‹ L'HistoriographeChapitre 29 sur 61 · EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

EN NORMANDIE

Armes : d' argent au chevron de sable, accompagné de trois trêves du même. Couronne : de comte,

La famille du Praël* est originaire de la vicomte de Valognes. Elle a été anoblie par Charles VII en 1432, en considération des services qu'elle avait rendus, antérieurement à cette date, pendant la guerre de Cent Ans. Elle a été confirmée ou maintenue dans sa noblesse par le Roi ou ses commis-

I. La forme la plus ancienne et la plus commune du nom de cette famille est du Praël ; ce n'est que, dans la seconde moitié du xviii» siècle, par altération et l'usage, que le nom se trouve écrit de Praël.

saires et intendant en 1464, 1556, 1578, 1624 et 1666. En 1749 et 1753, elle a fait des preuves de noblesse pour les pages de la Petite Ecurie du Roi. Sa filiation a été établie, d'après les nombreux documents conservés à la Bibliothèque Nationale et énumérés en tête de cette notice, à partir de :

I. Jean du Praël, dit Pymor, seigneur de Hiesville * et qui fut anobli, sans finance, par lettres de Charles VII de décembre 1432, enregistrées à la Chambre des Comptes, à Bourges, le 19 desdits mois et an, « en considération des grands et recommandables services qu'il avoit rendus au Roy, tant sur mer que sur terre, dans les guerres contre les Anglois ».

Le mandement suivant de Charles VII du 16 juillet 1436 se rapporte bien à Jean du Praël, dit Pymor.

« Charles, par la grâce de Dieu roy de France, a « nostre amé et féal président de noz comptes « l'evesque de Laon, gênerai conseiler sur le fait « et gouvernement de noz finances en nostre païs « de Languedoc, salut et dileccion. Nous voulons « et vous mandons que, par nostre amé et féal « trésorier et receveur gênerai de nos dictes finan- « ces, maistre Macé Héron, vous, des deniers de « sa recepte, faites paier et délivrer à nostre amé « sergent d'armes Jehan du Preel, dit Pymor, « escuier, maistre de navire, la somme de quinze « cens livres tournois pour la moitié de la somme « de iir' livres tournois, en quoy nous lui som-

I. Hiesville, coui, de la Manche, cant. de Sainte-Mère-Eglisc, arr. de Valognes.

« mes tenuz, tant pour le reste de la somme de « X" royaulx d'or, à quoy avoit esté japieça ap- « poinctié de nostre part et fait marchié avecques « lui pour fournir de certein navire qu'il a mené « ou royaume d'Escoce afin d'en ramener, dedans « le nostre, nostre treschiere et tresamée fille la « dauphine, comme aussi pour la somme de « III'' royaulx d'or que nous lui avions ordonnée « et donnée pour consideracion de plusieurs dom- « maiges et interestz qu'il avoit euz et soustenuz « acause de ce qu'il avoit séjourné oudict royaume « d'Escoce par l'espace de six moys plus qu'il ne « devoit et n'estoit tenu. Et par rapportant ces « dictes présentes avecques quictance sur ce souf- « lisant dudit Pymortant seulement, ladicte somme « de quinze cens livres tournoys sera alouée es « comptes et rabatue de la recepte dudit maistre « Macé par noz amez et feaulx gens de noz comp- « tes, ausquelz nous mandons que ainsi le facent, « sans contredit aucun, non obstant quelxconques « ordonnances, mandemens et deffenses à ce con- « traires. Donné à Tours, soubz nostre seel ordonné « en l'absence du grant, le xvi® jour de juillet fan « de grâce mil cccc trente et six et de nostre règne « le XIIII™^

« Autresfoiz ainsi signé : par le Roy en son « Conseil J. Chastenier et rescripte par l'ordon- « nance du grant conseil.

« (Signé) D. Penon. »

(Original sur parchemin. Bibliothèque Nationale. Pièces originales 2374, cote 53277, n° 2.)

Jean du Praël, dit Pymor, fut père de :

1° Richard, qui suit.

