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n'est en celui qu’elle anime ; Jésus, le plus aimable des enfants des hommes épuisant en lui l'amour d'une mère de Dieu lui a donc transmis toutes les douleurs de sa passion.
C'est ainsi que Marie, c'est ainsi que la nouvelle Eve est devenue corédemptrice, femme de douleur et reine des martyrs.
Son titre de corédemptrice fait de Marie notre reine et notre maîtresse, comme l'œuvre de la Rédemption fait de Jésus le roi, le Maitre, le Seigneur de l'humanité.
Les rein:s sont loin du petit peuple. Marie sera près de nous : Femme lui dit Jésus, dés'gnant de; yeux saint Jean qui nous représente, Femme, Voilà votre fils." Marie sera
donc près € nous, car les mères sont toujours près de leurs enfants !
Autres témoins amis.
À côté de Marie et de Jean, au pied de la croix, se trouvaient Marie-Madeleine et Marie de Cléophas (mère de saint Jacques le Mineur et de saint Jude).
“TI y avait aussi là, plus loin le magnanime Pierre dont l'œil ardent ne pouvait se détacher du corps sanglant de son maître ; et André le futur héros de la croix, et Jacques et tous l:e amis de Jésus. A la distance où ils étaient obl'gés de demeurer, ils d'stinguaient clairement ’e crucifix et le groupe d'élite qui en encadrait la base. Les femmes, qui, dans la Galilée suivaient le pèlerinage évangélique du Sei- £neur: Salomé, Jeanne, Suzanne. et les autres, en grand nombre, que la Pâque ava t amences en Judée, étaient mélées aux disciples et aux apôtres.
“De: tous ces cœurs brisés, de tout:s ces âmes liées au Christ par la foi et le dévouement le plus sincère, s’en allaïent vers le crucifix des actes d'adoration et d’expiation. R. des Chenaïs, p. 525.
Pourquoi m'avez-vous abandonné.
Peu d'instant avant la mort de Jésus, à l'heure où les ténèbres alla'ent se dissiper, l1 souffrance physique et la souffrance morale accablant Jésus jusqu'à l'extrémité, il s'écria d'une voix forte (dit saint Marc, XV): Eloi, Eloi, lamma sabacthani, ce qui veut dire : ‘‘Mon Dieu, mon Dieu, Pourquoi m'avez-vous abandonné ?
L'humanité de N,S., par suite de l'union hypostatique, ne fut jamais séparée de la divinité. N. S., par conséquent, en tant qu'homme, n'a jamais perdu l'amitié de Dieu et à toujours joui de !a vision béatifique.
Jésus-Chr'st, du reste, était réduit à un tel état de misère qu'il pouvait dire, même avec confiance et espoir, ce que nous disons nous-mêmes. Mon Dieu! Mon Dieu !; vous m'avez donc abandonné; Mon Dieu ! mon Dieu!, pourquoi mM'avez-vous abandonné ?
Le psaume XXI (22, dans la traduction de Crampon) décrit visiblement une passion.
Le 1” verset de ce: psaume est ce'ui-ci : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?"
Jésus, en répétant, tout haut, ce verset, nous dit donc qu'il s’agit de lui dans ce psaume :
Citons-en une partie :
‘’Mon Dieu, mon D'eu, pourquoi m'’as-tu abandonné ? Je gémis et le salut reste loin de moi,
Eë moi, ir suis un ver et non un homme, L'opprok.e des hommes et le rebut du peuple.
Tous ceux qui me voient se moquent de moi;
Ils ouvrent les lèvres, ile branlent la tête en disant : Qu'il s’abandonne à Jéhovah! qu'il le sauve,
Qu'il le délivre puisqu'il l'aime!
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Ne t'éloigne pas de moi, car l'angoisse est proche, Car personne ne vient à mon secours,
Autour de moi sont de nombreux taureaux
Ils ouvrent contre moi leur gueule
Comme un lion qui déchire et rugit.
Je suis comme de l'eau qui s'écoule,
Et tous mes os sont disjoints ;
Mon cœur est comme de la cire,
Il se fond dans mes entrailles.
Ma force s'est desséchée comme un tesson d'argile, Et ma langue s'attache à mon palais ;
Tu me réduis à la poussière de la mort,
Car des chiens m'environnent ;
Une troupe de scélérats rôde autour de moi,
Ils ont percé mes mair.s et mes pieds, Je pourrais compter tous mes os.
Eux, ils m'observent, me contemplent :
Ile 6e partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.’
Bien que David parle en ce psaume de la persécution dont il est la victime, de la part de Saül, il est évident que la description qu'il fait de son malheur ne se réalise au complet que dans l'homme de douleur.
J'ai soif.
Il n’y a pas à s'étonner si on trouve du vin Calvaire, lorsqu'il s'agt d'é le soldat romain portait en d'eau et de vinaigre.
aigre sur le tancher la soif du divin crucifié ;
effet dans son bidon un mélange
La fin ; conversion ; Cris de la nature.
À peine le béni Sauveur eut-il humecté ses lèvres du Vinaigre qu'on lui présentait qu'il dit : ‘‘Tout est consommé. ’’ ‘C'était en effet la Consommation de toutes choses.’
Tout le mal était consommé. Les hommes avaient épuisé jusqu’au bout l'œuvre satanique.
