‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 38 sur 90 · RO SI II, U S · texte numérisé non relu

RO SI II, U S

isolée, qui domine le Latium, sur laquelle, dans V Enéide, Junon va se placer pour contempler tout le pays, ainsi que le font dans la même intention les touristes de nos jours, celle cime du Monle-Cavi fut bien choisie pour être le centre et comme le tronc de la confédération des villes latines. Aussi y élevèrentelles le temple de Jupiter latin (Jupiter Latia ris). Ce temple existait encore à la lin du dernier siècle, quand un Stuart dépossédé, le cardinal d'Yorck, qui était . évêque de Frascati, imagina d'en détruire les restes pour bâtir un couvent. Il est plus aisé d’abattre un vieux temple que de relever un vieux trône.

Romulus et Réunis avaient-ils amené d'Aibe 1 une colonie sur le mont Palatin? Je ne puis voir là qu’une explication au moins très-douteuse d'un fait très-véritable : c'est qu'Albc et Rome étaient deux villes latines. tjuant aux nombreuses colonies que les auteurs ancieus attribuent à la ville d'Aibe, on n’y croit plus guère’. Il suffit de considérer l’emplacement d'Aibe la Longue, bâtie, comme son nom l’indique, dans un

rapports * avec Samothraee sont connus, el la Samothraee avait été visitée par les Pélasges.

1 Denys d'Halic., i, 83.

3 Os colonies sont au nombre de trente (Denys d’Halic., m, 51), nombre mystique qui reparaît plusieurs fois dans rhistoire fabuleuse d’Aibe. La truie blanche, qui passe pour lui avoir donné son nom. avait trente nourrissons, et Ascngne, son fondateur, règne durant trente années.

espace resserré entre la montagne et le lac', pour avoir quelque peine à admettre celte abondance de colonies sorties d'une ville qui, bien que d’un cùté elle s'étendit vers la montagne, prise dans son ensemble, devait ressembler beaucoup à une rue. C'est tirer beaucoup de rivières d’une bien petite source.

Je ne pense donc pas que Rome ait été une colonie d’Albe; mais je crois que le Palatin, sur lequel elle fut * établie par Romulus, faisait partie du territoire albain.

Aux époques historiques, ce territoire ne venait qu'à cinq milles de Rome, et se terminait aux fosses Cluiliennes, célèbres dans l'histoire de Coriolan, qui, vaincu par sa mère, s'y arrêta.

Mais, avant que Rome existât, il n'y a pas encore de territoire romain. Les Romains, dès qu'ils existèrent, repoussèrent à quelques milles les voisins qui les serraient de trop près. Alors les Albains ne dépassèrent plus les fosses Cluiliennes, comme les Sabins ne dépassèrent plus l'Anio. Mais on peut admettre qu’avant Romulus les possessions albaines venaient, comme la terre sabinc, jusqu'au Palatin’.

Même en supposant que les rois d'Albe ne fussent

1 M. Rnsa, In grande autorité en ces matières, place, je crois, ai'cc grande raison Albe la Longue sur un plateau assez étroit A mi-côte du mont Albain, au-dessus de Palazzoh.

* Strabon (v, 3, i) dit que la domination d’Albe s'étendait jusqu’au Tibre.

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