2° Guillaume du Praèl, père de Guillemine du Praël qui épousa, par articles ratifiés devant Lengloys, notaire à Avranches, le 22 févr. 1455 (1456), Jehan de la Court, seigneur de Toney,

II. Richard du Praël, écuyer, vicomte d'Avranches, rendit à Avranches, le 24 juil. 1450, une sentence par laquelle il mandait au premier sergent requis de mettre à exécution, contre Colin Pigace ou ses héritiers, une autre sentence attachée à la précédente et, en cas d'opposition, d'assigner les parties à jour compétent devant ledit vicomte ou son lieutenant.

Richard du Praël, écuyer, seigneur de Morsalines* et de Hiesville, acquit, le 29 juin 1452, devant Jehan Ledault, tabellion au siège de la Haye-du- Puits, en la vicomte de Carentan, un fief ou membre de fief, assis en la paroisse de Ravenoville -, de Robert de Chantelou, sieur dudit lieu.

Richard du Praël est qualifié écuyer, vicomte d'Avranches, dans un acte des assises de cette ville tenues par Richart Guyhoumar, lieutenant général de noble et puissant seigneur Odet d'Aidie, écuyer d'écurie du Roi et son bailli de Cotentin, du 3 décembre 1455.

Le 8 avril 1456, Richard du Praël, écuyer, et Jehanne de Verdun, sa femme, sous le sceau des obligations de la vicomte d'Avranches, devant Jehan de la Fresnaye, tabellion en ladite vicomte, transigèrent avec les religieux, abbé et couvent du

I. Morsalines, coin, de la Manche, cant. de Qjaettehou, arr. de Valognes.

c. Ravenoville, coni. de la Manche, cant. de Sainto-Mère-Eglise, arr. de Valognes.

Mont Saint-Michel, au sujet d'un procès entre les parties pour raison d'une vavassorie nommée l'Hôtel du Manoir, tenue et possédée par Alain Girault, et que chacune des parties soutenait être tenue et relever d'eux, à savoir lesdits religieux à cause de leur baronnie d'Ardevon et lesdits du Praël et sa femme à cause de leur fief assis à Tanne (sic).

Le 14 juil. 1456, Richard du Praël acheta à sa nièce Guillemine 100 sols de rente, du nombre de 25 livres restant de la dot de cette dernière.

Le 19 oct. 1458, les doyen et chapitre de l'église d'Avranches donnèrent quittance à Richard du Praël, écuyer, vicomte d'Avranches ', dans les termes suivants :

« Noverint universi nos decanus et capitulum « ecclesie abrincensis habuisse et récépissé a « sapienti et provido viro Ricardo du Prael, armi- « gero, vicecomite abrincensi, pro et nomine « capellani capelle sanctorum Nicolaï et Juliani, « confessorum, in ecclesia predicta fundate, som- « mam septem librarum cum decem solidis turo- « nensium, pro termino beati Michaelis in Monte « Gargano ultimate preterito, de qua summa septem « librarum cum decem solidis turonensium nos « decanus et capitulum predicti quictamus dictum « vicecomitem et omnes alios quorum interest. In « cujus rei testimonium présentera quictanciam « sigillavimus proprio sigillo nostro. Actum et « datum anno Domini millesimo quadringentesimo

I. Nous n'avons trouvé aucun document dans lequel Richard du Praël est qualifié vicomte d'Avranches en même temps que seigneur de Morsalines et de HiesviUe, en sorte qu'on peut supposer qu'il a existé deux personnes différentes portant à la même époque les mêmes nom et prénom.

« quinquagemiso octavo, die décima nona mensis « octobris. ;/ (Original sur parchemin, jadis scellé. .Bibl. Nationale. Pièces originales, reg. 2369, cote 52208, n° 3).

Le 22 nov. 1458, Richard du Praël, fils et héritier de défunt Jehan du Praël, rendit foi et hommage de son fief ou membre de fief noble de Morsalines, mouvant de la terre de Beuzeville, à haut et puissant seigneur le comte de Tancarville.

