‹ L'hiver mondainChapitre 9 sur 11 · UN THE · texte numérisé non relu

UN THE

T'en souvient-il, quand tu venais Chez moi, les soirs froids de décembre, Mon grand abat-jour japonais Oriç[inalisait ma chambre.

112 L'HIVER MONDAIX

Et bigarré comme un crépon, Malgré le vent d'hiver tragique, Mon bel abat-jour du Japon Montrait sa lanterne magique.

Comme c'était doux! on s'aimait Dans une lente causerie, El le thé, couleur d'or, fumait Dans la porcelaine fleurie.

A l'ombre, sur un guéridon, Défaillaient des roses phthisiques Et toi, charmante d'abandon, Tu jouais de douces musiques.

En t'écoutant, moi j'allais vers Une encoignure choisir l'une Ou l'autre plaquette de vers.

Sur papier fin, couleur de lune.

Ce n'étaient que de légers ciels Comme on les peint à l'aquarelle, Et qu'oiseaux artificiels Filant des sons de chanterelle.

L'JHIVER MONDAIN 113

Nous ne songions plus à l'hiver Avril naissait.., c'était l'idylle...

Et laissant le livre entr'ouvert L'illusion était subtile...

Si bien que mes carreaux gelés Pendant ces heures favorites, Nous semblaient des parcs étoiles De printanières marguerites !...

Page 1