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A LA FIA.N'CÉE INCONNUE

'''a très chère, le soir, tandis que tu iressailleï En me parlant en rêve avec ta douce voix, ^^^é Mon âme aussi t'évoque et je songe parfois

,>^.^Y^x;^ Qu'il est fini pour nous le temps des fiançailles î

Je songe que plus lard si je te possédais,

C'est dans une villa tout en fleur, sur la digue,

Que je te conduirais par une nuit prodigue

D'astres — qui broderaient tout le ciel comme un dais.

LHIVER MONDAIN

Cachant sous l'oranger ta chevelure brune, Tout serait blanc sur toi : ta robe, tes souliers, Ton voile retombant en longs plis réguliers, Si bien que tu luirais comme un beau clair de lune

Pour chambre nuptiale, un très petit boudoir In boudoir dans le goût des marquises anciennes Dont j'aurais pris bien soin de fermer les persiennes Pour qu'il fût plein d'un jour sombre comme le soir.

Au bord d'un guéridon d'ébène, une veilleuse Qui soudain dans l'albâtre ouvrirait son œil d'or. Assez pour doucement éclairer le décor Qui devrait encadrer cette nuit merveilleuse.

Le boudoir, il serait selon mes goûts; des tas De pouffs et de sophas dans des teintes fanées : Feuille-morte, bleu pâle, étoffes surannées Où dans l'ombre mourraient des fleurs de taffetas.

Rien de rouge, rien de criard, rien d'excentrique! Et tous les tons pâlis de ce boudoir discret Ton long costume blanc les harmoniserait Comme fait un foyer de lumière électrique.

Sur un fond de papier mauve, lamé d'argent, Quelques bouquets noués par des faveurs déteintes, Pour ne pas éblouir nos prunelles éteintes Quand nous les compterions d'un regard négligent.

Des rideaux très épais, très plissés, couleur d'ambre, Répandraient des tiédeurs d'alcôve autour de nous, Et des tas de coussins voluptueux et mous Mettraient comme des coins de mousse dans la chambre.

Pour dissiper la fade odeur de renfermé

Ni sachet capiteux ni senteur violente,

Mais un parfum très doux montant d'une aile lente

Vers le plafond gris-perle ainsi qu'un ciel de mai.

Sur un bahut — tout en biscuit, — une pendule Comme un ostensoir blanc sur un petit autel, Et vis-à-vis, un frêle et vaporeux paslel : Des Nymphes tournoyant au fond d'un crépuscule

Voyant ainsi mes goûts mignards et raffinés Transfigurer cette heure oiî ton corps s'abandonne, J'ouvrirais tout à coup la fenêtre qui donne Sur la digue, pour voir les flots illuminés.

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Toi, pour exaspérer cette ivresse physique Dont la nuit et l'amour rempliraient nos deux cœurs. Tu me jouerais alors, avec tes doigts vainqueurs, Une très maladive et 1res triste musique :

Quelque Nocturne eu pleurs de Chopin, du Weber Vague comme un soupir dans l'ennui des absences Mais ton jeu langoureux aurait des réticences Pour que le piano laissât chanter la mer.

Et dans l'enivrement de ces rythmes funèbres Ce serait mon bonheur le plus grand, le plus fou De te brûler alors d'un baiser dans le cou Kt soudain de mourir tous deux dans les ténèbres !

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