Le 15 janv. 1458 (1459), devant Michel Le Febvre, tabellion royal à Carentan, Richard du Praël, écuyer, fils et héritier de défunt Jehan du Praël, tant en son nom que se faisant fort de Guillemine du Praël, sa nièce, et de Jehan de la Court, mari de cette dernière, transigea avec Perrin Bellet, fils de Joret Bellet, au sujet de certains héritages assis en la sieurie de Hiesville et vendus audit Joret Bellet par noble Robert de Chantelou, avant le transport dudit fief de Hiesville audit défunt Jehan du Praël.

En 1464, Richard du Praël, élu d'Avranches, fut inscrit parmi les nobles de la vicomte d'Avranches, par Rémon Montfaut, commissaire du Roi en Normandie.

Le 7 mars 1468 (1469), noble homme Richard du Praël, écuyer, seigneur de Morsalines, obtint une sentence des assises de Valognes, rendue par Guillaume Poisson, lieutenant général du bailli de Valognes pour haut et puissant seigneur Mgr le comte de Roussillon, amiral de France et seigneur dudit Valognes, et portant main levée de la saisie de sondit fief de Morsalines, en conséquence des hommage et dénombrement qu'il avait rendus à haut et puissant seigneur Mgr le comte de Tancarville, duquel ce fief relevait.

Comme nous l'avons vu plus haut, Richard du Praël épousa Jeanne de Verdun; il en eut :

1° Jehan DU Praël, prêtre, qui, le 30 août 1478, devant Thomas Le Loup et Guillaume Ogier, tabellions au siège de Sainte-Marie-du-Mont, partagea avec ses frères, Jehan et Jacques du Praël, écuyers, les fiefs, terres, héritages, rentes et revenus, à eux échus par la mort de leurs père et mère, entre autres les fiefs de Morsalines et de Hiesville.

2° Autre Jehan du Prahl, écuyer, seigneur de Hiesville et de Morsalines qui, le 14 mars 1500 (1501), devant Ogier et Michaux, tabellions de Sainte-Marie-du- Mont, amortit 100 sous tournois, faisant partie de 14 livres de rente^ promises, tant par lui que par Jacques du Praël, écuyer, son frère, à Guillemette du Praël, leur sœur, en traitant le mariage de celle-ci avec Robert d'Yvetot, écuyer, seigneur de Rond-Bisson, et sur la succession de Richard du Praël, leur père, en son vivant écuyer, seigneur de Hiesville.

Jean du Praël, dont la veuve épousa en secondes noces Jacques de Pouilly, s"" de Tréauville, fut père de :

A. Jacques du Praël, écuyer, seigneur de Morsalines et de Ravenoville, qui épousa, par contrat du 29 février 1318 (1519), passé devant les notaires d'Audouville, Marie de Fonteny ou Fontenil, fille de défunt Mathieu de Fontenil, écuyer, s'' de Cantepie. La future se maria de l'avis et consentement de divers parents et amis, entre autres noble et discrète personne Jean de Fonteny, son oncle, licencié en chacun droit, officiai de Bayeux.

De cette alliance naquit :

Jacques du Praël, écuyer, s'' de Durescu ^

I. Durécu, hameau de la Manche, com. de Saint- Vaast, cant. de Quettehou, arr. de Valognes,

B. Anne du Praël, mariée, par articles sous seings privés du 19 juin 1513, à Jehan Suhart, écuyer, s"" du Loison.

C. Gnillemette du Praël, épouse de Jean Ferrant, écuyer, s"" des Mares.

y Jacques^ qui suit.

4° G«///^;w^/^^ DU Praël qui, avant le 14 mars 1500(1501), fut unie à Robert d'Yvetot, écuyer.

5° Louise du Praël, femme de Guillaume-Marin de Couvert^, le 11 nov. 1474, dont Guillaume de Couvert, s*" de Sottevast, le 22 déc. 1520.

6° Françoise du Praël, femme de noble homme Noël Le Clerc, écuyer, de la paroisse de Crasville, en 1485,

III. Jacques du Praël, P' du nom, écuyer, seigneur de Morsalines et de Ravenoville, qui, le 30 août 1478, partagea avec ses frères Jehan et autre Jehan. Il fut père de :

1° Jacques^ qui suit.

