LANGUEDOC
Armes : De gueules, au chevron d'or, surmonlé de deux besanls d'or et accompagné en pointe d'une màcle de même. — Couronne : de comte. [Bibl. Nctt., Pièces originales, leg. 225, cote 5o83,
no 27.
La famille de la Bauve d'Arifat, qui réside actuellement à l'ile Maurice, a possédé, depuis le XVI« siècle jusqu'à la Révolution, la seigneurie et le manoir féodal d'Arifat, près de la ville de Castres, en Languedoc. Elle a produit un contrôleur général de la maison de Condé, un contrôleur général des guerres en France, un major du régiment de l'Ile de France, un chevalier de la Légion d'honneur et
de Saint-Grégoire-le-Grand '. Elle a été maintenue dans sa noblesse d'ancienne extraction par jugement souverain de Claude Bazin de Bezons, intendant du roi en Languedoc, du I 5 janv. 1 67 1 ; elle présenta à cet effet un abrégé de généalogie, qui nous a été conservé par le marquis Charles de Baschi d'Aubaïs dans ses Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France, Paris, lySç, in-4", tome II, page 77, et d'après lequel la filiation de cette famille se trouve établie, d'une façon authentique et non interrompue, à partir de :
I. Christophe de la Bauve, écuyer, reçut, le 6 oct. i 563, ses lettres de commission de contrôleur général de la maison du Prince de Condé, frère d'Antoine de Navarre et oncle de Henri IV. Il avait épousé, le 5 juin i557, noble demoiselle Marie Le Clerc, dont il eut :
II. Nicolas de la Bauve, écuyer, seigneur d'Arifat, contrôleur général des guerres en France, qualifié fils de Christophe dans une sentence du Chàtelet de Paris du 14 avril i58o, s'établit, en 1584, en Languedoc, où il acquit le château fort et la seigneurie d'Arifat, dans le comté et près de la ville de Castres. En i 587, devenu receveur du Haut- Languedoc, il fit bâtir à Castres un Jeu de Paume, qui coûta 4,5oo livres, et établir le Jeu du Mail, depuis la Porte-Neuve jusqu'au Portail-Neuf. {Arch. de Castres, J. J. 8. Mémoires de Gâches.)
Il s'allia, le i3 juil. 1589, à Catherine de Toulouse- Lautrec-Saint-Germier-, veuve de François Sabatier de Lombers, de son vivant seigneur d'Arifat, et fille d'An-
1 . Le pays Castrais doit aussi à cette famille la culture du min ier et l'élevage des vers à soie.
2. De Toulouse-Lautrec : Écarteié : aux i <■/ 4, de gueules, à la croix clécltée et pommelée d'or , aux 1 2 pointes, qui est Toulouse; aux 2 et l, d'azur au lion d'or, qui est Lautrec. Les vicomtes de Lautrec ont joint à leur nom
toine de Toulouse-Lautrec, seigneur de Saint-Germier, Le Caylar, Lacalm, etc., et de Germaine de Foix, laquelle était fille de Jean, vicomte de Conserans, et de Constance de Mauléon, et sœur de Jean-Paul de Foix, dernier vicomte de Conserans. (La Chesnaye des Bois, Dictionnaire delà Noblesse. Paris, in-4°, 1770- 1782, article Lautrec.) De cette alliance vinrent :
1° Jacques, qui suit ;
2° Jean de la Bauve, qui fit un accord avec son frère pour les biens de leur père, le 28 janv. 1623.
IIL Jacques de la Bauve, écuyer, seigneur d'Arifat et de la Saugerie, obtint, par lettres patentes de Louis XIII du i5 févr. 1620, enregistrées le 10 déc. suivant, confirmation en sa faveur de la cession faite à son père du domaine d'Arifat. Il se trouvait parmi les habitants de Castres qui se réunirent, le 7 juil. 1626, dans la maison consulaire de cette ville et décidèrent que les magistrats et consuls de Castres écriraient au duc de Rohan pour le dissuader de venir à Castres durant le synode des protestants, et oster par ce moyen les ombrages et deffîances que son approche et venue en icelle (ville) y pourroit apporter. [Bibl. Nat., ms français 20,961, f° 2.)
Jacques de la Bauve fut, avec Jacques de Laroque de Lacalm, Louis du Poncet et François Bouffard de la Garrigue, l'un des quatre commissaires chargés, par lettres royaux, de la répartition des impôts sur les communes du comté de Castres, pour les années i63i et i632. [Arch. du Tarn. C. 1027.)
celui de Toulouse, et à leurs armes celles du Languedoc, parce que l'un d'eux, Guillebert de Lautrec, épousa Indie,- fille cadette de Raymond VI, comte de Toulouse.
Il avait épousé, le 20 juin i 63 1 , noble demoiselle Eslher de PÉLissiER DU Grés ', dont il laissa :
IV. Paul de la Bauve, I" du nom, écuyer, seigneur d'Arifat, institua, pour héritier de ses biens et titres, son neveu, qui suit :
V. Paul de la Bauve, II^ du nom, écuyer, seigneur d'Arifat, fut maintenu dans sa noblesse d'ancienne extraction par jugement de Claude Bazin de Bezons, intendant du roi en Languedoc, du i5 janv. 1671. (Voir page 2.) Ses armoiries sont enregistrées de la façon suivante, c|ui est inexacte, dans VArmorial général officiel de France, recueil dressé sous Louis XIV, en vertu de l'édit de nov. 1 696, par Charles-René d'Hozier, juge d'armes de France : Paul de Bauve, seigneur d'Auriffat, porte d'azur à un chevron d'or, accompagné en chef de deux besans de même et en pointe d'une lozange aussy d'or. [Bibl. Nat., Toulouse-Montauban, p. 540, bureau de Castres.) A cette description correspondun blason colorié analogue. (Languedoc, vol. XV -, p. 1926 3.) Tels sont approximativement les noms et armes de la famille de la Bauve d'Arifat, et il est évident que cet enregistrement a eu lieu d'office, c'est-à-dire à l'insu de la famille et par à peu près. Le nom de la famille de la Bauve d'Arifat est aussi écrit par erreur de la Baume d'Arifat dans le jugement de noblesse du i5 janv. 1671 dont nous parlons plus haut, page 2.
En 1695, Paul de la Bauve d'Arifat, comme chef de famille, était imposé de 20 livres, au quartier de Villougoudou, à Castres. [Arch. du Tarn. C. 1027.)
1. De PÉLISSIER DU Grés : d'argent, à un chevron brisé de gueules; alias : paie, contrepaté d'argent et d'azur de six pièces. [Armoriai de Toulousc-Montauban, bureau de Castres, p. 711.)