MÉTHODE DES RÉACTIFS HISTOCHIMIQUES
D’autres recherches ont également été faites dans le but de démontrer que c’était bien au niveau des tubuli contorti et la branche large de l’anse de Heule que se faisait l’excrétion des matériaux de l'urine. De nombreux auteurs ont essayé de caractériser dans les cellules du rein leurs produits de sécrétion et se sont adressés pour cela aux corps puriques (acide urique, urates, acide hippurique, xanthine, etec:.).
Heidenhain et Neisser augmentèrent expérimentalement leur proportion dans le sang, Ils constatèrent après des injections très concentrées d’urate de soude, des dépôts d’urate sur toute la longueur du tubé urinaire, sauf au niveau du glomérule. Sauer introduit dans le sang l'acide urique dissous dans de la piperazine ou dans de la lysidine. Une heure après, il constate des corpuscules figurés très fins à la surface de l’épithélium des tubes contournés.
Afin de mieux étudier les processus d’élimination, un grand nombre d'auteurs se sont servi de procédés permettant de fixer l’acide urique à la place où il se trouvait, et de rendre par un révélateur son élimination visible. Anten faisait passer dans les vaisseaux d’un chien vivant, de l'artère à la veine rénale, une solution de chlorure d'argent ammoniacal. Dans ces conditions tout l’acide urique était réduit à l’état d’urate d’argent. En exposant Îles coupes de rein lavées à la lumière, on voit apparaître les grains noirs d’argent réduit. Cet auteur trouve les cellules des tubes contournés, celles des branches ascendantes larges de l’anse de Heule, bourrées de fines granulations ; ce sont elles seulement qui éliminent l'acide urique.
Tribondeau trouve les grains d’urate dans les canaux collecteurs et intermédiaires, mais pas dans les tubuli. Courmont et André, qui l’ont critiqué, affirment, que s’il n’a pas trouvé dans les tubuli des grains d’urate, c’est à cause d’une mauvaise interprétation de la solubilité de l’acide urique dans les réactifs le décelant (piperazine, etc.) ; du reste les grains d'acide urique peuvent être mis hors de doute par le Salkowski.
Courmont et André se servirent à leur tour du procédé suivant : ils précipitent dans les coupes l'acide urique à l'état d’urate d'argent, que l’on révèle par un réducteur photographique, qui le fait apparaître en noir. Ils voient alors que, chez le chien, les tubes contournés, les anses larges de Henle sont
chargées de granulations d’acide urique. L’abondance de ces dernières est surtout marquée dans les cellules de Heidenhain. Ces cellules sont remplies d’une poussière de grains très fins qui les infiltrent. Le noyau est seul réservé en clair sur la coupe et ne contient pas de grains. |
Ciaccio arrive au même résultat dans son étude. Pour lui, l'histophysiologie de l’excrétion des corps puriques se résume ainsi. Dans un premier stade il y aurait formation de fines graaulations, qui occupent la partie de la cellule correspondante aux bâtonnets de Heidenhain. Dans un deuxième stade, les granulations ont tendance à augmenter de volume, et à se rapprocher de la lumière des tubuli. Elles s’éliminent ensuite, peut-être par insinuation à travers les interstices cellulaires (?) mais dans aucun cas par effraction.
La sécrétion et l’excrétion des produits puriques, dont l’acide urique est le type, pourrait se résumer ainsi :
1° Il y a dissolution de l'acide urique dans les vacuoles qui se forment dans la région basale des cellules ;
2° Ces vacuoles se dirigenl vers la rangée des grains qui est une zone d'attente ;
3° Après un court séjour dans cetle zone, les vacuoles déversent contre la bordure en brosse l'acide urique qu’elles contiennent par un mécanisme inconnu.
Les corps puriques traversent ensuite celte bor-
dure par dialyse ; on ne voit jamais de grains, ni dans cette bordure, ni dans la lumière des tubes.
Koranyi suppose qu’au cours de cette dialyse, il y a échange entre les molécules salines filtrées par le glomérule et celles des matériaux élaborés par les tubuli. Courmont et André déclarent cette hypothèse possible, mais non évidente ; peut-être le passage ne s’effectue-t-il simplement qu’en suivant les lois de l’osmose.
Le glomérule ne présente jamais de granulations.