2° Auite Jacqîies du Praël qui, le 8 mai 1500, obtint des lettres de confirmation et de tonsure.

3° Guillaume^ dont l'article suivra celui de son frère Jacques.

4° et 5° Marie et Marguerite du Praël qui, par articles du 10 mars 1519 (1520), reconnus, le 5 mai 1523, devant Jehan de Beaudevis et Jehan Caillemer, tabellions à Carentan, épousèrent, la première noble personne François Levesque, s"" de Fontenay, la seconde Robert Levesque, probablement frères. Le père des futures promit auxdits Levesque de ", vestir « et accoustrer leursdites filles, tant de corps que de

« teste, bien et honorablement, selon la maison dont « elles sont et celle où elles vont, et de leur payer la « somme de 600 livres tournois pour don here- « dital ».

6^ N... DU Praël, qui fut la femme de Robert Symon, s"" du Buisson.

7° A^. .. DU Praël, épouse de noble homme Guillaume Ferrant, s"" des Mares.

IV. Jacques du Praël, 2*^ du nom, écuyer, seigneur de Morsalines et baron de la Hogue, le 14 mai 15 13, ayant été fondé de procuration de son père, offrit au bailli de Varenquebec ou à son lieutenant général aux assises de cette ville, tenues à Beuzeville, de bailler foi et hommage ainsi qu'aveu et dénombrement du fief et sieurie de Morsalines.

Le 17 mars 1537 (1538), devant Jehan Poisson et Thomas Hurel, tabellions à Valognes, nobles personnes Jacques du Praël, seigneur de Morsalines et baron de la Hogue, et Guillaume du Praël, son frère, sgr de Ravenoville, firent un accord par lequel il fut convenu que ledit Guillaume du Praël aurait ladite terre et seigneurie de Ravenoville pour ce qu'il pourrait demander en partage au sieur baron de la Hogue son frère.

Le I" mars 1539(1540), les deux frères confirmèrent le précédent accord devant les mêmes notaires.

Par lettres du 28 août 1543, Jacques du Praël, sieur et baron de la Hogue, fut commis par messire Charles de Moy, chevalier, sieur de la Mailleraye, vice-amiral de France et lieutenant général pour le Roi au gouvernement de Normandie,

« pour faire remparer, fortifficr et mettre en estât « deffensable les havres de descentes estans en ^i l'estendue et ressort du siège de l'admirauté du- « dit lieu de la Hogue et assister aux monstres que « les officiers de ladite admiraulté feroient faire, « tant aux habitans dudit lieu que autres, pour « estre prest de marcher soubz sa conduite et « résister aux descentes des ennemis du Roy, s'ils « s'efforçoient d'en faire. »

Par lettres patentes, en forme de commission, adressées aux baillis de Rouen, Caen, Caux, Cotentin, Evreux et Gisors, du 28 avril 1544, Jacques du Praël, baron de la Hogue, fut commis par le Roi pour faire la répartition des deniers que le Roi avait ordonné de lever sur les nobles du pays et duché de Normandie.

Par lettres patentes du 8 déc. 1556, données à Saint-Germain-en-Laye, signées : par le Roy en son Conseil Robertet et scellées, Jacques du Praél, s' de Hiesville, Jacques du Praël, s"^ de Morsalines, et Guillaume du Praël, s' de Ravenoville, furent confirmés dans la noblesse accordée à Jehan du Praël, ditPymor, leur ascendant direct.

Jacques du Praël, écuyer, baron de la Hogue et de Morsalines, est inscrit pour une somme de 20 livres sur le rôle des nobles et noblement tenants de la vicomte de Valognes, taxés pour le service du ban et arrière-ban du bailliage de Cotentin, du 20 oct. 1567. (Bibl. Nat., mst français 24113, fol. 15 recto).

