LES HEBREUX SOUS LES MEDES ET LES PERSES
De 536 à 332. — Durée : 204 ans.
Les Hébreux sous Darius le Mède et sous Cyrus. Fin de l’exil.
L — Cours élémentaire.
Après la chute du second empire de Babylone, les Hé. breux passent donc sous la domination des Mèdes et des Perses. |
Leur premier maître fut Darius le Mède, puis Cyrus, le véritable fondateur de cet empire.
La vision de la statue allait se réalisant !
Daniel avait dit à Nabuchodonosor le Grand (leçon 61° de l'élève) : ‘‘La tête d'or, c'est toi ; l'argent, c'est un autre royaume moindre que le tier:.”’ L'empire des Mèdes et des Perses.
Darius organisa immédiatement son immense empire ; il le divisa en 120 satrapies et centralisa tous les pouvoirs entre les mains de trois grands chefs. Daniel fut l'un de . ces trois chefs. Cette nomination excita la jalousie des satrapes. Ils résolurent de le perdre. Connaissant sa religion pour son Dieu, ils poussèrent le roï des Mèdes à lancer
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un décret, irrévocable ; ainsi conçu : ‘Défense à quiconque de prier un dieu quelconque, si ce n'est Darius, ce sous peine de mort.’ à
Daniel, en sa maison, priait trois fois le jour comme d'habitude. Ses ennemis l'épiaient ; ils le surprirent, le dénoncèrent au roi et forcèrent celui-ci au nom de l’inviolabilité du décret à faire jeter Daniel dans la fosse aux lions. Darius, tout chagrin, dit à Daniel: ‘‘Puisse ton Dieu que tu sers constamment te délivrer lui-même.” Et la fosse fut fermée. -
Le roi ne put ni manger ni dormir tant il était dans l’angoisse, le lendemain, il court à la fosse, criant d’une voix étouffée : ‘‘Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu a-t-il pu te délivrer des lions?’ Daniel répondit : ‘‘O roi, vis éternellement, mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions, qui ne m'ont fait aucun mal.”
Le roi, tout joyeux, fait retirer Daniel de la fosse, et sur son ordre, les envieux de Daniel sont jetés dans cette fosse avec leurs femmes et leurs enfants ; ils n’avaient pas encore touché le fond de la fosse que les lions les avaient saisis et les dévoraient. Daniel, chap. VI.
Darius, frappé de ce qui était arrivé, lança ce décret : ‘De moi émane l'ordre que, dans toute l'étendue de mon royaume, on craigne et on révère en tremblant le Dieu de Daniel ; car il est le Dieu vivant qui subsiste éternellement : son royaume ne sera jamais détruit et sa domination n’aura pas de fin. II délivre et il sauve ; il fait des signes et des prodiges au ciel et sur la terre ; c’est lui qui a délivré Daniel de la fosse aux lions.”’ (Da., ch. VI).
Cyrus succède à Darius le Mède, de 536 à 599.
: ‘Daniel, octogénaire, ‘‘mangeait à la table du roi qui l’ho. norait plus que tous ses autres amis.’
Daniel eut une très grande influence sur Cyrus.
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Il lui dévoila les supercheries des prêtres de Bel. Mais ce fut l'occasion d'un soulèvement. Daniel, jeté dans la fosse aux lions une deuxième fois, en sortit encore plus glorieux que la première fois. Voir l'élève, leçon 61°, in fine.
IT — Cours intermédiaire.
La gloire de mettre fin à la captivité de Babylone devait revenir à Cyrus. Daniel l'avait sans doute instruit des prophéties dans lesquelles Cyrus même était nommé,
Texte de l'édit de Cyrus.
Dès la première année de son règne, Cyrus fit faire, en son royaume la proclamation d'un édit : le voici :
‘Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Jéhovah, le roi du ciel, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Quiconque d'entre vous est son peuple, que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem, en Juda, et bâtisse la maison de Jéhovah, Dieu d'Israël, c'est le Dieu qui est à Jérusalem. Partout où séjournent des restes de ce peuple, que les gens du lieu leur viennent en aide par de l'argent, de l'or, des effets et du bétail, avec des dons volontaires, pour rebâtir la maison du Dieu qui est à Jérusalem.’ (Esdras, I, 1).
Cyrus fit remettre aux Hébreux les ustensiles que Nabuchodonosor avait enlevés du temple, soit : 30 bassins d'or : 1,000 bassins d'argent ; 30 coupes d'or; 410 coupes d'argent; et 1,000 autres ustensiles.
Rapatriement.
42,000 Hébreux (dont le plus grand nombre de la tribu de Juda : de là le nom de Juif), profitèrent de l'édit de Cyrus pour retourner en Palestine, sans compter 200 chan-
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teurs et chanteuses, et 7,837 serviteurs et servantes. Ils avaient pour le voyage et pour les bagages : 245 mulets : 435 chameaux ; 736 chevaux et 6,720 ânes.
Les che‘s du rapatriement furent Zorobabel, descendent de David (ancêtre de Notre-Seigneur Jésus-Christ) et le grand prêtre Josué.
Chacun retourna en son lieu. Le septième mois de leur arrivée, tous se réunirent à Jérusaiem, un autel fut élevé sur les anciens fondements et des holocaustes furent offerts et la fête des Tabernacles célébrée.
On se mit dès lors à l'œuvre pour faire venir de Tyr et de Sidon les bois de cèdre du Liban ; on donnait en échange, de l’huile, des boissons, des vivres.
La reconstruction commença le 2 mois de la 2° année de l’arrivée des expatriés ; c'est la matière de la leçon 64°.
Daniel, une 2° fois dans la fosse aux lions.
Danjel, sous Cyrus, fut une seconde fois jeté dans la fosse aux lions. Le roi fut réduit à cette extrémité pour éviter une révolution. Daniel avait détruit Bel et son temple, avec la permission du roi, qu'il avait convaincu de la supercherie des prêtres de Bel. C'est en cette circonstance que Daniel dans sa fosse reçoit un repas d’'Habacuc, grâce à l'ange, qui le transporte de Jérusalem à Babylone, Voir le détail au livre de l'élève, leçon 61° in fine. Ce fait , est anticipé pour compléter l’histoire de Daniel.
Mort de Daniel,
I] mourut sous Cyrus, dans un âge très avancé. Comme nous l’avons dit déjà, Daniel est passé à la postérité aveo la majesté d’un roi, avec la physionomie d'un sage et l'auréole d’un saint (lecon 81°),
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Fin de Cyrus.
Le règne de Cyrus ne fut pas long. Mourut-il d'une bles- ‘ ! sure, à la guerre, ou autrement, les détails font défaut. (529).
Il nomma pour lui succéder, Cambyse, son fils.
Cyrus, dans tous les cas, passa à la postérité, avec la répu- # tation d'un homme sage, doux, actif et entreprenant, Cambyse fut aussi violent que son père avait été doux.
Cyrus était un père, Cambyse fut un despote irag ible et ambitieux.
Questions sur l'intermédiaire et sur la partie supérieure de la leçon 68* (Les Hébreux sous Darius le Mède et sous Cyrus. Fin de la caplivité:
. successeurs de Cyrus) :
Donnez le texte de l'édit de Cyrus sur le rapatriement des Hébreux.
Quelle faveur Cyrus accorde-t-il aux Hébreux avant leur départ pour la Judée ?
Gloire de Cyrus? Sa fin? Portrait de Cyrus ?
COURS SUPERIEUR
Quels furent les principaux successeurs de Cyrus ?
Quel fut Cambyse, fils de Cyrus ?
Que savez-vous en particulier de Darius I® le grand ?
Quel nc ;, la Bible donne-t-elle à Xerxès Ie, fils de Darius le Grand ?
Quels sont les trois rois sous lesquels ont lieu les quatre guerres médiques ? .
Sous quel roi tombe l'empire des Mèdes et des Perses ?
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Reconstruetion du temple par Zorobabel.
Pédieace.
Cours élémentaire et intermédiaire.
La première pensée des Juifs rapatriés fut de reconstruire le temple. Il y avait beaucoup à faire : il fallait en poser les fondements. ;
Tous les Juifs s'empressaient à cet ouvrage, livrant or et argent pour payer la main d'œuvre. Ils donnèrent aux Sidoniens et aux Tyriens du blé, du vin, de l'huile. Ils recevaient en échange des bois du Liban. Ce bois arrivait à Jérusalem par’ Joppé.
Zorobabel et Josué présidaient aux travaux.
Les fondements du temple étant terminés, on en fit la dédicace. Cette fête fut tout à la fois triste et joyeuse ; triste, parce que ces simples fondations rappelaient à l'esprit le beau temple détruit; fête joyeuse aussi, parce qu’il y avait là l’espérance bien fondée d'une nouvelle maison de Dieu, à brève échéance.
Opposition des Samaritains.
Les plus beaux projets ne sont pas ceux qui se réalisent le plus tôt.
On était alors en l’an 534 avant Notre-Seigneur. La dédicace du temple de Zorobabel devait n'avoir lieu que 19 ans plus tard, l'an 515, avant Jésus-Christ.
Les Samaritains furent la première cause du retard dans la reconstruction du temple. Lorsqu'ils virent les Juifs se
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mettre à l’œuvre, ils se dirent : ‘“‘Travaillons avec eux, leur temple sera notre temple.
Zorobabel, cependant refusa leurs services, parce que leur culte de Jéhovah était entaché d'idolâtrie.
Les Samaritains, mécontents s'opposèrent dès lors à la reconstruction du temple et à celle des murs de Jérusalem. Des conseillers du roi, achetés à prix d'argent, soutinrent leur cause, On ne voit pas qu'ils eurent de succès officiel du temps de Cyrus. Ils furent plus heureux sous Cambyse (le livre d’Esdras le nomme Assuérus), et sous le faux Smerdis (qui reçoit le nom d’Artaxerxès dans le premier livre d’'Esdras, chap. II).
Les rois persans reçurent des Samaritains une lettre ainsi.
conçue :
Lettre de Réhum, gouverneur des Samaritains au roi de Perse:
“Tes serviteurs, les gens de ce côté du fleuve (l’Euphrate) :
“Que le roi (des Mèdes et des Perses) sache que les Juifs venus de chez toï, parmi nous à Jérusalem, rebâtissent la ville rebelle et méchante, en relèvent les murs, et en restaurent les fondements,
“Que le roi sache donc que, si cette ville est rebâtie, et si ses murs sont relevés, ils ne paieront ni impôt, ni tribut, ni droit de passage, et qu'il en résultera un dommage pour les rois. Or, comme nous mangeons le se] du palais, et qu'il ne nous parait pas convenable de voir mépriser le roi, nous envoyons au roi ces informations. Qu'on fasse des recherches dans le livre des annales de tes pères, et tu trouveras et verras dans le livre des annales que cette ville est une ville rebélle ; funeste aux rois et aux provinces, et qu'on s’y est livré à la révolte dès les temps anciens. C’est pour cela que cette ville a été détruite. Nous faisons savoir au roi que, si * cette ville est rebâtie, et si ses murs sont relevés, par cela même tu ne posséderas Plus rien de ce côté du fleuve”
Réponse du roi des Perses à Réhum.
SALUT, etc.
‘La lettre que vous nous avez envoyée a été lue distinctement devant moi. Sur mon ordre, on a fait des récherches et l'on a trouvé que, dès les temps anciens, cette ville s’est soulevée contre les rois et qu'on s’y est livré à la sédition et à la révolte. Il y eut à Jérusalem des rois puissants, maîtres de tout le pays de l’autre côté du fleuve, et auxquels on payait impôt, tribut et droit de passage. En conséquence, ordonnez de faire cesser les travaux de ces gens, afin que cette ville ne se rebâtisse point jusqu’à ce que je donne un commandement à ce sujet. Gardez-vous de mettre en cela de la négligence, de peur que le mal n’augmente au détriment des rois.”
Les travaux sont arrêtés, puis repris.
Réhum, fort de la lettre du roi, força les Juifs à discontinuer leurs travaux. Et l'ouvrage resta là dix ans et plus.
L'arrivée de Darius le Grand, au trône, devait faire naitre des espérances.
Les prophètes Aggée et Zacharie exhortèrent les Juifs à continuer les travaux. ui
Zorobabel et Josué se rémirent donc à l'œuvre, l'an 520 avant Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Lettre de Thathanaï à Darius le Grand.
Thathanaï, successeur de Réhum, apprenant que les Juifs reprenaient leurs travaux, se rendit à Jérusalem. Son enquête fut pacifique ; il en rendit compte en ces termes à Darius :
:‘Au roi Darius, salut parfait.
