‹ L'holocausteChapitre 30 sur 69 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

KDOIARD.

Qui peut être certain de pareille chose ?

JEAN

Moi.

EDOUARD

Allons ! Allons ! Un peu de courage. On ne doit pas se laisser abattre comme vous le faites.

JEAN, Irislement.

Je ne me suis jamais laissé abattre. Dans ma vie, si courte pourtant, les années d'épreuve ont été trois fois plus nombreuses que les autres.

EDOUARD, prenant une chaise eiverMnl s'asseoir auprès de Jean.

Votre famille était peut-être dans une situation de fortune...^

JEAN

Oh! peu brillante, Monsieur, très peu brillante. Mon père était savetier de son état, et nous sommes trois frères.

ÉDOUARl».

Ah!

JEAN

Oui, mon frère Gésaire est curé à Plouescat. André» le dernier, va encore à l'école. Avec cela, il y a le grand-père et la mère-grand qui sont à la charge de papa. Il y a eu de durs moments à passer.

54 l'fiolocausïi:.

KDOUAUD, intéressé.

Maintenant cela s'est arrangé ?

JEAN, secouant ta tète.

Non, Monsieur. Pardonnez-moi de vous raconter tout cela, mais, vous paraissez vous intéresser un peu à ma pénible histoire.

EDOUARD

Je m'3^ intéresse beaucoup.

JEAN

Eh bien, on a cru un instant que les affaires allaient marcher. Malheureusement le petit magasin que mon père avait réussi à acheter vient de brûler ; des bruits malveillants circulent ; l'assurance refuse de nous payer, alléguant...

EDOUARD

Oui, oui, je comprends.

JEAN

C'est de nouveau la misère. On plaidera, ce sera long, il faudra de l'argent, et je suis là, cloué dans un fauteuil, incapable d'aider les miens. Ah! c'est bien douloureux.

EDOUARD

Très douloureux, en effet, Monsieur, je le comprends.

JEAN

Césaire ne peut pas grand'chose. C'est déjà énorme que, grâce à la bonté de Monseigneur l'évêque, il ait

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