Jacques du Praël, écuyer, seigneur de Morsalines, Surville, Ravenoville et autres lieux, baron de la Hogue, épousa, par contrat du 9 mars 1523, Marthe d'Espinay, fille d'Olivier, seigneur châ-

telain d'Espinay, des Hayes et du Bosc-Guéroult, chevalier de l'ordre du Roi, et de Jacqueline de Dreux, seconde femme de ce dernier, issue de Robert de France, comte de Dreux, 5"^ fils du roi Louis le Gros, et fille de Jacques de Dreux, seigneur de Morinville, et d'Agnès de Mareuil-Villebois. (Père Anselme, vu, 473. La Chesnaye-des-Bois, VIII, 415).

Jacques du Praël eut de son mariage :

1° Mûn'cnv Praël qui épousa, par articles sous seings privés du 12 févr. 1540 (1541), noble homme Guillaume Marguerie, seigneur d'Estreham et de CoUeville-surmer.

2° Louis DU Prakl, écuyer, sieur de Morsalines, baron de la Hogue, qui transigea, en 1568, devant Collas Despine et Martin Jouan, tabellions à Morsalines, bailliage de Fécamp en Cotentin, avec André du Praël, son frère puîné, au sujet de la succession de leur père.

Par lettres du 18 oct. 1568, Louis du Praël, baron de la Hogue, fut commis, par le sieur de la Mailleraye, vice-amiral de France, à faire les montres et revues en armes de tous et chacuns les sujets du Roi, dépendant du port et côte de la Hogue.

Le 27 oct. 1572, Louis du Praël, baron de la Hogue, fut désigné par les nobles du Cotentin pour les représenter à l'assemblée des Trois Etats de Normandie, à Rouen, le 5 nov. suivant, avec pouvoir d'ouïr le vouloir et intention du Roi et faire les remontrances et réquisitions indiquées.

Le 6 nov. 1577, Louis du Praël et André du Praël, son frère, sieurs de Morsalines et barons de la Hogue, furent taxés, par les commissaires ordonnés et députés par le Roi sur le fait des francs tîefs et nouveaux acquêts, à Rouen, pour le ressort et duché

— iode Normandie, à la somme de 315 livres, pour avoir négligé de justifier leur noblesse par lettres et titres. Mais, par jugement des mêmes commissaires du 25 nov. 1578, ils furent exemptés de cette taxe comme tenant noblement la seigneurie de Morsalines et la baronnie de la Hogue.

Par brevet du 28 févr. 1583, Louis du Praël, s"" de Morsalines, fut fait capitaine garde-côtes de la Hogue, depuis la paroisse de Saint-Marcouf et autres circonvoisines, par Anne de Joyeuse, pair et amiral de France.

Le 18 août 1599, Charles de Montmorency, seigneur de Damville et de Méru, comte de Secondigny, vicomte de Melun, baron de Chàteauneuf, amiral de France et de Bretagne, capitaine de 100 hommes d'armes des ordonnances du Roi, fit don de la charge et état de capitaine garde-côtes de la Hogue et des environs à noble homme Louis du Praël, s'" de Morsalines.

30 André DU Fraël, écuyer, seigneur de Morsalines et baron de la Hogue (1568-1^78).

IV. Guillaume du Praël, écuyer, seigneur de Ravenoville, de Cussy et de la Champaigne (troisième fils de Jacques du Praël, V du nom, degré ni, p. 12), épousa, par contrat du 7 janv. 1529 (1530), passé devant Pierre Challumel et Charles Enjouis, tabellions en la vicomte de Chesnebrun, noble damoiselleMjr^//^r/76'DETROussEAuv'iLLE, fille de noble et puissant seigneur Gilles de Trousseauville, seigneur de Cliesnebrun, Saint-Christophesur-Avre, Gournay et Hellandes, et de noble damoiselle Renée da Hellandes ; parmi les témoins de cet acte, on remarque Jean de Trousseauville, curé de Notre-Dame de Verneuil; 2° Marie Blondel,

sœur de nobles hommes Jean et Jacques Blon.del, s""' de Catteville et d'Auréville.

