles de la république; mais alors lours apparitions, devenues plus rares, sont rangées parmi les prodiges. Même sous l’empire, Horace les montre venant sur l'Ësquilin dévorer les cadavres *. Le loup était une des enseignes romaines, parmi lesquelles l’aigle devint la seule officielle depuis Marius*. La nourrice de Romulus, digne nourrice du fondateur d’un peuple qui eut toujours dans son sang un peu du lait de la louve, a donc un double sens dans la légende : elle rappelle et un culte antique des Pélasges, et un âge où les loups habitaient auprès de l'homme dans la forêt primitive.
Aujourd'hui il n'y a plus de loups aux portes de Rome, et la Jouve de Romulus ne figure plus que sur les panneaux de la voiture de gala de l’unique sénateur et des conservateurs, derniers et tristes héritiers du sénat romain.
Le dieu de la guerre, donné pour père au premier
1 Pauly, Real Encyclopédie, t. lll, p. 506.
* floral. Epod., t, 99.
* PI., Hat. nat., X, V (iv), t. le boeuf, dont on avait fait le minotaure grec, était dans l’origine l'emblème du Latium agricole) le sanglier, celui des plaines marécageuses du littoral, où il abonde encore; le cheval, le symbole des Sabins guerriers; l’aigle, qui liabile les montagnes, Celui des autres races sabeiliques qui les habitaient. Varias, Volsque d’Arpinutn, appartenait à une de ces races; il choisit l’aigle.
27B I.'IIISTOIUE ROMAINE A ROME,
roi des llomains, recevra plus lard son explication1. La tradition, qui fait de sa mère une Vestale, n'csl point, comme il semble d’abord, un anachronisme. Le culte de Vesla, dont l'établissement est attribué d'ordinaire aux rois sabins, à Tatius ou ii Numa, remontait plus liant. Vesla, ou Veslia, était une divinité pélasgc dont le sanctuaire existait au pied du Palatin avant que le Palatin eût vu nailrc la Home de ltomulus.
La mère de ltomulus était, disait-on, de la famille des rois d’Albe. -le me permettrai de ne pas croire à l'extraction royale de ltomulus. ltomulus fut, je pense, un pâtre hardi, quelque peu brigand, comme il s'en rencontre encore auprès de Home. Quand il eut fondé une ville, il fallut au parvenu des aïeux. Si sa vanité ne fut pas coupable d'un tel désir, la vanité du peuple romain eut pour lui cette prétention et voulut rattacher son premier roi à la fabuleuse famille des anciens rois de la métropole latine; car Albe fut avant Home la métropole des cités du Latium. Kllc dut probablement cet avantage au voisinage de la magnifique montagne où devait être, comme sur tous les lieux élevés, un sanctuaire du dieu latin Saturne, peut-être aussi un sanctuaire consacré par les Pélasges aux dieux de la Samothrace*. dette cime majestueuse et
' Au cliap. ml
1 (ne inscription ! ruinée non loin il’Alliano porle cm mois : Mit Cabcsiit. On sait que dans l'ancienne orthographe latine « est mis pour r. On péut donc lire Cabcriit aus dietu cabire?; les Cabires dont les