‘Que le roi sache que nous sommes allés dans la province de Juda, à la maison du grand roi. Elle se construit en pierres énormes, et le bois se pose dans les murs: le travail
est poussé avec diligence et avance heureusement, sous leurs mains. Nous avons interrogé les anciens et nous leur avons ainsi parlé: ‘‘Qui yous a donné l'autorisation de bâtir cette maison et de relever ces murs?" Nous leur avons aussi demundé leurs noms pour te les faire connaître, et nous avons mis -par écrit les noms de ceux qui sont à leur tête. Voici la réponse qu'ils nous ont faite: ‘Nous sommes les serviteurs du Dieu du ciel et de la terre, et nous rebâtissons la maison qui avait été construite il y a bien des années, et qu'avait t tie et achevée un grand roi d'Israël, Mais nos pères ayant irrité le Dieu du ciel, il les livra entre les mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, le Chaldéen, qui détruisit cette maison et emmena le peuple captif à Babylone. Toutefois, la première année de Cyrus, roi de Ba-ylone, le roi Cyrus a rendu un décret permettant de rebâtir cette maison de Dieu: Et même le roi Cyrus retira du temple de Babylone les ustensiles d'or et d'argent de la maison de Dieu, que Nabuchodonosor avait enlevés du temple de Jérusalem, et transportés dans le temple de Babylone; il les fit remettre au nommé Sassabasar, qu'il établit gouverneur, et lui dit: Prends ces ustensiles, va les déposer dans le temple de Jérusalem, et que la maison de Dieu soit rebâtie sur son ancien emplacement. Ce Sassabasar est-donc venu, et il a posé les fondements de la maison de Dieu à Jérusalem; depuis ce temps-là, jusqu’à présent, elle se construit, et elle n’est pas achevée. Maintenant, si le roi le trouve bon, que l'on fasse des recherches dans la maison des trésors du roi à Babylone, pour savoir s'il existe un décret rendu par le roi Cyrus, pour la consttuction de cette maison de Dieu à Jérusalem. Puis que le roi nous transmette au volonté à cet égard. ’’
Une découverte.
Darius ayant fait faire des recherches dans la maison des archives, à Ecbatane, un rouleau (il n'y avait pas alors de livres à la manière des nôtres) fut trouvé, qui disait :
‘La première année du roi Cyrus, le roi Cyrus a donné cet ordre, au sujet de la maison de Dieu à Jérusalem : Que la maison soit rebâtie pour être un lieu où l'on offre des
sacrifices, et qu'elle ait de solides fondements. Elle aura soixante coudées de hauteur et soixante de largeur, trois rangées de pierre de taille et un appareil de charpente ; la dépense sera payée par la maison du roi. En outre, les ustensiles d’or et d'argent de la maison de Dieu, que Nabuchodo- : nosor avait enlevés du temple de Jérusalem et transportés à Babylone, seront rendus, transportés au temple de Jéru-
salem à la place où ils étaient, et déposés dans la maison de Dieu.”’
Darius le Grand favorise les Juifs.
Darius, à la suite de cette découverte, donna l’ordre de poursuivre la reconstruction du temple, et de le reconstruire
à même les revenus royaux. La réponse à Thathanaï est ainsi conçue :
“Maintenant Thathanaï, Souverneur de l’autre côté du fleuve (droite de l'Euphrate), tenez-vous loin de ce lieu, et laissez continuer les travaux de cette maison de Dieu : que le gouverneur des Juifs et leurs anciens la rebâtissent sur l’ancien emplacement. Voici l'ordre que je donne sur la manière dont vous devez agir à l'égard de ces anciens des : Juifs pour la construction de cette maison de Dieu: Sur les biens du roi, provenant des impôts de l’autre côté du fleuve, la dépense sera exactement payée à ces hommes, afin qu’il n’y ait pas d'interruption. Ce qui sera nécessaire pour les holocaustes du Dieu du ciel, jeunes taureaux, béliers et agneaux, froment, sel, vin et huile, sera livré conformément à leurs demandes, aux prêtres de Jérusalem, jour par jour, sans faute, afin qu'ils offrent des sacrifices d’agréable odeur au Dieu du ciel, et qu'ils prient pour la vie du roi et de ses fils. Je donne aussi cet ordre : Si quelqu'un transgresse cette parole, qu’on arrache de sa maison une pouu. : qu'il y soit suspendu et attaché, et que l’on
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fasse de sa maison, un tas d'immondices. Que le Dieu qui fait résider son nom en ce lieu renverse tout roi et tout peuple qui étendrait la main pour enfreindre ce décret et détruire cette maison de Dieu à Jérusalem."
Moi, Darius, j'ai donné cet ordre ; qu'il soit ponctuelle. ment exécuté.
Dédicace du nouveau temple.
Les ordres de Darius furent ponctuellement exécutés : la maison de Dieu fut achevée la 6° année du roi Darius ; les Juifs en firent joyeusement la dédicace et le service fut organisé tel que l'avait dit Moïse (mars, 516 - 515 avant Jésus-Christ).
Il est évident, qu'en tout cela, Dieu avait tourné le cœur de Darius vers les fils de la captivité ! |
Gloire à venir du temple de Zorobabel.
Le temple de Zorobabel était loin de la beauté du temple de Salomon. Sa gloire, cependant, devait être plus grande que celle du temple de Salomon, car il devait voir le Messie, le Fils de Dieu fait homme. De là ces paroles encourageantes d’Aggée, au cours de la reconstruction :
‘Courage, Zorobabel, dit Jéhovah : courage, Jésus, grand prêtre... car je suis avec vous, dit Jéhovah. Ainsi parle -6hovah : ‘Une fois encore et ce sera dans peu. J'ébranlerai les cieux et la terre, la mer et le continent. J'ébranlerai toutes les nations et les trésors de toutes les nations viendront... Grande sera la gloire de cette maison, la dernière plus que la première : en ce lieu je mettrai la paix dit Jéhovah des armées.” à
Le temple de Zorobabel ne devait pas jouir de la présence de l'arche d'alliance, trésor de l'ancien temple, Jérémie
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l'avait cachée dans une caverne dont l'entrée fut fermée : on ne put jamais la retrouver.
Zacharie.
Le prophète Zacharie, dont il est question plus haut, a prédit la conversion du monde par les Juifs, VIII,20,21,22,98. ‘Ainsi parle Jéhovah des armées : il viendra encore des peuples et des habitants d’un grand nombre de villes. Les habitants de l’une iront à l’autre en disant: Allons, allons implorer Jéhovah, et chercher Jéhovah des armées.” — ‘Moi aussi, je veux aller!”
‘Des peuples nombreux, et de puissantes nations viendront chercher Jéhovah des armées à Jérusalem, et implorer Jéhovah. Ainsi parle Jéhovah des armées : “En ces jourslà, dix hommes (les païens) de toutes les langues des nations saisiront le pan de la robe d’un Juif et diront: Nous voulons aller aussi avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous.’”
C'est ce qui est arrivé aux premiers temps du christianisme, les apôtres étant tous Juifs.
Zacharie annonce aussi la conversion des Juifs, XII, 10-14.
“En ce jour-là, je m’appliquerai à cétruire tous les peuples qui viendront contre J érusalem, et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les yeux vers moi qu'ils ont percé. Ils feront le deuil sur lui comme on fait le deuil sur un fils unique ; ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure un fils premier-né.
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Histoire d’Esther.
Cours élémentaire et intermédiaire.
Mardochée et Esther.
A l'époque du rapatriement des Juifs, le plus grand nom- u | bre resta dans l'empire. Î Suse était alors la résidence d'été du grand roi Xerxès 1* (l’Assuérus de la Bible).
Xerxès succède à Darius en 485.
Parmi les Juifs qui résidaient à Suse, se trouvait Mardochée qui avait eu un emploi à la cour.
Mardochée élevait Edissa, sa parente, fille d'adoption. Edissa veut dire myrte; ce nom fut changé plus tard en celui d’Esther (astre). Elle était gracieuse et belle.
La seconde année de Xerxès, Mardochée vit en songe deux dragons à la voix desquels ‘‘les nations se préparèrent à combattre le peuple des justes. Puis soudain ce fut un jour de ténèbres et d'anxiété. Il y eut angoisse, épouvante sur la terre. Le peuple des justes cria vers Dieu, et à ses cris, il y eut comme une petite source d'où sortit un grand fleuve, une masse d’eau. La lumière et le soleil brillèrent : œux qui étaient dans l’humiliation furent élevés et ils dévorérent ceux qui étaient dans les honneurs.” (Chap. XI).
Mardochée comprit plus tard. Les deux dragons étaient Xerxès et Aman; la petite source, Edissa qui devient le grand fleuve, avec la reine Esther.
La troisième année de son règne, Xerxès donne de somp-
tueux festins aux grands et un banquet de sept jours au peuple de Suse.
À' un moment donné, le roi, échiuffé par le vin, demande Vasthi, son épouse. La reine, craignant l'ivresse des convives, refuse. Le roi s'irrite, et sur le conseil des principaux de sa cour, il répudie Vasthi, et publie un édit portant que tout mari doit être maître en sa maison.
Au retour de sa désastreuse expédition, en Grèce, Xerxès allait peut-être rappeler Vasthi, lorsque ses conseillers (qui devaient redouter la colère de l'exilée) persuadent au roi de remplacer Vasthi par une jeune fille choisie parmi les plus belles de l'empire.
Edissa, sur l'avis de Mardochée, se présenta avec beaucoup d’autres jeu: . filles, et cacha son nom et sa nationalité, ‘‘Le roi l'aima plus que toutes les autres femmes, et elle obtint grâce et faveur plus que toutes les autres jeunes filles. Il mit le diadème royal sur sa tête, et la fit reine, à la place de Vasthi.”’ Il y eut ensuite un grand festin en l’honneur de la nouvelle reine, et des largesses au peuple.
Sur ces entrefaites, Mardochée découvrit un complot contre le roi, qui en fut averti par Esther.
Cela se passait en la 7° année du règne de Xerxès 1* (479).
Un ennemi. — Un arrêt de mort.
Dans la suite, Aman, favori de Xerxès 1°, tourna l'esprit de ce prince contre les Juifs, et en obtint l’édit suivant : ‘‘Assuérus, le grand roi aux satrapes, et aux gouverneurs des 127 provinces de l'Inde et de l’Ethiopie, De ms sont sous ses ordres, mande ce qui suit :
‘‘Quoique je commande à un très grand nombre de nations et que j'aie soumis tout l’urivers, je veux, non pas
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abuser de ma puissance pour m'énorgueillir, mais per un 8ouvernement toujours clément et doux, assurer continuellement à mes sujets une vie sans trouble : et procurant à mon royaume le calme et la sécurité jusqu’à ses extrêmes frontières. Ayant donc demandé à mes conseillers de quelle manière mes intentions pouvaient être réalisées, l’un d'eux, nommé Aman, supérieur à tous les autres en sagesse et en fidélité, et le premier après le roi, m'a fait connaître qu'il y a un peuple mal intentionné, mêlé à toutes les tribus qui sont sur la terre, et se mettant en opposition avec les coutumes de tous les peuples, méprisant continuellement les commandements des rois, de façon à empêcher la parfaite harmonie de l'empire que nous dirigeons. Ayant donc appris que ce seul peuple, en contradiction perpétuelle avec tout le genre humain, pervertissant les mœurs par des lois étrangères, et mal affectionné à nos intèrêts, commet les derniers excès et empêche ainsi la prospérité du royaume, nous avons ordonné que ceux qui nous sont désignés dans les lettres d'Aman... soient tous : hommes, femmes et enfants, radicalement exterminés par le glaive de leurs ennemis, sans miséricorde ni clémence, le 14° jour du 12° mois de la présente année; afin que ces hommes, autrefois et maintenant encore hostiles, descendent, le même jour, par mort violente aux enfers, rendent pour l'avenir à notre royaume une prospérité et une'paix parfaite.” Chap. XIII, (12° année du règne de Xerxès 1“).
Cet édit était terrible, c'était l’extermination de la race Juive dans tout l'empire, et sans aucune raison valable.
Qu'était-il donc arrivé?
Deux choses qui avaient mis en fureur Aman, le favori du roi et l’instigateur du décret.
Xerxès avait ordonné que l'on rendit des honneurs extraordinaires à Aman, que l'on se prosternât sur son passage,
etc. Cette prostration avait-elle quelque chose d'idolâtrique? on l'ignare. Dans tous les cas, Mardochée ne fléchissait pas le genou et ne se prosternait pas devant Aman. Celui-ci, sachant que Mardochée: était Juif, fut rempli de fureur contre Mardochée et contre le peuple Juif : il résolut de les perdre tous. De là le conseil perfide qu'il donne à son maître et le décret de mort contre les Juifs.
