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CHAPITRE IV

Critique des résultats

Connaissant les moyens de recherches employés par les bhistophysiologistes, voyons maintenant quelles sont les objections que l’on pourrait leur adresser.

Une des principales objections qui se pose de suite à la méthode des éliminations colorées, est celle de la production de troubles dans la cellule rénale, qui empécheraient de pouvoir conclure du processus d'élimination des colorants aux processus physiologiques d'élimination des matériaux de l'urine.

Il semble, comme le dit Lepine (1898): « que chaque substance y compris l’eau elle-même, possède son coefficient propre de passage et qu’en consé quence on ne puisse rigoureusement conclure de l’une à l’autre ». Mais cette objection, qui, prise au sens absolu, est indéniable, n'empêche pas de constater que le passage des matières colorantes dans les conditions expérimentales que nous venons d'étudier ne modifie en rien la cellule rénale; que son élimination se fait pour ainsi dire physiologiquement,

comme celle des matériaux urinaires. Les phénomènes observés ne sont peut-être pas identiques aux processus d'élimination de ces matériaux, mais ils doivent être très voisins. Leur connaissance sera d’une grande valeur pour pouvoir déduire du processus des uns, après critique rigoureuse et comparaison avec les différentes données des autres méthodes, aux processus d'élimination des autres.

On pourrait cependant envisager les phénomènes physiologiques de deux manières, suivant que l’on se range du coté de l'hypothèse de Ludwig, ou de celle de Bowman. | Pour Ludwig en effet, les glomérules éliminent à la fois l’eau et les autres éléments de l’urine. Dans le tube urinaire, l’urine ne subit qu’une concentration par absorption d’eau.

Bowman admet au contraire que les glomérules laissent filtrer l’eau et les sels de l’urine, tandis que les tubes contournés éliminent les matériaux de l’urine.

La plupart des auteurs ont observé dans les cellules des tubuli de nombreuses granulations colorées. Il faudra donc savoir si le colorant est absorbé ou éliminé à ce niveau. Il s’agit en un mot de déterminer le sens de la marche du colorant à travers lépithélium.

Ce problème a été résolu depuis fort longtemps par le créateur de la méthode des injections colorées, Heiïdenbain. Mais depuis de nombreux auteurs contredirent son opinion : Henschen, Pantinski, Achard

NE

et Castaigne, etc. Malheureusement ces auteurs ne se sont pas toujours mis dans des conditions

expérimentales à l’abri de toute critique, pour dé-

montrer que le glomérule participe à l'élimination

des colorants et que les cellules des tubuli présen-

tent une coloration de leur région interne, provenant

de la résorption d’une partie du colorant contenu

dans leur lumière.

Par ses expériences au contraire, Policard dans

son travail sur l'élimination du rouge neutre, dé: montre que le colorant après avoir pénétré dans les

cellules, où il s'accumule dans les grains de ségréga-

tion préexistants, s’achemine vers la bordure en

brosse, où il sera éliminé.

Turchini, dans son étude sur les processus cytologiques d'élimination du bleu de méthylène, après avoir remarqué que dans l’organisme les cellules gandulaires sont polarisées, démontre par le caractère cytologique propre, le rôle de chaque pôle de la cel: lule urinaire. Les bâtonnets ergatoplasmiques ou chondriocontes, qui président à la fonction élaboratrice de la cellule glandulaire, sont orientés dans la cellule vers le pôle absorbant. On retrouve cette disposition dans le pancréas, les glandes salivaires,etc. Lorsque la cellule fonctionne dans les deux sens les chondriocontes occupent les deux pôles de celle-ci, comme l’a fait remarquer Champy pour l'intestin. Or dans le rein les chondriocontes occupent la région opposée à la lumière du tube. Il est donc naturel d'admettre que la cellule fonctionne en puisant les

AA NN ES VERS vs à M Te q ELLE +?

produits à élaborer non dans le tube, mais dans les espaces intertubulaires. A cette preuve d'ordre logique Turchini apporte le résultat de ses expériences.

* En étudiant sur les coupes de rein de Crapauds sacrifiés à des temps variables de l’élimination du bleu de méthylène, il constate que le bleu de méthylène coloré vitalement le chondriome au cours de son passage à travers la cellule rénale, ce qui lui permet de suivre et de décrire les phases de la sécrétion urinaire. Les chondriocontes puisent dans le milieu intérieur les substances à élaborer. Leur extrémité apicale s’égrène en mitochondries. Certaines mitochondries se transforment en grains de sécrétion. Les produits élaborés à l’intérieur de ces grains deviennent solubles dans le cytoplasma sous-cuticulaire. Ils peuvent alors traverser, comme les colorants, la membrane cellulaire par dialyse.

En conséquence, les cbjections que l’on pourrait soulever au sujet de cette méthode d’étude ne paraissent approuvées, ni par le raisonnement, ni par l’analyse des faits expérimentaux. Nous pourrons tenir les faits observés comme justement valables, et accepter la manière de voir de ces auteurs, comme étant pour le moment l’expression réelle de l’histophysiologie de l’élimination des colorants par le rein.

La méthode des réactions histochimiques est sujette aussi à des critiques de même nature, La fixation des corps puriques dans les cellules rénales est elle d’une spécificité absolue ? Comme on le reproche à Anten, qui opérait sur des animaux vivants, ne pourrait-il se

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