CHAPITRE II
Anatomie microscopique et cytologie du tube urinaire
Avec Policard nous définirons les différents segments du tube urinaire par des caractères cytologiques et non par leur topographie microscopique. Car, ainsi que le fait remarquer cet auteur, si les rapports anatomiques varient dans la série des vertébrés, la même structure histologique se retrouve chez tous : c’est pourquoi il est préférable d'adopter cette division.
Au schéma classique de Schweiger-Seidel, qui reconnaît au tube urinaire, du glomérule au bassinet les diverses parties suivantes : tube contourné, branches ascendante et descendante de l’anse de Heule, segment intermédiaire et tube excréteur de Bellini ; Policard a substitué une division basée sur des caractères cytologiques. Cet auteur reconnaît quatre segments : uu segment à siriation protoplasmique et à culicule striée (bordure en brosse), un segment grêle à cellules aplaties, un segment inter-
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médiaire à striation sans cuticule, un segment dit excréteur sans siriation ni cuticule,
Le premier segment, segment à bordure en brosse, correspond chez les mammifères au tube contourné, le segment grêle à la branche descendante de Heule. Le segment intermédiaire à striation sans cuticule comprend la branche ascendante de l’anse de Heule et le segment intermédiaire de Schweiïger-Seidel ; à cause de l’abondance des bâtonnets ergastoplasmiques ; nous le nommerons « segment à bâtonnets ». Enfin le tube excréteur sans striation ni cuticule constitue le tube de Bellini,
Tous les éléments que nous venons de décrire reçoivent le sang de l'artère rénale. Les multiples ramifications terminales de cette artère se rendent au glomérule de Malpighi, où Partériole afférente se ramifie en capillaires. L’artère efférente provient de la fusion des capillaires du glomérule, dont elle sort à côté du vaisseau afférent. Après un trajet assez court, elle fournit un réseau de capillaires autour des tubes : c’est aux dépens de ce réseau que naît la veine rénale. Faisons remarquer, toutefois, qu’un certain nombre d’artérioles ne se rendent pas au glomérule; elles se résolvent directement en capillaires corticaux. ;
Le glomérule est constitué chez les mammifères par des capillaires anastomosés, formant des arcades justaposées et sinueuses, les floccules de Renaut. Le glomérule est entouré par la capsule de Bowman, à laquelle on reconnaît deux pôles opposés l’un à
A. Garcin X
l’autre : un pôle vasculaire où aboutissent les vaisseaux afférents et efférents, un pôle urinaire origine du tube urinaire. | FAP
La structure de la capsule de Bowmann n'est pas encore déterminée avec certitude. La capsule sur sa face interne, le glomérule sur sa face externe sont tapissés par une couche de cellules endothéliformes, formant une véritable séreuse ouverte dans le tube urinaire.
La glomérule aurait pour fonction de sécréter l’eau de l'urine ; certains auteurs cependant (Lamy, Mayer et Rathery) se basant sur ce que l’on n’observe aucune modification du glomérule pendant la sécrétion, lui attribuent une fonction purement motrice. Animé d’un pouls capillaire amplifié par le fait de la longueur des capillaires pelotonnés dans une petite sphère, le glomérule aurait un rôle mécanique analogue à celui des flammes vibratiles des arthropodes, qu’on trouve au fond de tubes sécréteurs analogues et qui servirait à la propulsion de l'urine.
L'opinion généralement admise attribue cependant au glomérule un rôle non de simple filtration mais de sécrétion élective (Prenant).