Mais Aman comptait sans la petite source qui était devenue le grand fleuve.
Esther sauve son peuple.
LL livre de l'élève dit au long comment Esther sauva les Juifs de Suse et de l'empire, page 212.
Aman dut, malgré lui, rendre honneur à Mardochée, et il fut pendu à la potence qu'il avait fait dresser pour ce noble Juif.
Mardochée honoré.
Mardochée remplaça Aman dans l'estime du roi, et il devint tout-puissant à la cour. Ce fut une grande joie pour les Juifs.
L'édit de mort porté contre les Juifs était, de droit, irrévocable. Xerxès lança donc un nouveau décret permettant aux Juifs de se défendre. Le jour de l’extermination devint pour eux un jour de triomphe. Les fonctionnaires, craignant de déplaire à Mardochée, soutinrent les Juifs qui restèrent libres de tuer ceux qu'ils savaient leur être hostiles. C'est ainsi que 500 personnes périrent dans Suse et 70,000 dans les provinces, mais il n'y eut point de pillage.
Fête des Purim.
Mardochée et Esther instituèrent une fête, à l'occasion
de cette délivrance, la fête des Purim, fête des sorts (Le : jour à fixer pour l'exécution des Juifs avait été tiré au ; sort).
AU MAITRE ET A LA MAITRESSE
Nous lisons, chap. 11, 5 du livre d'Esther: ‘‘Mardochée, j fils de Jaiïr, fils de Séméi, fils de Cie, de la race de Benjamin, 51 qui avait été emmené de Jérusalem parmi les captifs déportéa avec Jéchonias, roi de Juda.’ (2° déportation en 599). Est-ce Cis ou Mardochée qui a été emmené de Jérusalem ? Si c'est Mardochée, il faudra lui donner plus de 120 ans à l'avènement de Xerxès! A moins qu'on ne dise avec Crampon: ‘L'auteur veut dire non pas précisément que Mardochée était contemporain de Jéchonias, mais qu'il descendait des illustres familles qui avaient été déportées avec ce roi."
Question sur l'intermédiaire de la 65° lecon (Esther) :
Comment Esther délivre-t-elle les Juifs de Suze et de l'empire, de la fureur d’Aman ? z
ee ———
RESTAURATION JUIVE (suite).
Néhémias. — Reconstruction des murs de Jérusalem. Malachie, prophète. — Esdras. — Les Synagogues. La langue. — Le Sanhédrin.
AU MAITRE ET A LA MAITRESSE
Néhémias fait deux séjours à Jérusalem, au temps d’Artaxerxès 1°. Esdras fait également deux séjours à Jérusalem : ' le premier comme scribe et coadjuteur de Néhémias dans la | réforme des mœurs, le second comme gouverneur, au temps d'Artaxerxes II.
Plusieurs auteurs font venir Esdras avant Néhémias.
Nous suivons Crampon, qui fait venir Néhémias le premier. A l'arrivée de Néhémiss, Jérusalem est sans murailles et la ville peu peuplée; à l'arrivée d'Esdras au contraire, on 3e trouve en face d'un ordre matériel relatif. Néhémias arrive au temps du grand prêtre Eliasib (2° d'Esdras, V, 1). Esdras se retire dans la chambre de Joanan, fils d'Eliasib.
Il y-a deux livres d'Esdras. Le chapitre 7° (et les suivants) du 1‘ livre viennent chronologiquement dans ce cas après le 2° livre, parce qu'ils se rapportent à Esdras, gouverneur.
(Lesètre, qui conserve l'ancienne manière, procède comme suit) :
Le temple est achevé en 516.
57 ans plus tard, en 459, Esdras, en la 7° année d'Artaxerxès, successeur de Xerxès, arrive à Jérusalem avec 1,496 rapatriés. 11 travaille à séparer les Ptêtres et les lévites d'avec les étrangères qui étaient devenues leurs épouses,
Il retourne bientôt à Babylone.
Néhémias demande en la 20° année du règne d'Artaxerxes de relever les murailles de Jérusalem.
Esdras revient à Jérusalem.
Néhémias et Esdras travaillent à la restauration morale du peuple.
Néhémias retourne à Babylone en la 82° année d'Artaxerxès, en 440.
Après plusieurs années, Néhémias revient à Jérusalem où il corrige de nouveaux abus.
(Les livres d'Esdras parlent d'un Artaxerxès, sans dire 1* ou 2°, ce qui donne lieu aux divergences),
Les élèves du cours intermédiaire pourront trouver quelque intérêt. dans les lettres des rois de Perse.
Néhémias et Esdras paraissent avec l'auréole de la sainteté : ce sont de véritables apôtres. La science domine chez Esdras; l'énergie et l'esprit d'organisation sont admirables chez Néhémiss.
Les observations, dans cette leçon, riendre + raleux après la récitation. .
(66) — 8° ÉPOQUE : LES H. sous LES M. FT LES P. 3:37
I — Cours élémentaire.
Les noms de Zorobabel et de Josué (grand prêtre), se
rapportent à l'époque de la reconstruction du temple de Jérusalem.
Les prophètes de cette époque sont : Aggée et Zacharie, nous l'avons vu déjà.
Les noms de Néhémias et d'Esdras se rapportent à la période de la reconstruction des murs de Jérusalem et de la rénovation des mœurs. |
Néhémias et Esdras sont deux grands patriotes Juifs, qui ne faisaient pas partie du premier rapatriement sous Cyrus, mais qui viennent après coup, de Babylone.
Néhémias fait deux séjours à Jérusalem, sous le règne d'Artaxerxès 1". Esdras parait alors comme interprète autorisé de la loi (2° livre d'Esdras, VIII).
Au temps d’Artaxerxès IT (7° année de son règne) Esdras devient gouverneur (1* livre d'Esdras, VIT), 398 avant Jésus-Christ.
Œuvres de Néhémias.
l° 11 relève les murs de Jérusalem. Cette reconstruction se fit, l'épée à la main, car Sanaballat et Tobie, son secrétaire, et d’autres s’y opposaient. Chaque famille eut sa part de muraille à faire. Tout fut terminé en 52 jou:
2 Néhémias, apprenant que les riches exigeaient trop du peuple, après lui avoir prêté de l'argent ou promis des vivres en temps de disette, s'irrita, fit une grande assemblée et conjura les-riches d’être bons pour leurs frères : ‘‘Rendez-leur donc aujourd'hui, disait-il, leurs champs, leurs vignes leurs oliviers et leurs maisons, et le centième de l'argent, du vin nouveau et de l'huile que vous avez exigé d'eux (comme intérêt).
Ils répondirent : ‘‘Nous le rendrons.’
Néhémias, secouant alors son manteau, s’écria :
‘Que Dieu secoue de la même manière hors de sa maison et de ses biens tout homme qui n'aura pas tenu parole.’
3 Jérusalem fut repeuplée. Le sort désigna ceux qui devaient passer du reste du territoire dans la ville.
4 Néhémias, sachant que l'ignorance de la loi du Sei- &neur est la cause d’une foule de maux, voulut que cette loi fût lue et expliquée au peuple.
Le septième mois étant arrivé, et les enfants d'Israël étant établis dans leurs villes, tout le peuple s’asembla comme un seul homme. Et le prêtre Esdras apporta la loi devant l'assemblée. Il lut dans le livre depuis le matin jusqu'au milieu du jour.’ Se
La lecture commencée par Esdras fut continuée par les lévites ‘‘qui en donnaient le sens’’ (VIILI, 8, 9).
“Tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la
loi.” Le peuple voyait sa culpabilité, sa vie n’était point conforme à la loi de Moïse.
Néhémias cependant, ainsi qu'Esdras et les lévites ne voulurent point que ce jour fut un jour de larmes, et la fête des Tabernacles fut célébrée avec joie.
‘Le 24° jour du même mois, les enfants d'Israël s’assemblèrent pour un jeûne, revêtus de sacs, avec de la poussière sur la tête. Ils entendirent la lecture du livre de la loi, pendant un quart de jour, et pendant un autre quart ils confessèrent ‘‘leurs péchés’ et ceux de leurs pères, ‘‘et adorèrent Jéhovah.’
Leur prière à Jéhovah se termina ainsi :
“En conséquence de tout cela, nous contractons un engagement sacré que nous mettons par écrit, et nos chefs, nos lévites et nos prêtres y apposeront leur sceau .’’
C'est alors que les Juifs s'obligent à payer un tiers de sicle, chaque année, pour le service de la maison de Dieu, pour les pains de proposition, pour le sacrifice perpétuel, etc. (2° d'Esdras, X, 32).
Cette taxe, d'un tiers de sicle, fut élevée plus tard à un demi sicle. Elle obligeait tout Israélite à partir de l’âge de 20 ans.
Le sicle valait 70 sou: ‘le notre monnaie.
Il fut aussi question de la dîme, des prémices et des premiers-nés. Cette organisation assurait les frais du culte et le soutien des prêtres et des lévites.
IE — Cours intermédiaire.
Grands-prètres.
A l’époque des Mèdes et des Perses, bien que les Juifs fussent tributaires, ils avaient des chefs qui n'étaient autres que leurs grands-prêtres. Cette 8° époque peut être dite sacerdotale. - ;
Néhémias chassa le fils d’un grand-prêtre, qui avait
épousé une étrangère. (Ce prêtre, chassé de Jérusalem, devint prêtre du temple de Samarie.
Ê Piété et patriotisme de Néhémias.
Le second livre d’Esdras, chapitre I, renferme des lignes fort touchantes sur la piété et sur le patriotisme de Néhé- . mMmias. Elles font aussi parler devant nous Artaxerxès 1”. C’est Néhémias qui parle, chapitre 1° du 2° livre d'Esdras :
‘‘Au mois de Casleu, la vingtième année, comme j'étais à Suse, dans le château, Hanani, l’un de mes frères, arriva avec quelques hommes de Judée. Je les questionnai au sujet des Juifs délivrés, restes d'Israël après la captivité, et au
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sujet de Jérusalem, et ils me répondirent : ‘‘Les restes échappés à la captivité, là-bas dans la province, sont dans une grande misère et dans l'opprobre ; les murailles de Jérusalem sont renversées, et ses portes consumées par le feu.”
Lorsque j'entendis ces choses, je m'assis et je pleurai, et je fus plusieurs jours dans la désolation. Je jeûnai et je priai devant le Dieu du ciel, en disant : ‘‘Jéhovah, Dieu du ciel, Dieu grand et redoutable, vous qui gardez votre alliance de miséricorde envers ceux qui vous aiment et qui observent vos commandements ; que votre oreille soit attentive et que vos yeux soient ouverts, Pour que vous entendiez la prière que votre serviteur vous adresse “aintenant nuit et jour pour les enfants d'Israël, vos serviteurs, en confessant les péchés que nous, enfants d'Israël, avons commis ; car la maison de mon père et moi nous avons péché. Nous avons très mal agi envers vous, n'observant pas les commandements, les lois et les ordonnances que vous avez prescrits à Moïse, votre serviteur. Souvenez-vous de la parole que vous avez fait entendre par Moïse, votre serviteur: ‘‘Si vous transgressez mes préceptes, je vous disperserai parmi les peuples ; mais si vous revenez à moi, et si vous observez mes commandements, et les mettez en pratique, alors seriez-vous exilés à l'extrémité du ciel, de là je vous rassemblerai et je vous remènerai dans le lieu que j'ai choisi pour y faire habiter mon nom. Ils sont vos serviteurs et votre peuple, que vous avez délivrés par votre grande puissance et par votre main forte. Ah! Seigneur, que votre oreille soit attentive à la prière de votre serviteur et à ls prière de vos serviteurs qui se plaisent à craindre votre nom! Daignez aujourd'hui donner le succès à votre serviteur, et faites-lui trouver grâce devant cet homme !
J'étais alors échanson du roi.
Artazerzès 1® et Néhémias.