L'histoire d'Israël était consommée, La dernièr: page de ses annales allait clore la longue liste des siècles précurseurs du Messie, Toutes les prophéties étaient accomplies. Tous ke crimes des ancêtres, qui tuaient les prophètes, étaient dé. passés. Toutes les espérances des justes, qui attendaient le Rédempteur, étaient réalisées.
Tout le bien, lui aussi, était consommé. Le sacrifice divin avait atteint la manifestation de l'infini. Les grâces surabondaient; elles débordaient par de-lù le temps et inondaient l'éternité. Le sang du Christ submergeait la création et emportait le monde dans l'immeneité des flots de la miséricorde." R. des C., p. 546.
Jésus-Christ poussant un grand cri, dit d'une voix forte :
‘Père, je remets mon âme entre vos maine.’ C'est la T° et dernière parole de Jésus sur la croix.
Ce grand cri, dans un tel état de faiblesse, était un véri. table rriracle qui frappa les assistants et en particulier le centurion romain, qui s’écria : ‘Certainement, cet homme était juste'’ (Luc) — ‘Vraiment, cet homme était Fils de Dieu.'’
Jésus donc, °n mourant, convertissait un païen, et faisait proc amer par lui s4 divinité!
Au momnt où Jésus rendait le dernier soupir, le voile dv temple se déchirait du haut en bas. (Voir cours supérieur de la leçon 122* de ce livre.)
D'autres miracles accompagnent et suivent la mort de Jésus.
Notons que le rocher du Golgotha fut au nombre des rochers qui se fendirent, Ca rocher se fendit dans un sens opposé à celui des veines, c'est-à-dire perpendiculairement aux différentes couches.
Après tant de choses tout à la fois grandioses et terrifiantes, on lit sans surprise en saint Luc (XXII) : ‘‘Et toute la mult'tude qui s'était rassemblée pour ce spectacle, considérant ce qui était arrivé, s'en retourncit en 8e frappant la poitrine. ’’
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Ce fut pour plusieurs sans doute un acheminement vers la conversion.
IL — Cours supérieur ou académique.
Jésus aux limbes.
Alors que le corps &. Jésus devenait inanimé sur la croix, son âme paraissait dan, les limbes,.
Se trouvaient alors dans les limbes tous ceux qui étaient morts dans l'amitié de Dieu. Les saints de l’ancien T'estament, plus nombreux que les habitants de la terre, attendaient impatiemment la venue du Sauveur; les âmes des Innocents massacrés à Bethléem leur avaient donné l'éveil. Anne la prophétesse et le vieillard Siméon avaient fait naître de nouvelles espérances. Saint J seph, décédé depuis peu d’années, avait sans doute contribué plus que tout autre à faire désirer le Rédempteur.
Aussi, quelle joie, quel bonheur, quelle allégresse, à la vue du béni Sauveur.
Adam et Eve, prosternés, voient qu'elle est exécutée la sentence contre Satan : ‘‘Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa race et la tienne. Elle t’écrasera la tête. ”?
Les patriarches et les enfants de Dieu touchent du doigt, Pour a’nsi dire, la réalisat'on de leurs espérances.
Abraham, le père des croyants, ie voit enfin celui de se: fils qui attire la bénédiction de Dieu sur tous les peuples.
Isaac et Jacob voient enfin celui qu'ils attendaient.
Dav'd se réjouit : voilà le plus digne rejeton de sa race et là p'us grande gloire de son trône.
Job voit enfin son rédempteur.
Isaïe, Jérémie, Ezechiel et Daniel se félicitent d’avoir été choisis pour annoncer à l'avance cette grande figure du
Messe. Zacharie, Elisabeth, sainte Anne, saint Joachim, saint Joseph et saint Jean-Baptiste et le bon larron plus près du Sauveur, lui servent d'escorte dans les régions des limbes. — Saint Pierre, dans l’une de ses épitres, parle de la descente de Jésus aux limbes.
Jésus en enfer.
L'instant d2 la mort de Jésus marque le commencement de son règne, et par conséquent toutes les puissances de l’enfer durent se Prosterner tremblantes, devant le Rédempteur, songer qu'à l'aven'r Jésus et Marie allaient reever les ruines accumulées par Adam et Eve, et qu'ils allaient réduire de plus en plus le règne de Satan.
Revenons à Jésus mort sur la Croix.
Le Baptême, l’Eucharistie et l'Eg'ise, symbolisés — Origine de ‘a dévotion au sacré Cœur de Jésus.
Les deux larrons eurent les deux jambes brisées et la poitrine, peut-être aussi défoncée, afin de les achever.
Jésus étant mort on ne lui brisa pas les jambes, ce qui accomplissait une prophétie :
“Vous n> briserez aucun de ses 05°”; et son cœur fut transpercé d’un coup de lance (on voulait s'assurer de sa mort), ce qui accomplissait une autre prophétie : ‘‘Tls contempleront celui qu'ils ont percé, (Zacharie, XII, 10.)
Les Pères ont vu dans l'eau et le sang, qui sortent du côté de Jésus, une fgure mystérieuse du Baptême et de l'Eucharistie, et par suite une figure de l'Eglise dont les membres se recrutent par le Baptême, en même temps qu'ils v'vent par l’Euchar'stie.
L'évangéliste, dit saint Augustin, n'a point écrit que le soldat avait frappé ou blessé le côté de Jésus, il a employé cette expression aussi lumineuse que précise : ‘Le soldat ouvrit le côté du Sauveur’’. “‘T] ouvre le côté, dit Weber,