Au glomérule fait suite le collet presque virtuel chez les mammifères. ;
Le segment à bordure en brosse succède au collet. Il est entouré d’une membrane propre qui contüinue La capsule de Bowman. L’épithélium est formé . de cellules présentant des caractères différents, sui. vant qu'elles sont à l’état de repos ou d'activité
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fonctionnelle : cellules assez basses, à limites distinctes dans le premier cas; cellules hautes, gonflées, bombées vers la lumière du tube et à limites intercellulaires peu nettes dans le second. Le noyau est assez régulier. Le cytoplasme renferme à sa base de nombreux bâtonnets granuleux colorables par cerlains réactifs. Ces bâtonnets, après bien des controverses, sont assimilés aujourd’hui au chondriome. Benda admet que leur contraction rapproche le sommet de la base de la cellule, facilitant ainsi l’excrétion. Prenant les assimile aux formations ergastoplasmiques de tous les éléments glandulaires. ,
Le cytoplasma dansla région sous-corticulaire est creusé de vacuoles ; ces vacuoles ne sont pas colorables par l’acide osmique, l’hémalun, la safranine, etc. Peut-être sont eiles le résultat de l’accumulation de l’eau qui sera sécrétée lentement par la brosse.
Dans le cytoplasma, on rencontre, en outre, des inclusions diverses, des grains chromatoïdes, des vacuoles lipoïdes, des grains de pigment.
Les grains chromatoïdes existent chez les vertébrés à sang froid et chez les mammifères hibernant pendant le sommeil hibernal. Ces grains semblent se former lorsque le rein fonctiohne comme rein d’accumulation. [ls sont peut-être identiques aux granulations puriques que Courmont et André (1905) et Ciaccio (1907) mirent en évidence par le nitrate d'argent ammoniacal.
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Les vacuoles lipoïdes appartiennent à deux groupes : vacuoles lipoïdes réduisant l’acide osmique qui apparaît sous forme de très petits grains noirs, vacuoles lipoïdes ne réduisant pas l’acide osmique et mises en évidence par les méthodes de coloration de la myéline, notamment par la méthode de Weigert à l'hématoxyline au cuivre. Ces vacuoles assez grosses, à contours irréguliers, réalisent l'aspect de flaques à l'intérieur du cytoplasma. Nous verrons l'importance considérable que Gurwitsch altribuait à ces éléments.
Les grains de pigments font en général défaut chez les mammifères ; ils sont extrémement nombreux chez les vertébrés à sang froid.
Mais ce qui définit ce segment; c’est la bordure en brosse qui limite la lumière du tube. La bordure en brosse serait due à des cils semblables aux cils vibratiles et qui seraient agglutinés dans une substance analogue aux ciments cuticulaires (Prenant). L'appareil ciliaire est prolongé par une racine à l’intérieur du protoplasma (Nicolas).
Policard et Garnier, admettent : « Que la bordure en brosse est formée de deux substances, ou du moins de deux modalités d’une même substance, qui se distingueraient par leur différence de réfringence et de chromacité. » Les granulations basales seraient dues à la fragmentation de la pellicule plasmique.
La première théorie paraît plus conforme à la réalité. L'opinion la plus répandue sur le rôle de la bordure en brosse est qu’elle aurait un rôle d’excrétion par dialyse (Courmont et André).
= YD ——
Les intervales des tubes contournés sont surtout occupés par des capillaires sanguins. :
Le segment grêle est considéré comme purement vecteur, l’épithélium de ce segment est constitué par des cellules cubiques sans caractère secréteur ; dans les cellules, le chondriome est peu développé, la graisse paraît être abondante.
Le segment à bâtonnets comprend la branche ascendante de Heule et la pièce intermédiaire des mammifères.
L’épithélium est formé d’une assise de cellules cylindriques moins hautes que celles du segment à bordure striée, à limites intercellulaires accusées. La membrane basale est relativement épaisse dans la partie rectiligne du segment, au niveau de la pièce intermédiaire elle présente les mêmes caractères que celle du segment à bordure en brosse. La présence d’abondants bâtonnets convergeants vers la lumière du tube est caractéristique de ce segment. Ces bâtonnets montent jusqu’au sommet de la cellule, près de la membrane apicale. Ils sont trapus, se fragmentent souvent en grains vers leur extrémité interne, mais ne s’anastomosent jamais. Ils sont de nature chondriosomique. Le noyau est régulier et central, renfermant un gros nucléole et quelques amas de chromatin.
Quant aux tubes excréteurs, ils ne présentent aucune activité sécrétoire,ils sont purement vecteurs; l’épithélium à une assise de cellules, a les caractères d’un simple épithélium de revêtement.