Au mois de N isan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, je pris le vin et je l'offris au roi, et je tâchai de n'être pas triste en sa présence. Le roi me dit: ‘Pourquoi as-tu mauvais visage puisque tu n'es pas malade? Ce ne peut être qu'une peine de cœur.” Je fus très effrayé et je répondis au roi : ‘‘Que le roi vive éternellement! Comment n'aurais-je pas mauvais visage, lorsque la ville où sont les sépulcres de mes pères est dévastée et que ses portes sont consumées par le feu?” Et le roi me dit: ‘‘Que veux-tu demander?’ Je priai le Dieu du ciel, et je répondis au roi: ‘Si le roi le trouve bon, et si son serviteur lui est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville où sont les sépulcres de mes pères, pour que je la rebâtisse."’ Et le roi, la reine étant assise auprès de lui, me dit: ‘‘Combien durera ton voyage, et quand seras-tu de retour?” Il plut au roi de me laisser partir, et je lui fixai un temps. Puis je dis au roi: ‘Si le roi le trouve bon, qu'on me donne des lettres pour les gouverneurs de l'autre côté du fleuve, afin qu'ils me laissent passer jusqu'à ce que j'arrive en Juda, et une lettre. Pour Asaph, garde de la forêt du roi, afin qu’il me fournisse du bois Pour couvrir les portes de la forteresse voisine du temple, pour la muraille de la ville et pour la maison que j'occuperai.”’ Et le roi me donna ces lettres, car la main favorable de mon Dieu était sur moi.
Je me rendis donc auprès des gouverneurs de l’autre côté du fleuve, et je leur remis les lettres du roi, or le roi m'avait fait ‘accompagner nar des chefs militaires et des cavaliers. Et Sanaballat, le Honorite et Tobie, le serviteur Ammonite, l'ayant appris, éprouvèrent un grand dé. plaisir de ce qu'il venait un homme pour procurer le bien des enfants d'Israël.’
Esdras.
Esdras, prêtre pieux et savant, venu de Babylone, aida puissamment Néhémias, nous l'avons vu. Il retourna à Babylone. En la septième année d'Artaxerxès IT, il revint à Jérusalem, à la tête d’une séconde colonie de rapatriés, au nombre de 1,496. Ce voyage de 200 lieues, de Babylone à Jérusalem, dura quatre mois.
Esdras, puissant à la cour d’Artaxerxès IT, venait avec de grands présents et des pouvoirs étendus. Il était porteur d’une lettre d'Artaxerxts IT, lettre intéressante :
Lettre d'Artaxerzès II à Esdras Chapitre VII, 12 à 26, (1 livre d'Esdras).
Artaxerrès, roi des rois, à Esdras, prêtre et ecribe, versé dans la loi du Dieu du ciel.
J'ai donné ordre pour que tous ceux du peuple d'Israël, de ses prêtres et de ses lévites, qui se trouvent dans mon royaume, et qui désirent aller à Jérusalem, partent avec toi. Car tu es envoyé par le roi et ses sent conseillers pour inspecter Juda et Jérusalem d’après la loi de ton Dieu, laquelle est dans ta main, et pour porter l'argent et l’or que le roi et ses conseillers ont offert au Dieu d'Israël, dont la demeure est à Jérusalem, tout l'or et l'argent que tu pourras obtenir dan: la province de Babylone, ainsi que tous les dons volontaire: du peuple et des prêtres, librement offerts pour la maison de leur Dieu à Jérusalem.
C’est pourquoi tu auras soin d'acheter des taureaux, des béliers, des agneaux, et tout ce qui est nécessaire pour les oblations et les libations, et tu les offriras sur l’autel de la maison de votre Dieu à Jérusalem.
Vous emploirez le reste de l'argent et de l'or à ce que vous jugerez bon, toi et tes frères, en vous conformant à la volonté de votre Dieu.
Dépose devant le Dieu de Jérusalem, les ustensiles qui te sont donnés pour le service de la maison de ton Dieu. Et le
(66) — 8° ÉPOQUE : LES H. SOUS LES M.ETLESP. 343 surplus des dépenses que tu auras à faire pour lu maison de ton Dieu, te sera donné de la maisen des trésors du roi.
Et moi, le roi Artaxerxès, je donne l'ordre à tous les trésories de d'autre côté (rive droite de l'Euphrate) du fleuve de livrer exactement à Esdras, prêtre et scribe, versé dans la
ni impôt, ni tribut, ni droit de passage sur aucun dés, prêtres, lévites, chantres, portiers, Nathinéens et serviteurs quelcen-
Quiconque n'observera pas la loi de ton Dieu et la loi du roi, qu’il soit fait de lui exacte justice, soft par la mort, soit par le banissement, soit par fé amende, soft par la prison.
Esdras fit en effet d’utiles Ftegrandes réformes (voir l'élève: page 216). NC Er
Nous devons à ce pieux ’scribe une compilation précieuse des livres hébreux de l’ancien Testament.
Le maître et la maîtresse feront rémarquer Aûe l’obligation dont parle Malachie regarde”fe saint sacrifice de la messe, qui est aujourd’hui céléb pe l'Eglise Catholique, dans le monde entier. Cette prophétie est la condamnation du protestantisme, qui serait big en e de nous montrer l’offrande de l’oblation pure, offerte Gepuis le lever du soleil jusqu’au couchant.
La seconde prophétie est relative F2 de saint Jean- Baptsite (voir l'élève, leçon 85°, cours intermédiaire). Mé. me prédiction per. Isaïe précédemment.
Les lignes consacrées aux synagogues (lieux de prière ct d'interprétation des Ecritures), à la langue chaldéenne, qui devient la längue juive, et au Sanhédrin, conseil souverain de gouvernement sous la présidence du grand-prêtre, ne demandent pas d'explications spéciales (leçon 66° de l’é: lève, in fine).
Disons cependant, quant aux
Synagogues :
Qu'elles se multiplièrent surtout après le retour de Babylone. On en comptait plus de 300 à Jérusalem. Chaque secte avait ses synagogues : Pharisiens, Saducéens, Esséniens, Hérodiens. Ces synagogues ont compté de temps en temps, dans la suite des siècles, des rabbins, c’est-à-dire des docteurs, des interprètes célèbres, entre autres : Sammaï et Hillel, peu avant la naissance de Notre-Seigneur Jésus- Christ. Voir Ecoles dans le ‘‘Dictionnaire de la Bible’’ de Migne.
Questions sur l’interfnédiaire de la leçon 66° (reconstruction des murs de Jérusalem. — Malschie. — Esdras. — Les synagogues. — Langue nouvelle, —
Le Sanhédrin).
Combien de grands prêtres au temps des Mèdes et des Perses ?
Que savez.vous de Néhémias ?
Quel est celui qui prophétise au temps de Néhémias ?
Quelle est la prophétie de Malachie relative au sacrifice de la messe qui s'offre en tout lieu ?
Quelle est la prophétie relative au Messie ? |
Que savez-vous d’Esdras? Combien fit-il de séjours à Jérusalem? Donnez quelques détails sur son deuxième départ de Babylone, sur son contingent de rapatriés et sur son arrivée à Jérusalem ?
Qui revise et compile, en la 8° époque, les livres hébreux de l’ancien Testament ? =
(67) — 8° ÉPOQUE : LES H. SOUS LES M. ET Les p.
Quel est le grand moyen Ve la vitalité religieuse de la 8° époque ? (synagogues).
Qui élève un temple, à Garizim, de Samarie ?
Quelle est la langue vulgaire des Hébreux après la captivité ? (L'araméen au chaldéen).
Comment se gouvernèrent les Hébreux après Zorobabel ?
Fin du grand ministère propliétique.
Prophètes et prophétesses.
AU MAITRE ET A LA MAITRESSE
Donnez cette matière en leçon d'abord. L'explication, les remarques et les additions viendront ensuite.
Profitez de cette leçon pour repasser la leçon 1": livres hiatoriques ; livres moraux; livres prophétiques.
Passez à l'élève une Bible en un volume ; faites-la-lui feuilleter qu'il en voie la suite, etc., c'est une leçon de choses. Faites-lui remarquer que les livres des prophètes sont ensemble dans l’ancien Testament.
Cette leçon vous donne aussi :'occasion de revenir sur une foule de faits.
s [ — Cours élémentaire.
Prophétiser c’est dire à l'avance ce qui va arriver dans un temps plus ou moins lointain. Le prophète annonce deux choses à Jéroboam idolâtre ; l'une se produit tout de suite: c’est l'autel qui se brise: l’autre se produira 300 ans plus tard, lorsque Josias immolera sur cet autel les prètres des idoles,
Il est dit dans la Bible, qu'il y avait à Béthel, et-ailleurs, des écoles de prophètes. Ces écoles étaient des espèces de Petits séminaires si on le veut,, ceux qui fréquentaient :ces écoles se livraient à l'étude de la loi, au chant des cantiques, etc.
La vocation de prophète était indépendante de ces écoles.
Mission des prophètes.
Les prophètes sont des ministres de Dieu dont le fonction | est d’avertir, d'encourager, de consoler, de prêcher et d’annoncer le Messie.
Hénoch (leçon 17°) avertit ses contemporains que l’humanité sera châtiée, si elle ne se convertit pas. Les hommes ne s'étant pas convertis furent noyés dans les eaux du déluge.
Les exilés de Babylone sont dans une peine extrême. Dieu Jeur envoie Baruch, Daniel, Ezéchiel pour les consoler.
Zdrobabel et Josué sont en face de grandes difficultés
pour la reconstruction du temple de Jérusalem. Deux prophètes, Aggée et Zucharie, leur sont envoyés pour les encourager.
: La prédication . prophètes nu se résumer à ceci : ... d'idolâtrie ; accomplissez fidèlement la loi de Moïse: vous avez fait alliance avec Dieu, observez les conditions de l'alliance,
Nous avons dit dès la première leçon que les Messie est le centre de l’histoire du peuple de Dieu. Le catéchisme nous dit en effet (N° 94) : ‘‘Ceux qui vivaient avant l'Incarna- | tion du Fils de Dieu or:t pu se sauver id la Foi au Rédempteur à venir.”’
Ce rédempteur à venir, les prophètes eurent pour mission de le faire connaître d'avance. Ce qui entretenait la foi
= “pese
. quelques questions. Pourquoi fut-il dur à Samu
(67) — ge ÉPOQUE : LES H. SOUS LES M. ET LES P. 847
La vie de Notre-Seigneur peut être comparée à un immense tableau. Les prophètes ne donnent -pas, chacun, une vue d'ensemble de la vie du Christ, mais chacun donne un ou plusieurs coups de pinceau.
Isaïe voit la Vierge qui conçoit, qui enfante ; il voit l'enfant, il voit Emmanuel. Plus tard, Isaïe verra le Christ plongé dans l'opprobre, dans la douleur.
Michée le voit naître à Bethléem (V, 1).
Osée voit sa fuite en Egypte (XI, 1).
Zacharie voit son entrée triomphale à Jérusalem (TX, 9). Etec., etc.
Le rôle des prophètes était grand, mais il ‘était parfois bien pénible, Ainsi ce rôle fut dur pour Samuel devant Saül, dur pour Nathan devant David, pour Elie devant Achab, pôurslsaie devant Manassé, pour Jérémie devant les derniets rois de Juda. (Il y aurait ici à poser aux élèves
el de prophétiser à Saül. etc.)
II — Cours intermédiaire. -- :
Les prophètes ont été nombreux : 73 peut-être. Saint Cyrille compte aussi 13 prophétesses.
‘ Il y a quatre grands prophètes et douze petits qui ont écrit. L'œuvre des grands Prophètes est considérable. (Lire les noms d’après l'élève, leçon première).
Dieu prenait les prophètes dans n'importe quelle condi-
tion, et de n'importe quelle tribu.
Samuel était lévite.
Elisée, cultivateur.
Isaie, de famille distinguée.
Amos, berger.
Jérémie et Ezéchiel, prêtres.
Comment Dieu communiquait-il avec les prophètes,
Dieu communiquait avec les prophètes, de trois manières (résumé de Crampon) :
1° Par le songe, au cours du sommeil, c’est le cas de Daniel.
2° Par la vision. Le prophète, éveillé, voyait extérieure. ment quelque chose, ou bien, il voyait intérieurement une image, un symbole,
Jsaïe voit Dieu sur un trône.
Amos le voit sur un mur.
Ezéchiel voit un Christ, trône de Dieu ; un champ couvert c'osements, etc.
8° Dans d’autres circonstances, Dieu parle, le prophète entend cette parole, il l'entend par sôn esprit. C'est la communication directe de Dieu avec l’homme. Cette communication est parfois accompagnée d'’extase, de ravissement, mais celui qui est dans cet état ne perd aucunement conscience de lui-même, de ce qu'il entend, de ce qu'il dit. 11 sait qu'il prophétise. 5
Le ministère prophétique se termine avec Malachie, le 12° des petits prophètes.
Et chose remarqüable, le dernier prophète proclame ia divinité de Celui qui vient, et il nous fait connaître qu'il aura un précurseur : |
‘Voici que j’envoie mon messager (saint Jean-Baptiste), il préparera le chemin devant moi, et soudain, viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez, l'ange de l'alliance que vous désirez. Voici, il vient, dit Jéhovah des armées.” (III, 1). |
(67) — g° ÉPOQUE : LES H. SOUS LES M. ET LES P, 349
Après Malachie.
