SUR LA SEIGNEURIE ET LE CHATEAU DARIFAT
Le fief-seigneurie d'Arifat, placé dans la mouvance du comté de Castres, dont il était une dépendance ', relevait à foi et hommage et dénombrement des comtes de Castres, et portait autrefois le nom d'Agriffoul, d'où le nom plus moderne d'AigrefeuilIe. Il releva plus tard directement des rois de France, aux mêmes charges, à partir de 1 5 19, date à laquelle le comté de Castres fut réuni à la couronne par arrêt du Parlement de Paris.
Bernard de Soubiran, seigneur d'Arifat, dans la famille duquel ce domaine était depuis longtemps, en rendit foi et hommage, le 24 nov. 1425, à Jacques de Bourbon, roi de Hongrie, de Jérusalem, de Sicile et de Naples, comte de la Marche, de Castres et de Piémont.
Le domaine d'Arifat passa ensuite dans la famille de Génibrouse-.
Jacques de Génibrouse en rendit foi et hommage, le 3i oct. 1470, et en bailla le dénombrement, le i5 févr. 1475, à Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, comte de
1. Voir Borel , Aniiquités déjà citées, t. II, p. 6:, et Defos, Traiclé du comté de Castres. Tolose, i633, \n-^°, p. 60.
2. Noble et très ancienne maison du pays Castrais, éieinle en 1891. Armes: de gueules, à trois fasces ondées d'or.
Sarlat, de Mural, de Saint-Florentin, de la Marche et de Castres.
Par acte du lo mai i58o, Sébastien de Génibrouse, seigneur de Saint-Amans et d'Arifat, et Guillaume son fils, vendirent la seigneurie d'Arifat, avec droit de justice, haute, moyenne et basse, à François Sabatier de Lombers '. Celuici, qui avait été conseiller du Roi et trésorier de son épargne à Paris, en iSyS et iSyy, fut décapité à Toulouse pour crime de haute trahison. Tous ses biens meubles et immeubles, confisqués par arrêt de la Chambre de justice de Languedoc du 7 déc. i583, furent donnés, par lettres royaux expédiées à Saint-Germain-en-Laye (janv. 1584), à Jacques d'Amboise, seigneur et baron de Graulhet, et à Julien d'Albène^, chevalier de l'Ordre de Saint-Maurice de Savoie, en considération de leurs services. [Bibl. Nat. Pièces originales, reg. 5o, n° 385, original sur parch.; et Arch. de Castres, B. B. 32.)
Catherine de Lautrec-Saint-Germier, veuve de Sabatier de Lombers, conserva cependant son douaire, et Nicolas de la Bauve, qui possédait d'assez fortes créances sur les biens du défunt, en épousant la veuve de ce dernier, entra en possession du domaine d'Arifat et de tous les droits féodaux qui y étaient attachés. (Voir pages 2 et 3.)
Le château d'Arifat est situé sur une éminence qui domine les coteaux voisins. Il se terminait par une plateforme destinée à recevoir des pièces d'artillerie. Le côté sud-est était appuyé par une construction fortifiée.
Le 28 nov. iSyy, les consuls de Castres, ayant appris
1. En 1770, Jean-David de la Bauve d'Arifat fit signifier à la communauté de Castres un extrait de cet acte de vente, ainsi qu'une déclaration faite en sa faveur par M. de Lespinasse de sa maison située dans ladite ville, pour servir de palais à la sénéchaussée et maîtrise des eaux et forets de Castres, dont il poursuivait l'échange aupiès du Roi. {Arch. de Castres. B. B. 32.)
2. En 1574, Catherine de Médicis avait envoyé Julien d'Albène en Pologne pour presser le retour de Henri 111, son fils.
que les Espagnols avaient établi leur camp dans les faubourgs de Carcassonne, en face de la Cité, députèrent Bernard Borjade vers noble Sébastien de Génibrouse, à l'effet de lui emprunter l'artillerie de son château d'Arifat pour la défense de la ville de Castres. Cette artillerie, qui était placée dans la partie la plus élevée du château, se composait d'une grosse pièce courte, de deux pièces moyennes et de deux petites pièces à croc, toutes en fer; elles furent transférées à la maison consulaire de Castres par le bordier ' d'Arifat. [Arch. de Castres. B. B. 36.)
Il ne reste plus de l'ancien domaine d'Arifat qu'une ferme ou métairie d'une importance ordinaire (24 hectares 3 ares 70 centiares de contenance). Le château a été fort négligé depuis la Révolution; il est cependant d'un aspect encore assez imposant. La ferme- est adossée au château, devant lequel se trouve une terrasse d'une certaine étendue, qui est côtoyée, en contre-bas, par un jardin potager; le côté nord est entouré de prairies. Je dois cette description de l'état actuel du château d'Arifat à l'obligeance de M. Estadieu.