‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 7 sur 90 · UN · texte numérisé non relu

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une partie des édifices du Forum est incendiée à cette occasion; Cicéron y est tour à tour applaudi et insulté. A l’ancienne tribune de la république il prononça le plus grand nombre de ses discours; à la nouvelle tribune établie par César il prononça ses véhémentes pbilippiques contre Antoine. Antoine y répondit en faisant placer la tête coupée du grand orateur dans cette même tribune.

L’empire, dont César fut le véritable fondateur, l’empire approche, et on le sent venir. Le théâtre de Pompée voit des combats et des exhibitions d’animaux étrangers, comme en verra le Colisée; la statue de Pompée, si c’est bien la sienne, en style héroïque et portant un globe dans sa main, semble une statue d’empereur ; l’existence des citoyens opulents s’entoure d’un luxe qui est loin de l’austérité républicaine; l’usage du marbre s’introduit dans la décoration do leurs maisons ; les jardins de Luculius, de Crassus, de Salluste, sont déjà de l’époque qui va suivre, à tel point que tous trois ont pu devenir des jardins impériaux. Demain, le portique de Mélellus sera le portique d’Octavie. Ainsi, en étudiant les monuments de Rome, on passe de la république à l’empire comme. les Romains y passèrent euxmêmes, sans s’en apercevoir.

ll.IV

INTRODUCTION

Celle transition s'opéra facilement, grâce à la lassitude universelle et à l'hypocrisie consommée d’Auguste.

Mon jugement sur Auguste est celui de Machiavel, de Montesquieu, de Voltaire, de Gibbon ; mais le préjugé des collèges est contre moi.

Il s’est établi aussi depuis quelque temps une mode de réhabiliter l'empire romain, car il avait besoin de réhabilitation. Je me suis permis de ne pas tenir compte de ce. paradoxe ; j’en suis resté à l'opinion commune, voilà ma hardiesse; on avait mis le cœur à droite, je l’ai remis à gauche: ce n’est pas ma faute s’il ne convient point à tout le monde qu’il soit à sa place.

L’apologie de l’empire romain serait-elle dictée par une préférence universelle pour l’empire, alors elle serait, selon moi, bien maladroite; car plus on admirerait ailleurs celte forme de gouvernement , plus on devrait, ce me semble, défendre tout autre empire de ressembler à celui-là.

C’est l’aveuglement des partis de prendre, pour la cause qu’ils ont embrassée, la responsabilité d’iniquités dont il vaudrait mieux la dire innocente. C’est ainsi que certains catholiques revendiquent la Saint-Barthélemy et certains républicains la Terreur. Il me semble que si quelqu’oin devait mani-

INTRODUCTION

ni

fesler hautement l’horreur de la Saint-Barthélemy, ce sont les catholiques; que si quelqu'un devait flétrir avec violence les crimes de la Terreur, ce sont les républicains. Pour moi, c’est parce que je suis libéral que je déteste le mal fait au nom de la liberté, c’est parce que je suis de la démocratie que je me sens particulièrementindigné contre leségarements ou les abaissements de la démocratie.

Quant à Auguste, nous avons, pour le juger, Tacite, Suétone et Plutarque. Si ces auteurs nous faisaient défaut, nous aurions ses monuments et ses portraits.

Ce qui nous reste de ses monuments est caractéristique. Le théâtre de Marcellus, l’entrée du portique d’Octavie, les trois colonnes du temple de Mars vengeur, montrent qu’une transition s’accomplit dans l’art romain, comme, dans la société romaine ; le premier de ces monuments retient encore la simplicité toute grecque de l'architecture républicaine; les deux autres, et surtout le troisième, inaugurent la magniGcence vraiment romaine de Père impériale. Mais il en est un plus significatif encore : c’est le mur d’enceinte du forum d’Auguste: ce mur est une illustration d’un passage de Suétone. Suétone nous apprend qu’Augustc, ne voulant point user du droit d’expropriation forcée

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