Après Malachie, il Y aura 400 ans de silence extérieur dans le domaine de l'inspiration.
Ce n'est pas à dire qu'il n'y surs plus d'inspisetion, qu'it n'y aura plus de prophéties,
Il y aura encore des écrivains inspirés. De là. les livres d'Esther, de Judith, des Macchabées, de la Sagesse, de l'Écclésisstique
Il y eut aussi des prophéties de la part de Zacharie (père de Jean-Baptiste), du vieillard Siméon, de Jean-Baptiste lui-même.
Après ce silence relatif de 400 ans, l'inspiration divine se produira sans intermédiaire et sans voile, par le Fils de Dieu fait homme, par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
En attendant, les Synagogues remplacent les écoles de prophètes — et l'ère de l'interprétation de la loi commence. De là aussi, la naissance de plusieurs écoles d'interpréta.tions diverses : pharisiens, sadducéens, etc.
Questions sur l'intermédiaire de la leçon 67° (Fin du grand ministère prophétique) :
Quels sont les quatre grands prophètes et les douze petits prophètes dont nous avons les écrits dans l’ancien Testament ?
Combien de prophètes et combien de prophétesses d'après saint Epiphane ?
Donnez le nom du prophète qui termine la période du ministère prophétique. (Malachie, 400 ans avant Notre-Seigneur). L'inspiration cesse-t-elle avec le ministère prophétique ?
Quelle est la période qui commence après celle du ministère prophétique ? (La période de l'interprétation).
Contemporains des Hébreux “sous les Mèdes et les Perses.
La 8° époque comprend 204 ans ; elle s'étend de 536 à 332.
Alors que les Hébreux jouissaient d'une paix relative sous la juridiction immédiate de leurs grands prêtres, et sous la domination lointaine des Mèdes et des Perses, ceux-ci subissaient d'écrasantes défaites dans leurs attaques contre les Grecs — époque des guerres dites guerres médiques. Les Perses étaient plus heureux en Egypte et les Phéniciens mettaient leur flotte à leur disposition.
Messine appelait les Romäïins contre les Carthaginois devenus puissants., Commencement des guerres puniques.
En Chine, la dynastie-de Tsin qui donne son nom à la Chine, remplaçait celle de Tchèdu.--
A Rome, la république remplaçait la royauté ; les Gaulois et Pyrrhus étaient vaincus.
En Grèce, Athènes, seule d'abord, puis aidée de Sparte, se défendait victorieusement des attaques des Mèdes et des Perses. Après le triomphe de Sparte sur Athènes, ce fut celui dé Thèbes et d'Athènes. Philippe de Macédoine triompbait à son tour. Bouddha fondait le boouddhisme dans les Indes.
Le Grèce enfin décidait de prendre l'offensive et de porter la guerre chez les Perses. Alexandre le Grand, chargé de l'expédition, n'avait que 30,000 hommes et 5,000 cavaliers.
La 8° époque s’est ouverte pour les Hébreux, par la douce figure de Cyrus ; la 9 va s'ouvrir par Alexandre le Grand, dont l’action foudroyante se résume.en trois mots: venit, vidit, vicit : il vint, il vit, il vainquit.
(68) — &° ÉPOQUE : LES H. sOÛs LES M.ET LES P, 991 AU MAITRE ET A LA MAITRE:SF
Faites lire préalablement cette leçon, à !: ruuwen, où en classe (ce qui vous donne un moment de rep», ce qui donn aussi l'occasion de voir trois logos dans la inime semaire).
Faites vous-même, un résumé rapide et vivont ‘ous n° réussirez que si vous possédez bien te e4 qu'il v à dans la partie de l'élève.
Les élèves profitent plus de lu parole que de la letur: C'est Platon qui disait: La lecture est à la par! «° que le portrait est à la personne même (c'est préciséme uuse de cela que ln règle de foi se trouve surtout non dans la lecture mais dans une autorité vivante et parlante !).
Votre aisance sur ces extra vous donnera du prestige sur votre petit auditoire. Vous y trouverez vous-même des vues d'ensemble qui finiront par vous captiver et qui vous donne-
sont l'enthousisame qui, dans l'enseignement, frappe l'élève et lui fait aimer l'étuds
Faites observer à vos élèves que les Grecs ont dù Jeur victoire à leur forte culture physique, (lutte, courses, ete.) et à leur façon mieux ordonnée de combattre.
Récompense spéciale pour les élèves qui s'appliquent à l'étude des contemporains.
Questions sur l'intermédiaire et la partie supérieure de la leçon 68° (Contemporains des Hébreux sous les Mè. des et les Perses, de 588 à 882) :
Quel nom donne-t-on aux quatre grandes guerres qui ont lieu entre les Grecs, d’une part, et les Mèdes et les Perses, de l'autre, au temps des Hébreux sous les Mèdes ?
COURS SUPERIEUR
Qu'advient-il de l'Egypte, de Cyrus à Alexandre” |
A qui la Phénicie fournit-elle des flottes, pendant les guerres médiques ?
Parlez des succès de Carthage, de 650 à 480.
Un mot de la Chine sous la dynastie des Tchéou, après Confucius, de 551 à 248.
Quels sont les revers de la république Romaine, puis ses succès.en Italie, de 509 à 275? ,
Quelle est la part de Sparte, quelle est la part d'Athènes, dans les guerres médiques ? Quatre grands noms d’Athéniens, au temps des guerres médiques ? !
Quelle est la guerre qui commence la décadence de la Grèce de 481 à 404?
Quelles sont les deux villes qui se coalisent avec succès contre Sparte ?
Quels sont les hommes qui donnent à Thèbes ça gloire, de 378 à 862?
Quel est le grand orateur qui soulève la Grèce contre Philippe de Macédoine ? Qu'est-ce que la victoire de Chéronée apprend à la Grèce (386) ?
Ps grande décision prennent les Etats de la Grèce en
Dites les victoires d’Alexmdre le Grand sur Darius? Dernières Campagnes d’Alexandrof Sa mort?
Quelle et ]n religion qui se fonde dans les Indes au temps des Hébreux sous les Mèdes et les Perses ?
9me EPOQUE
LES HEBREUX SOUS ALEXANDRE LE GRAND : et sous LES LAGIDES ou GRECS D’EGYPTE ou PTOLEMEES
Les Hébreux sous Alexandre et sons les Lagides ou Grecs d'Egypte (dits aussi Ptolémées}.
[— Cours élémentaire.
La statue de Nabuchodonosor.
L'interprétation que Daniel avait donnée du songe de la statue de Nabuchodonosor se réalisait ponctuellement dans la suite des siècles.
La tête d’or, 2° empire de Babylone, avait été brisée par Cyrus. La poitrine et les bras d'argent vont maintenant céder sous les coups formidables des Grecs.
Alexandre et le prophète Daniel.
Alexandre, génie militaire, transcendant, subjugue l’ Asie et la livre à la culture et aux mœurs de la Grèce. Cette influence devait se faire sentir jusqu’en Afrique, par la fondation d'Alexandrie (indiquez sur la carte).
Les Mèdes et les Perses avaient sans douté de puissants
moyens de défense, mais par leurs iniquités, ils ne méritaient
ca M | Ë { \
plus de vivre. Dieu, qui dirige tout, abandonne les nations ; Perverses et les remplace. C'est Dieu qui pousse en avant certains hommes et leur donne le talent: et la force nécessaire
Pour accomplir les œuvres de sa justice. Ù
Daniel parle en ses prophéties d'un guerrier futur, qui ne peut être autre qu’Alexandre.
Gabriel dit à Daniel (dans sa vision) : ‘‘Le bélier à deux cornes, que tu as vu, ce sont les Mèdes et les Perses.
Le bouc velu, c’est le roi de Javan (ce nom de Javan désigne les Grecs), et la grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi (Alexandre le Grand).
Au chapitre XI, de Daniel, au cours des révélations à lui faites, sur les rapports d'Israël, avec diverses monarchies, l’ange lui dit : “Maintenant je vais te déclarer la vérité. Il y aura encore (après Cyrus) trois rois en Perse : (Cambyse, Darius Hystaspe et Xerxès le riche). Le quatrième possédera de plus grandes richesses que tous les autres, et quand il sera puissant par ses richesses, il soulèvera tout contre le royaume de Javan.”’
“Et il s’élèvera un roi vaillant, qui aura une grande puissance, et fera ce qu'il voudra.” ‘Dès qu'il se sera élevé, son royaume se brisera et sera divisé aux quatre vents du ciel, sans appartenir à ses descendants.”
Le roi vaillant c'est Alexandre. I1 aura pour successeur, non pas son fils, mais quatre chefs de son armée, autant de rois à la tête de quatre royaumes.
Jaddus et Alexandre.
Alexandre, vainqueur de Darius, vint assiéger la ville de Tyr. C’est alors qu'il envoya vers Jaddus, grand sacrifica. teur des Juifs, pour en recevoir de l'assistance. Jaddus refusa, parce que les Juifs avaient fait serment de fidélité
à Darius. Alexandre, irrité, résolut dès lors de marcher sur Jérusalem.
Alexandre, vaincu par le grand prêtre, s'empare pacifiquement de Jérusalem.
La prise de Jérusalem par Alexandre le Grand, est racontée, de façon fort intéressante, par Flavius Joseph, livre XI de son Histoire ancienne des Juifs.
d ‘Lorsque Alxandre eut pris Gaza, il s’avança vers Jérusamn. ”?
‘‘“Jaddus, qui savait quelle était sa colère contre lui, se
voyant, avec tout le peuple, dans un péril inévitable, eut recours à Dieu, ordonna des prières publiques pour implorer son assistance, et lui offrit des sacrifices. ’’ “Dieu lui apparut en songe la nuit suivante, et lui dit de faire répandre des fleurs dans la ville, de faire ouvrir toutes les portes, et d'aller, revêtu de ses habits pontificaux, avec tous les sacrificateurs aussi revêtus des leurs, et tous les autres vêtus de blanc, au-devant d'Alexandre, sans rien :-préhender de ce prince, parce qu'il les protégerait. ’”
‘‘“Jaddus fit savoir avec grande joie à tout le peuple, la révélation qu'il avait eue; et tous se préparèrent à attendre ‘en cet état la venue du roi.”
/ ‘Lorsqu'on sut qu'il était proche, le grand sacrificateur,
r à accompagné des autres sacrificateurs et de tout le peuple,
alla au-devant de lui dans cette grande pompe, si sainte et si
” différente des autres nations, jusqu’au lieu nommé Sophe, qui
signifie en grec Guérite, parce que l'on peut, de là, voir la ville de Jérusalem et le Temple.’ .
“Les Phéniciens et les Chaldéens, qui étaient dans l’armée d'Alexandre, ne doutaient point que, dans la colère où il était contre les Juifs, il ne leur permît de saccager Jérusalem, et qu'il ne fit une punition exemplaire du grand sacrificateur. ’’
“Mais il arrive tout le contraire; car ce prince n'eut pas plus tôt aperçu cette grande multitude d'hommes vêtus de blanc, cette troupe de sacrificateurs vêtus de lin, et le grand sacrificateur avec son éphod de couleur d'azur enrichi d’or et sa tiare sur la tête, avec une lame d'or sur laquelle le nom
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de Dieu étaft’écrit, qu'il s'approcha seul de lui, adora ce nom si auguste, et salua le grand sacrificateur que nul autre n'avait enêvre ‘salué. ”’
#Alors les Juifs s'assemblèrent autour d'Alexandre, et élevèrent leur voix pour lui souhaiter toute sorte de prospérités. Mais, au contraire, les rois de Syrie et les autres grands qui l'accompagnaient, furent surpris d'un tel étonnement, qu'ils croyaient qu'il avait perdu l'esprit, Parménion même, qui était en grande faveur auprès de lui, lui demanda d'où venait donc que lui, qui était adoré de tout le monde, adorait le grand sacrificateur des Juifs.”
‘Ce n'est pas, lui répondit Alexandre, le grand sacrificateur que j'adore; mais c'est le Dieu de qui il est le ministre ; car lorsque j'étais encore en Macédoine et que je délibérais par quel moyen je pourrais conquérir l'Asie, il m'apparut <n songe en ce même habit, m'exhorta à ne rien craindre, me dit de passer hardiment le détroit de l’Hellespont, et m'assura qu'il serait à la tête de mon armée, et me ferait conquérir l'empire des Perses. C'est Pourquoi n'ayant jamais Auparavant vu personne revêtu d’un habit semblable à celui qui m'apparut dans ce songe, je ne puis douter que ce ne soit par la conduite de Dieu que j'ai entrepris cette guerre; et qu'ainsi, je vaincrai Darius, détruirai l'empire des Perses, et que toutes choses me réussiront selon mes souhaits.