Bien qu'il fût d'ancienne noblesse, à raison de ses prédécesseurs, et qu'il n'eût jamais dérogé, Guillaume du Praël, écuyer, s' de Ravenoville, avait été condamné à 400 livres d'amende par maître Jean du Bosc, l'un des présidents en la cour des Aides de Normandie et commissaire ordonné par le Roi pour la recherche des francs-fiefs, sans que ledit du Bosc ait fait apparoir d'aucune commission. Par lettres données à Rouen, le 12 déc. 1556, le Roi manda au premier huissier de sa cour de parlement à Rouen d'ajourner ledit du Bosc pour réparer et faire réparer promptement ses torts envers ledit sieur du Praël.

Guillaume du Praël eut de sa première alliance :

1" Robert DU Praël, écuyer, seigneur de Ravenoville, qui, le 27 mai 1576, devant Guyon Le Grand et Etienne Rouget, tabelHons à Montebourg, vicomte de Valognes, partagea avec ses frères, nobles hommes Jacques du Praël, seigneur de Cussy, de la paroisse de Saint-Marcouf, et Jean du Praël, seigneur de la Champaigne, la succession de leur père.

Et de sa seconde alliance :

2" Jacques^ qui suit.

y Jean DU Praël, écuyer, seigneur de la Champaigne, le 27 mai 1^76.

4" Cardine du Praël, non mariée à cette date.

^° Catherine du Praël qui épousa, par contrat du 26 fév. 1609, noble homme Charles Collas, écuyer, s"" de Couyères, fds de Franç^ois Collas, s"" de Venoix, et de Marie Hurel. (D'Hozier, Armoriai général de France^ reg. ni, p. 462.)

V. Jacques du Praël, y du nom, écuyer, seigneur de Surville et de Cussy, qui épousa, par articles du 9 mars 15S8, reconnus le même jour devant Léonard Le Blond, tabellion en la vicomte de Saint-Sauveur-le-Vicomte, damoiselle Marie Symon, veuve de noble homme Jean Le Roux, s"" d'Ozeville, fille de noble homme Jean Symon, s'' de la Haye et de Saint-Sauveur. Furent présents à ce contrat : Louis du Praël, s' de Morsalines, et André du Praël, seigneur et baron de la Hogue.

Le i*"" juin 161 5, devant Pierre Baudain et Richard Le Saillant, notaires du bailliage de Ravenoville, les biens de Jacques du Praël, seigneur de Surville et de Ravenoville, furent partagés entre ses fils, nobles hommes Arthur, Louis et Jacques du Praël, sieurs de Ravenoville, de Blosville (i) et des Houguedières, et Richard du Praël, leur frère, encore en bas âge et sous la tutelle de Marie Symon qui, de son mariage avec Jacques du Praël, avait eu :

i" Ariliur du Praël, i'^'' juin 161^.

2° Louis DU Praël, écuyer, seigneur et patron de Morsalines, y demeurant, qui, le 30 oct. 1624, à Valognes, obtint des commissaires députés par le Roi pour le légalement des tailles, réformation des abus commis au fait d'icelles et usurpation de noblesse en la généralité de Caen, acte de sa comparution et de la représentation qu'il avait faite de ses titres pour justifier son extraction et descente de noblesse, aux fins d'y être maintenu.

Louis du Praël épousa Françoise Avice, veuve le 22 juil. 1649 et dont il eut :

I. Blosville, com. de la Manche, cant. de Sainte-Mcic-Eglise, arr. de Valognes.

Jean du Praël, s"" de Ravenoville.

3° Jacques^ qui continue la descendance ;

4" Richard du Praël, s"" du Saulx, sous la tutelle de sa mère le i*^"" juin 1615 et vivant le 5 cet. 16^6.

VI. Jacques du Praël, 4° du nom, écuyer, seigneur de Surville, épousa, par contrat du 26 avril 1615, passé devant André Lescrivain, tabellion en la vicomte de Valognes, et Michel La Mâche, sergent, pris pour adjoint, damoiselle Marie Le Roux, fille de défunt noble homme François Le Roux, s' d'Ozeville, et de Marie La Mâche.

De cette alliance naquirent :

i" Jean, qui suit.

2" Françoise du Prahl, femme de Jean de Gourmont, écuyer.