‘‘Alexandre, après avoir ainsi répondu à Paménion, embrassa le grand sacrificateur et les autres sacrificateurs, marcha ensuite au milieu d'eux, arriva en cet état à Jérusalem, monta au Temple, et offrit des sacrifices à Dieu, en la manière que le grand sacrificateur lui dit qu'il le devait faire.’
“Ce souverain pontife lui fit voir ensuite le livre de Daniel, dans lequel il était éerit qu'un prince grec détruirait l'empire des Perses, et lui dit qu'il ne doutait point que ce ne fût de lui que cette prophétie se devait entendre. Alexandre en témoigna beaucoup de joie, fit, le lendemain, assembler tout le peuple, et lui commande de lui dire quelles grâces il désirait recevoir de lui. Le grand sacrificateur lui répondit qu'il le suppliait de leur permettre de vivre selon les lois de leurs pères, et de les exempter en la septième année du tribut, qu'il lui paieraient durant les autres. F le lui accorda. Et sur ce que le grand prêtre pria Alexandre aussi que Îles Juifs, qui
étaient dans Babylone et dans la Médie, pussent vivre de même selon leurs lois, Alexandre le promit avec beaucoup de bonté, et dit que, si quelques-uns voulaient le servir Gans 8es armées, il leur permettait d'y vivre selon leur religion, et d'y observer toutes leurs coutumes : sur quoi plusieurs s’enrôlèrent.””
‘Ce grand prince, après avoir agi de la sorte dans Jérusalem, marcha vers les villes voisines, et elles lui ouvrirent leurs portes.”
‘Les Samaritains, dont Sichem assise sur la montagne de Garizim était alors la capitale, et habitée par les Juifs déserteurs de leur nation, voyant que ce conquérant avait traité si favorablement ceux de Jérusalem, résolurent de dire qu'ils étaient Juifs; car, comme nous l'avons ci-haut remarqué, ils nous renoncent pour compatriotes, quand nos affaires sont en mauvais état, et parlent alors selon la vérité: mais quand la fortune nous est favorabie, ils tâchent de faire croire que nous tirons notre origine d’un même sang, comme étant, à ce qu'ils disent, descendus de Joseph, par Manassé et Ephraim, ses enfants. Ainsi, lorsque Alexandre était à peine sorti de Jérusalem, ils allèrent, accompagnés des gens de guerre que Sanabaleth leur avait envoyés, au-devant de ce prince, en grand appareil, avec des témoignages d’une grande joie, pour le prier de vouloir venir dans leur ville, et d’honorer leur temple de sa présence. 11 leur promit d'y aller à son retour: et sur ce qu'ils le supplièrent de leur remettre la septième année des tribus, parce qu'ils ne semaient point alors la terre, il leur demanda de quelle nation ils étaient. Ils répondirent qu'ils étaient Hébreux; mais que les Sidoniens les nommaient Sichémites. Il leur demanda ensuite s'ils étaient Juifs. Ils ‘répondirent que non; et alors il leur dit: ‘‘Je n'ai accordé cette faveur qu'aux seuls Juifs; mais je m'informerai de cette affaire à mon retour; et quand j'en aurai été particulièrement instruit, je ferai ce que je verrai être juste.” Après leur avoir ainsi rarlé, il les renvoya; mais ils commande aux troupes de Sanabaleth de le suivre en Egypte, où il leur donnerait des terres ; ce qu’il exécuta bientôt après, et il les établit on garnison, dans la Thébaïde.’’
‘Après la mort d'Alexandre, son empire fut divisé entre ses successeurs ; et le temple, qui avait été bâti à Garizim,
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étant demeuré en son entier, lorsque ceux des Juifs qui habitaient à Jérusalem avaient péché contre la loi, soit en mangeant des viandes défendues, ou en n’observant pas le Sabbat, ou en d'autres choses semblab 8, ils se retiraient vers leu Sichémites, disant qu'on leur avait fait tort ).”’
Onias succède à Jaddus, son père, et la prédiction de
Daniel sur la division de l'empire d'Alexandre, se réalise (cours intermédisire) .
1 — Cours intermédiaire.
L uif8 sous les Grecs d'Egypte.
L'empire d'Ai. andre, selon la prophétie faite à Daniel,
se divise entre quatre généraux d'Alexandre: de là les royaumes d'Egy: de Syrie, d’Asie-Mineure et de Macédoine. /
La Palesiine, objet des « /
voitises des rois d'Egypte et des rois de Syrie, tomba d initivement dans les mains de Ptolémée I°", Lagus Soter, roi d'Egypte.
Ptolémée, profitant du ‘scrupule des Juifs de l'époque, attaqua Jérusalem, un samedi : il y entra sans résistance, les Juifs n'ayant os€ combattre, par respect pour le sabbat.
Alexandrie, — Version des Septante.
Les 100,000 Juifs, qui furent alors transportés en Egypte, y restèrent volontiers. Ils s'établirent à Alexandrie. Les. Juifs, qui ont de l'aptitude pour le commerce, trouvaient dans la position d'Alexandrie une ville idéale à cet effet. D'autres Juifs les y rejoignirent. Ces Juifs, avec le temps, s’identifièrent si bien avec les Grecs, qu'ils perdirent l'usage
de la langue hébraïque, ce qui fut l’occasion d’une traduction de la Bible hébraïque en langue grecque ; c'est précisément cette traduction qu'on appelle celle des Septante, cæ qui veut dire ‘‘la traduction des soixante et dix.’’
(69) — 9° ÉPOQUE LES n. sous Les c. D'ÉGYPTE ‘359
Quelle que soit la légende à ce sujet, le Pentateuque fut traduit en grec à Alexandrie, sous Ptolémée II Philadel- Phe. La traduction des autres livres se fit plus tard. La traduction grecque de la Bible commencée dans la première partie du 3° siècle, était terminée à la fin du 2° siècle avant Notre-Seigneur.
L'Hellénisme.
Alexandre avait rêvé un empire universel fondé sur In langue, sur les mœurs et sur la littérature grecques. Pour arriver à son but, le héros grec fondait partout des colonies grecques et traitait les peuples avec douceur.
La civilisation grecque, toute matérielle, conduisait naturellement au sensualisme, Cette civilisation eut une grande influence en Asie et en Afrique. Alexandrie entre autre était devenue ville absolument épicurienne (voluptueuse) .
L'’hellénisme, c’est donc la ciyilisation grecque à couleur orientale. Cette civilisation comptait beaucoup de partisans chez les Juifs, et fut la cause de bien des luttes et de beaucoup de désordres.
L'an 150 avant Jésus-Christ, sous Ptolémée VI Philométor, un temple païen de Léontopolis fut converti en temple Juif. :
Les Scribes.
La perte de l'autonomie politique, suivie plus tard de l'invasion de l’hellénisme. devait engendrer le développement de la vie religiense chez les vrais Juifs. De là l'apparition des interprètes de la loi. Ces scribes se faisaient appeler Maîtres, Rabbi. Leurs interprétations de la Bible dégénérèrent avec le temps en observations minutieuses, souvent ridicules.
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L'influence grandissante de ces théologiens laïques diminua l'influence de la classe sacerdotale, Cette classe, Pour reconquérir son influence, se livra non
alités scandaleuses et antipatriotiques.
Les grands prêtres de l'époque s’appelaient aussi grands sacrificateurs,
Condition des Juifs sous les Grecs d'Egypte.
Les Juifs, sous les Grecs d'Egypte, vécurent de leurs propres lois et traditions, sauf les hellénistes, qui travail. laient à l’abandon des coutumes nationales, Ces mêmes hellénistes, comme nos modernites, recouraient à l’allégorie pour l'interprétation de la loi.
Tous les Juifs restaient en union avec Jérusalem, unité qui présageait l'unité à venir de l'Eglise du Christ. Les Juifs des pays étrangers payaient également pour l’entretien du temple de Jérusalem.
Un incident inattendu devait terminer d’une façon fâcheuse l’histoire des Juifs d'Alexandrie,
Ptolémée Philopator, étant venu en visite à Jérusalem, pensa que selon l'usage égyptien, il avait tous les droits du sacerdoce. Il voulut en conséquence entrer dans le Saint des Saints. Ce lieu était réservé au grand prêtre, et une seule fois l’année. Forcé surnaturellement de n'y pas entrer, Philopator se retira plein de colère, résolu de se venger sur les Juifs d'Egypte. Il lança contre eux un décret qui les forçait de sacrifier aux idoles. Les Juifs qui résistèrent furent enfermés dans un hippodrome, où ils devaient être écrasés par des éléphants. Les Juifs crient vers Dieu. On attendait l'ordre de l'exécution. Un premier jour passe, sans un mot de Philopator : un sommeil
(69) — 9 ÉPOQUE LES H, SOUS LES G. D'ÉGYPTE 361 singulier l'avait tenu tout le jour, Le lendemain, le roi frappé de terreur par lu vue de deux anges, renonce à son dessein, et à la persécution. Ce récit ne fait pas partie de la Bible; on le trouve au 4° livre des Machabées, livre qui n'est pas en usage dans l'Eglise latine.
Cette période de l’histoire du peuple de Dieu qui s'étend de l'an 332 à l'an 198 avant Notre-Seigneur, compte 134 ans.
Après la mort de Philopator, la Palestine passe aux mains des Séleucides, dans la personne d'Antiochus le Ctrand.
La Sagesse.
Avant de passer à la 10° époque de l'histoire du peuple de Dieu, disons un mot du livre de la Sagesse, livre inspiré, qui fait partie des Ecritures. Il a été écrit en Grec, et selon toute apparence, à Alexandrie, par un Juif pieux, versé dans la littérature grecque, pour arracher ses contemporains à la séduction de l’hellénisme. L'existence des trois personnes divines en un seul Dieu s'annonce dans la Sagesse.
L'Ecclésisastique.
L'Ecclésisastique, c'est-à-dire ‘‘le livre d'église par excellence,"” vient äprès la Sagesse, dans la Vulgate. Il a été composé en hébreu au 2° siècle avant Notre-Seigneur Jésus- Christ, par un Juif pieux et instruit, du nom de Jésus, fils de Sirach, de Jérusalem. Alban de Villeneuve-Bargemont, cité par Dom Cslmet, 3° leçon de son cours sur l'histoire de l’économie politique, dit avec raison de l'Ecclésiastique : ‘Livre admirable qui sans doute a donné la pensée et le modèle de l'?mitation de Jésus-Christ, qui, 4, avec lui, tant d'analogie par la forme et surtout par l'onction si douce et si tendre, célèbre la sagesse, la charité et le mépris des richesses.”
Questions sur l'intermédiaire de la leçon 69° (les Hébreux sous Alexandre le Grand et sous les Grecs d'Egypte, dits Lagides ou Ptolémées).
En quelle année meurt Alexandre ? Comment se divise l'empire d'Alexandre? Entre quelles mains tombent l'Egypte, la Palestine et la Syrie ?
Quels sont en particulier les maîtres des Hébreux durant les 184 ans de la 9° époque ? ME
Quelle est la ville d'Egypte qui devient une seconde Jérusalem ?
Pourquoi la Bible hébraïque est-elle traduite en grec au temps des Hébreux sous les Grecs d'Egypte ? (Traduction dite des Septante) ?
Qu'entendez-vous par les Hellénistes ?
. Qu'entendez-vous par les Scribes ?
La composition du livre de la Sagesse date de quel siècle ? Quelle fut la condition des Juifs sous les Grecs d'Egypte ?
10me EPOQUE
LES HEBREUX SOUS LES GRECS de SYRIE ou SELEUCIDES
De 198 à 142 avant Jésus-Christ. — Durée : 56 ans.
Les Hébreux perséeutés sous Antiochus Epiphane.
I — Cours élémentaire.
(Héliodore — Elzéar — Les sept frères Machabées.)
AU MAITRE ET À LA MAITRESSE
Après la mort de Ptolémée IV, Philopator, d'Egypte, Antiochus le Grand, roi de Syrie, s'empars de la Palestine. (Antiochus, flatté d'être reçu avec faveur par les Juifs, leur accorda plusieurs privilèges).
Cléopâtre, fille d'Antiochus le Grand, de Syrie, étant devenue l'épouse de Ptolémée V, Epiphane, (fils de Ptolémée IV Philopator ), roi d'Egypte, reçut la Palestine en dot. On ne voit cependant pas que la Palestine ait été cédée, car Séleucus IV, fils d’Antiochus le Grand, en reste maître.
Héliodore.
Séleucus IV, (187-175), successeur d’Antiochus le Grand, ne marcha pas sur ses traces à l'égard des Juifs.
Il-voulut s'emparer du trésor du temple de Jérusalem.
Héliodore, son ministre, fut chargé de cette mission.
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Héliodore se mit en route sous le prétexte d'inspecter certaines villes.
‘Arrivé à Jérusalem — ? livre des Machabées, chap. III, 9 — Héliodore fut reçu amicalement par le grand prêtre."
Il exposa le but de su visite.
Le grand prêtre lui dit qu'il y avait dans le temple 400 talents d'argent ($400,000 s'il s'agit de talents syriens) et 200 talents d'or ($2,000,000) trésor inviolable.
“‘Héliodore, s'appuyant sur l'ordre qu'il avait reçu, soutenait absolument que cet argent devait être porté dans le tré. sor royal. '’
‘Ayant donc fixé un jour, il allait entrer pour inspecter ces richeses, ce qui causa dans la ville entière une grande perturbation. Les prêtres se prosternèrent devant l'autel, revêtus de leurs habits sacerdotaux, et se tournant vers le ciel, ils priaient Celui qui avait fait la loi sur les dépôts de conserver ces biens intacts à ceux qui les avaient déposés. En voyant le visage du grand prêtre, on se sentait blessé jusqu’au plus intime de l'âme ; car sa figure et l’altération de son teint attestaient la vivacité de sa douleur, La consternation peinte dans toute sa personne, et le frisson de son corps révélaient à tous les regards l’affliction de son cœur. Les habitants se précipitaient par troupes hors de leurs maisons, ct priaient tous ensemble, pour détourner du saint lieu l'opprobre dont il était menacé. Les femmes, la poitrine couverte de sac, remplissaient les rues: celles des jeunes filles qui étaient renfermées, cournient les unes aux portes, les autres vers les murailles : quelques-uns regar à daient par les fenêtres : toutes les mains étendues vers le’ ciel, faisaient entendre des suppli-ations. T'abattement de b cette foule confuse et l'attente pleine d'angoisse du grand. * prêtre excitaient la pitié. Pendant que les Juifs supplinient le Tout-Puissant de garder intacts, en toute sureté, les dé.
pôts à ceux qui les avaient confiés, Héliodore exécutait son dessein.”
“Déjà il était là avec ses satellites près du trésor, lorsque le Seigneur des esprits, le Dominateur de toute puissance, fit une grande manifestation, de sorte que tous ceux qui avaient osé venir là, atteints par la force de Dieu, furent frappés d'impuissance et d'épouvante. A leurs yeux apparut un cheval monté par un cavalier terrible, et richement caparaçonné ; s'élançant avec impétuosité, il agita sur Héliodore ses pieds de devant ; le cavalier paraissait avoir une armure d'or, En même temps, lui apparurent deux autres jeunes hommes, pleins de force, brillants d'un vif éclat, et vêtus d'habits magnifiques ; s'étant placés, l'un d’un côté, l’autre de l'autre, ils le flagellaient sans relâche, lui portant unc multitude de coups. Héliodore tomba subitement par terre, environné de profondes ténèbres ; on le ramassa pour le mettre dans une litière ; et cet homme qui venait d'entrer dans la chambre du susdit trésor avec une suite nombreuse de coureurs et de satellites armés, on l’emporta incapable de s’aider lui-même et ayant visiblement éprouvé la puissance de Dieu. Pendant qu'il était là, sous le coup de la force divine, étendu muet, privé de toute espérance et de tout secours, les Juifs bénissaient le Seigneur qui avait glorifié son saint lieu, et le temple qui était un instant auparavant plein d’épouvante et de trouble, fut, grâce à la manifestation du Seigneur tout-puissant, rempli de joie et d'allégresse.”’
‘Aussitôt quelques-uns des compagnons d'Héliodore demandèrent à Onias de prier le Très-Haut et d'accorder la vie à celui qui gisait n'ayant plus qu'un souffle. Et le grand prêtre, dans la crainte que le roi ne s’imaginât qu'un aticntat avait été commis par les Juifs contre Héliodore, offrit pour la vie de cet homme un sacrifice d’expiation. Pendant que le grand prêtre offrait le sacrifice expiatoire,
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les mêmes jeunes hommes apparurent à Héliodorc revêtus
Pour toi, ainsi châtié par lui, annonce à tous la grande puissance de Dieu.’’ Ayant dit ces mots, ils disparurent. Héliodore offrit au Seigneur un sacrifice et fit de grands vœux à celui qui lui avait accordé ja vie ; puis ayant assuré Oniss de son amitié, il retourna avec ses troupes vers le roi. Et il rendait témoignage à tous des œuvres du grand Dieu qu'il avait vues de ses yeux. Le roi ayant demandé à Héliodore quel homme lui Paraissait propre à être envoyé de nouveau, à Jérusalem, celui-ci lui répondit: ‘Si tu as
desseins, il les ffappe et les fait périr.'’
‘C'est ainsi que se passèrent les choses concernant Héliodore et la conservation du trésor sacré."
IT — Cours intermédiaire.
L'histoire des Hébreux, depuis la tentative d'Héliodore jusqu'au soulèvement machabéen, offre un spectacle lamentable.
L'hellénisme fait invasion en Judée : il finit par y régner en maître. C'était dono le triomphe des idées païennes, le triomphe de l'immoralité, même chez quelques grands prêtres.
Onias fut un pieux et vénérable pontif : ses prières avaient protégé le trésor du temple et vaincu l'audace d'Héliodore.
Faussement accusé, il se rendit auprès du roi de Syrie, pour se disculper. Il ne devait pas revenir.
Jason, son frère, qui ne lui ressemblait en rien, profita de son absence pour acheter du roi de Syrie le souverain pontificat.
Les Séleucides, rançonnés par les Romains, avaient grand besoin d'argent.
Jason, grand prêtre, s'appliqua à faire triompher le paganisme. Il fit construire un gymnase où s'étalaient toutes les impudeurs. 11 dépouilla les Juifs de leurs privilèges dans l'exercice du culte. Les prêtres, entraînés dans ce mouvement, laissaient l'autel pour le jeu; le grand prêtre contribuait aux sacrifices que l'on offrait à Hercule, on portait une main sacrilège sur le bien du temple et le peuple était opprimé.
Menelas, renchérissant sur Jason, le supplanta comme grand prêtre, en promettant 500 talents au roi de Syrie.
11 y eut alors à Jérusalem dans le firmament des signes extraordinaires : des cavaliers costumés et armés de lances couraient dans les airs; des esçadrons de chevaux paraissaient rangés en bataille, Des météores sans doute prepaient ces aspects fantastiques. Cela dura 40° jours. Ja population vit en ce spectacle un avertissement du ciel (2° des Mac., V).
‘ Antiochus Epiphane.
Sur ces entrefaites, le bruit de la mort d’Antiochus se répand. Les Juifs s'en réjouissent. Jason profite de l’occasion pour ressaisir la souveraine sacrificature, Ménélas est repoussé dans la forteresse.
Or Antiochus n'était pas mort ! irrité de la joie des Juifs et de l’audace de Jason, il se rend à Jérusalem avec ses soldats, fait masacrer 80,000 personnes, et en fait vendre
40,000 autres comme esclaves. 11 profane les vases sacrés et emporte, du temple, 1,800 talents.
L'apostat Ménélaus restait maître de la situation.
Deux ans plus tard (168), Antiochn1s, humilié par les Rotaains en Egypte, a besoin d'une victime ; il envoie Apollon:as à Jérusalem. Ce misérable profite du scrupule des Juifs, à se défendre le jour du sabbat, Pour en massacrer une multitude,
Peu après, Antiochus abandonne son plan d'extermination, pour s'appliquer simplement à la conversion des d'uifs au paganisme,
Le temple de Jérusalem est alors dédié à Jupiter Olympien, celui de Garizim à Jupiter Hospitalier.
‘Le temple de Jérusalem était rempli d'orgies et de débauches par des Gentils dissolus.”' (2 des Macch., VI, 4). L'autel était couvert de victinies défendues. Les fêtes tra. ditionnelles étaient remplacées par des fêtes en l'honneur de
Bacchus. On ne pouvait Plus circonciré les enfants. Surpris à célébrer le sabbat, plusieurs furent brûlés.
Eléazar et les sept frères Machabées.
Cette persécution fit de
Le martyre d'Eléasar et des Machabées devait animer de plus en plus le courage des Juifs fidèles, La persécution, du reste, réveille les endormis et pousse en avant ceux qui veillent.
Mathathins et ses fils, vrais enfants d'Israël reçurent de
Dieu ls mission de relever et la patrie, et le culte. Ils furent fidèles à cette mission.
Questions sur l'intermédiaire de la leçon 70° (les Hébreux persécutés sous les Grecs de Syrie) :
Dites les malheurs de Jérusalem, de son temple, du peuple Juif, sous Antiochus Epiphane ?
Dites le martyre d'Eléazar, des sept frères Machabées et de leur mère ?
Quelle fut la conséquence de la persécution soulevée par Antiochus ?
Lutte et triomphe des Ma chabées.
De 166 à 142. — Durée de la lutte, 24 ans.
I — Cours élémentaire.
Le héros qui s'élèva le premier contre la tyrannie d'Anthiocus (4°) Epiphane, fut Mathathias.
Mathathias, de famille sacerdotale, descendait d'Asamon, d'où le nom d’Asmonéens donné à ses descendants.
En ces jours-là, Mathathias, voyant les maux dont Amtiochus Epiphane accablait ses compatriotes, s'écria : ‘‘Hélas, pourquoi suis-je né pour voir la ruine de mon peuple et la ruine de la ville sainte !’’
Mathathias se réfugia sur la montagne de Modin, en com. pagnie de ses cinq fils: Jean, Simon, Judas, Eléazar et Jonathas, tous personnages très intéressants.
Surviennent à Modin des officiers d’Antiochus qui demandent à Mathathias de sacrifier selon l’ordre du rni.
Mathathias refuse : ‘‘Moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l'alliance de nos pères.’ Sur ce, il tue un Juif
Mathathias en Conçut un grand chagrin ; et il fut décidé, qu'à l'avenir, on se défendrait le jour du sabbat. On avait parfaitement raison.
Se trouvant bientôt à la tête d'une petite armée, Matha-
thias châtia les » Parcourut le‘pays, détruisit les autels, et s'éleva heureusement contre la Puissance des rois.
Sentant sa fin prochaine, le courageux vieillard exhorta chaleureusement ses fils à poursuivre son œuvre: ‘‘Main. tenant donc, 6 mes fils, leur dit-il, déployez votre zèle pour la loi, et donnez vos vies pour l'alliance de nos pères. Souvenez-vous des œuvres q
Suerre contre les peuples.’
IT — Cours intermédiaire.
AU MAITRE ET A LA MAITRESSE
Liste des Séleucides
(Rois Grecs de Syrie).
Séleucus 1° Nicator … .. .. 828-981 Antiochus 1° Soter se... .. 281 - 262
(71) — 10° ÉPOQUE Les H. sous LES G. DE SYRIE 971
Antiochus 4° Epiphane .. .. ..
Antiochus 5° Euphator .. .. ..
Démétrius 1° Soter .. .. .. .. 161. 149
Alexandre , 149 - 144
65 ans avant Notre-Seigneur Jésus-Christ, Pompée fait de la Syrie une province romaine.
C'est après le règne d’Antiochus le Grand que les Hébreux, pour deur malheur, passent sous la domination des Grecs de Syrie.
Séleucus 4° Philopator, envoie Héliodore s'emparer du trésor du temple. La perfidie de Simon en fut l'occasion. Si. ton, de service au temple, voulait se venger du grand prêtre Onias III, à la suite de la perte d'un procès.
Antiochus 4° Epiphane, est le persécuteur des Machabées.
Adversaires de Judas Machabée. — Ses crploits. sa mort.
Judas Machabée devait réaliser les espérances de Mathathias. Il eut de nombreux et puissants adversaires. Mais, à son courage, à sa piété et à la confiance qu'il mettait en Dieu, il réalisa des prodiges, remporta victoires sur victoires.
Apollonius, gouverneur de Samarie, et Saron, général syrien, furent les deux premiers à se mesurer avec Judas.
Apollonius avait une armée nombreuse ; elle fut défaite, Apollonius fut tué et son épée devint celle de Judas.