VIL Jean du Praël, 1" du nom, écuyer, seigneur de Surville et de Ravenoville, après la mort de son père, est aussi qualifié vicomte de Moulins dans les actes. Le 28 déc. 1636 il fut dispensé del'arrièreban pour Jacques du Praël, son père, et Richard du Praël, son oncle, par le sieur de Matignon, chevalier des ordres du Roi, conseiller dans ses conseils d'Etat et privé, capitaine de 100 hommes d'armes de ses ordonnances et lieutenant général pour Sa Majesté en Normandie et de l'armée levée en cette province, parce que ledit Jean du Praël servait alors le Roi sous le commandement du duc de Longueville, général de ladite armée.

Le 24 juillet 1642, suivant un certificat qui lui fut délivré à cette date par Léonor-Antoine de Saint-

Simon, marquis de Courtomer, mestre de camp de cavalerie pour le service du Roi, il servait alors le Roi dans ce régiment en qualité de cornette, à la place de Jacques du Praël, écuyer, son père, et pour acquitter ce dernier du service de l'arrière-ban, dû au Roi.

Jean du Praël, écuyer, sieur de Surville, conseiller du Roi, vicomte de Moulins, fut maintenu dans sa noblesse par jugement souverain rendu, le l'^'déc. 1666, par Mgr de Marie, chevalier, seigneur de Versigny, conseiller du Roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, commissaire départi pour l'exécution des ordres du Roi et pour la recherche des usurpateurs des titre et qualité de noble en la province de Normandie, généralité d'Alençon.

Jean du Praël épousa 1° par contrat du 30 juil. 1642, passé au lieu de Courtomer, devant Léonard Daupeley et Jacques des Champs, notaires au siège dudit Courtemer, vicomte d'Alençon, Marie Le Beauvoisien, fille de Centurion Le Beauvoisien, sieur de Courdevesque et de Boisgeffrey, vicomte de Moulins et Bonsmôulins ; 2° par articles du 2 nov. 1075, l'econnus, le 27 avril 1677, devant François Le Pelletier, tabellion au siège de Boucey en la vicomte d'Argentan, Marguerite de Noscey ou NocEY, fille aînée de feu messire Sébastien de Noscey, chevalier, seigneur et patron de Noscey, Lignou, Saint-Evroult, Fontenay et Larrey ou Larré, et de Françoise de Pommereuil. La future fut assistée à ce contrat de sa mère et de ses frères, messire Philippe de Noscey, chevalier, seigneur desdits lieux, terres et seigneuries, et Henry -Jean- Baptiste de Noscey, écuyer, retiré à l'Oratoire de Paris.

Le 27 oct. 1687, Jean du Praël, écuyer, sieur de Surville, rendit aveu et dénombrement d'une maison manable, nommée Surville, sise en la paroisse de Ravenoville et mouvante de la seigneurie de Ver, à messire Nicolas Berrier, chevalier, seigneur de Ravenoville et de Ver. Cet aveu fut reçu par Guillaume Hébert, sénéchal de la seigneurie de Ravenoville.

Le 25 juil. 1696, Jean du Praël, écuyer, sieur de Surville, demeurant ordinairement en la paroisse de Courdevêque, bailliage d'Alençon, acquit, pour la somme de 12,000 livres, des commissaires généraux du Conseil, députés par lettres patentes du Roi du 20 mai 1695, les domaines des vicomtes d'Essay, Moulins * et Bonsmoulins ", consistant en prés, terres labourables, maisons, rentes et autres droits seigneuriaux et honorifiques, appartenant au Roi dans lesdites vicomtes, suivant la coutume de Normandie.

A la suite de cette acquisition, Jean du Praël, sieur de Surville, en sa qualité d'engagiste du domaine de la châtellenie de Moulins et Bonmoulins, eut un procès contre un sieur Féraut, conseiller en la Cour des Aides de Normandie, au sujet des droits honorifiques des églises de Mahéru et de Courdevesque, qui faisaient partie de la châtellenie de Moulins. Féraut, qui possédait quelques fiefs dans les paroisses de Mahéru et de Courdevesque, ayant voulu, sous ce prétexte, faire mettre ses titres et armoiries au dedans et au dehors des églises de ces deux paroisses, Jean du Praël

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