L'armée de Saron était plus forte que celle d’Apollonius. À sa vue, les hommes de Judas s'écrièrent : ‘Comment Pourrons-nous, si peu nombreux, combattre une si puissante multitude ?’" ‘‘Pour le Dieu du ciel, répondit Judas,
il n'y a point de différence à sauver par un grand nombre OU Par un petit nombre, car la victoire, à la guerre, n'est pas dans la multitude des combattants ; c'est du ciel que vient la force.‘ |
Saron, de fait, fut battu.
“Alors commença à se répandre la crainte de Judas et de ses frères, ct la terreur parmi les nations d'alentour."
Antiochüs Kpiphane, furieux de ses défaites, leva une puissante armée dans le dessein d'exterminer les Juifs. L'argent faisait défaut, Antiochus partit pour la Perse afin d'y lever les tributs, 11 confia les affaires du royaume à son parent Lysias,
Ptolémée, Nicanor et Gorgias, habiles capitaines, avaient à leur disposition 40,000 hommes de pied et 7,000 cavaliers. La victoire leur paraissgit certaine. Beaucoup de marchands arrivaient déjà au C8mp pour acheter les Juifs qui devaient être vendus comme esclaves.
Judas n'avait que 3,000 hommes, mais ces hommes jeûnè rent et prièrent. La veille de la bâtaille, aux environs d'Em. maüs, Judas dit à ses soldats : ‘Soyez des braves, tenezvous prêts pour demain matin à combattre contre ces nations assemblées pour nous perdre, nous et notre sanctuaire. Car mieux vaut pour nous mourir, les armes à la main, que de voir les maux de notre peuple et notre sanctuaire fané. Quelle que soit la volonté du ciel, qu'elle s’accomplisse !"°
La volonté du ciel fut que Judas resta vainqueur! Le butin fut considérable. Les soldats victorieux, chantaient au retour: ‘Il est bon (le Seigneur), êar sa miséricorde subsiste à jamais.” |
L'année suivante Lysias revenait à la charge avec 60,000 fantassins et 5,000 cavaliers,
“O Libérateur d'Israël s'écria Judas :
‘‘Enfermez cette
(71) — 10° évoque Les n. SOUS LES G. DE SYRIE 379
armée dans les mains de votre peuple d'Israël." Lysias, vaincu, perdit 5,000 hommes, et s'en fut à Antioche.
C'est après ces quatre victoires que Judas et ses frères dirent: ‘Voilà nos ennemis défaits ; montons maintenant purifier le temple et le renouveler." 11 y avait beaucoup à faire, car le temple était dan, l'état lamentable d'une maison abandonnée. Tout fut restauré, et le sacrifice fut offert sur un nouvel autel des holocaustes. La joie du peuple fut extrême.
Dans le même temps, Judas fit élever des murailles autour du mont Morin (mamelon du mont Sion) pour protéger le temple. ù
La restauration du sanctuaire par Judas excita la colère des nations d'alentour : Iduméens, Ammonites et celle des étrangers qui s'étaient établis en Galilée et en Galaad. Ces païiens voulaient exterminer les Juifs qui habitaient au mi-
lieu d'eux.
Les Iduméens et les Ammonites furent écrasés après piusieurs combats.
De retcur en Judée, Judas dit à Simon: ‘‘Choisis-toi des hommes et va délivrer tes frères qui sont en Galilée ; Jonathas et moi nous irons en Galaad. Les Juifs de Galilée et de Galaad, délivrés, furent amenés en Judée, Cette campagne fut très glorieuse pour Judas.
La garde de Jérusalem, en l'absence de Judas et de Simon, avait été laissée à Joseph et à Azarias. Ils voulurent faire, eux aussi, action d'éclat ; ils attaquèrent la ville de Jamnia, mais Gorgias, sortant de la ville, leur fit perdre 2,000 hommes. C'était une punition, car Judas leur avait dit: ‘‘Gouvernez ce peuple, mais n’engagez pas de combat avec les Gentils jusqu'à notre retour.” (I, V, 19).
De nouveaux exploits de Jonathas dans le pays des Phi-
listins, et de nouvelles victoires sur Gorgias firent oublier un peu le revers subi par Joseph et par Asaries.
Après l'une des victoires remportées sur Gorgias, Judas vonstata avec chagrin que plusieurs des Juifs tués dans le combat, portaient sur eux des objets qui avaient été consacrés aux idoles Sachant qu'en cels ils avaient péché, tous prièrent le Seigneur de leur pardonner ce péché, et Judas envoya à Jérusalem, pour un sacrifice expiatoire, 2,000 drachmes, qu'il avait recueillis à cet effet. (2° des Macch., ch. XXI).
Le héros Juif avait donc confiance dans la prière vour les morts. 11 y a là un beau sujet de méditation pour les contempteurs du purgatoire.
Læ roi Antiochus Epiphane ‘était parti pour la Perse, en quête d'argent. Cette expédition ne lui fut pas favo. rable ; mis en fuite par les habitants de Persepolis (Elymais), puis instruit des défaites de ses généraux, il reve. nait impatient de faire de Jérusalem un tombeau, Mais. la mesure de ses iniqgnités était comble, 11 fut frapppé d'une plaie hideuse, le: vers lui sortaient du corps et il exhalait une pusnteur insupportable, 11 reconnut que c'était la main de Dieu qui le frappait, à cause du mal qu'il avait fait aux Juifs et il tomba dans un chagrin mortel. Ïl mourut en terre étrangère, laissant la régence du royaume à Y'hilippe (son frère de lait).
Lysias cependant voulut rester régent. Antiochus Eupator, fils d’Antiochus Epiphane, était encore jeune.
Lysiss résolu de frapper un grand coup et accompagné du jeune roi,, s'éleva de nouveau contre Judas, à la tête d'une armée de 100,000 hommes. Cet:+ armée était accompagnée d'’éléphants portant des tours remplies d'ar- : chers.
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Judas, confiant dans ln prière et dans le juûne, livre bataille, et 4,000 Syriens snccombèrent.
C'est alors qu'Eléazer (frère de Judas Machabée) sacrifia sa vie pour la patrie, Voyant un éléphant plus grand que les autres, et pensant qu'il était monté par le jeune roi, il se fit un chemin à travers l'escorte, tuant à droite, tuant à gauche, Arrivé près de l'éléphant, il ulisse sous lu bête, ct lu tue ; et meurt écrasé par elle.
Judas, forcé de reculer, se voit bientôt assiégé dans Jérusalem. L'attaque et la défense furent également opiniâtres, La famine cependant devenait menaçant: pour Jérusalem. C'est alors que Lysias, apprenant l'arrivée de Philippe, le vrai régent, fit faire ln paix avec les Juifs, et retourna avec le roi à Antioche.
Philippe fut vaincu ct tué.
Judas restait gouverneur de la Judée,
L'indigne Ménéles avait été étouffé dans une tour remplie de cendres. Lysias l'avait remplacé, comme grand prêtre, Par un autre misérable, Joakim, Juif helléniste, qui prit le nom d’Alcime, et qui fut l’auteur de bien des maux pour sa patrie.
Une révolution survint alors en Syrie, Lysias et Antiochus Eupator furent tués sur l'ordre de Démétrius Soter, fils aîné de Séleucus IV Philopator (qui prétendait avoir droit à la couronne). *
Les intrigues d'Alcime attirèrent alors de nouveaux malheurs ; il voulait se défaire de Judas et des siens. Cédant à ses instances, Démétrius Soter envoya successivement contre Judas: Nicanor (vaincu par Judas cinq ans auparavant) et Bacchide.
Après plusieurs batailles qui furent autant de défaites, Nicanor fut tué.
nn nat nent nt ttes ndapanemau
Il y eut alors un moment de paix.
‘Judas en profita pour faire alliance avec les Romains. Il aurait fait mieux sans doute .de se tenir à sa confiance en Dieu, vu les rapports spéciaux du peuple Juif avec Dieu.
Bacchide, accompagné de l’impie Alcime, revint à la charge, avec 20,000 hommes et 2,000 cavaliers.
Judas n'avait que 3,000 hommes à sa disposition ; 2,200 de ces hommes s'enfuirent à la vue de la puissante armée de Bacchide. ‘‘Judas vit que son armée s'était dérobée, et que cependant la bataille était imminente ; alors son cœur fut brisé parce que le temps lui manquait pour rassembler les siens. Cependant, il dit aux 800 qui restaient : ‘‘Allons, marchons contre nos ad”ersaires.”’ ‘‘Retournons vers nos frères, lui disait-on, nous reviendrons.” ‘‘Dieu me garde d'agir ainsi, de prendre la fuite devant eux! Si notre heure est venue, mourons bravement pour nos frères et ne laissons pas une tache à notre gloire !’’ (I, M-.2., IX).
Cette journée fut terrible pour les braves d'Israël, ils combattirent, du matin au soir, un contre vingt. Judas, accablé par le nombre, fut tué après avoir enfoncé l'aile droite de Bacchide, c'était quand même la défaite. Bacchide et Alcime restaient maîtres de la situation.
“Tout Israël pleura Judas et fit entendre sur lui de grandes lamentations ; on mena le deuil pendant plusieurs jours et l’on disait : ‘‘Comment est-il tombé le héros, celui qui sauvait Israël !’’
Jonathas.
Après la mort de Judas, les Hellénistes relèvent la tête, le parti des Machabées, persécuté, choisit pour chef Jonathas, qui s'enfuit au désert.
Jean, frère de Jonathas, est tué traîtreusement par les enfants de Jamiri; Jonathas le venge en tombant inopinément sur eux,'un jour de noce solennelle.
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Bacchide poursuit Jonathas au désert; il se jait tuer 1,000 hommes.
L'impie Alcime fait alors abattre un mur du parvis intérieur dans le temple ; sur ces entrefaites, il tombe de paralysie et meurt sans recouvrer la parole (160).
Bacchide retourne en Syrie.
La Judée a deux ans de paix.
Les ennemis de Jonathas complotent, invitent Bacchide à se saisir de lui et des siens. Jonathas averti s'éloigne.
Bacchide, trompé dans son attente, éprouve un échec: il se venge sur ceux qui l'ont fait venir,
Jonathas profite de l’occasion pour traiter avec lui, Bacchide rend ses prisonniers et se retire.
Jonathas s'établit en paix à Machmas, 158 ans avant Notre-Seigneur. Sa puissance devait se faire plus grande, de jour én jour.
Il eut à cette époque plusieurs prétendants au royaume de Syrie. La valeur connue de Jonathas attira sur lui l’attention de ces prétendants. Chacun voulait l’avoir de son côté, et lui accordait une foule de privilèges qui conduisaient insensiblement à l'indépendance. Jonathas fut tout à la fois digne et adroit en ces occurrences difficiles ; il en profita pour fortifier Jérusalem et la Judée.
Il mourut victime du traître Tryphon.
Jonathas soutenait Antiochus (fils d'Alexandre Bala) Tryphon qui voulait régner à la place d’Antiochus, attira Jonathas dans Ptolémais et s'en saisit.
Ce fut un grand deuil dans Israël.
Simon.
Simon, qui avait toujours été d’un grand secours à Jonathas, lui succéda (142 - 135) ; il s’éleva contre Tryphon
en faveur de Démétrius (Démétrius II Nicator, fils de Démétrius I Soter), fortifia Jérusalem et s'empara de Joppé.
Tryphon paraît alors à la tête d'une puissante armée ; il offre à Simon de lui rendre Jonathas, si lui, Simon, veut lui envoyer en ôtage les deux fils de Jonathas, plus 100 talents d'argent. Simon comprit que Tryphon le trompait ; pour éviter cependant un plus grand mal il envoya l'argent et les enfants. Tryphon ne rendit point Jonathas; tout au contraire, peu après il le faisait mourir et s’en retournait.
Simon honora la mémoire de Jonathas en lui faisant élever un monument superbe à Modin.
Il fortifia la Judée.
Démétrius le reconnut grand-prêtre ct chef des Juifs, exemptant la Judée de tout tribut. C'était l'indépendance ! (142).
L’Acra, forteresse syrienne de Jérusalem, fut prise. Il y avait 27 ans qu'elle faisait le tourment des Juifs.
Jean, fils de Simon, homme plein de courage, reçut alors le commandement des troupes.
Démétrius II fut pris par les Parthes.
Simon, grand-prêtre et roi, glorieux ct prospère, gouverna avec sagesse et prudence.
Il reçut de Rome et de Sparte des lettres de félicitations.
Qu'stions sur l'intermédiaire de la leçon 71° (Lutte et triomphe des Machabées) :
Quels sont les principaux adversaires des Machabées ?
Racontez les exploits et la mort de Judas Machabée ?
Que savez-vous de Jonathas, frère de Judas Machabée ?
Comment la Judée arrive-t-elle à l'indépendance, sous Simon ? .
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