ACTE II, SCÈNE IX
EDOUARD, après s'être assuré que personne n'écoute. Il faut vous sacrifier pour un autre...
JEAN
Me sacrifier.
EDOUARD
Vous êtes perdu, dites-vous ?
JEAN
Je le crois.
Eh bien, si, après votre mort, vous pouviez sauver quelqu'un tout en achetant le bonheur de vos parents...
JEAN
Vous parlez par énigmes.
EDOUARD
Ce que je vais vous dire est terrifiant.
JEAN
Alors, ne le dites pas.
EDOUARD
Maintenant il faut que je le dise. {Très bas.) Un homme est sous les verrous. Cet homme est accusé d'un crime, il y a contre lui beaucoup de présomptions, mais on doute encore. Il nie avec énergie. Déclarezvous coupable du crime qu'on lui impute...
JEAN, avec horreur.
Moi ?
EDOUARD, pressant.
Laissez-moi vous dire. Vous écrirez vos aveux et ils ne seront remis à la justice que le lendemain du jour où vous n'aurez plus rien à craindre d'elle.
JEAN
Taisez-vous !
Ne craignez rien. Vous vivant on pourrait vous presser de questions, et deviner votre mensonge, après, cela ne sera pas possible et vos aveux seront si précis...
JEAN
Je ne veux pas !
EDOUARD
Vous vouliez sacrifier votre existence ?
JEAN
Mais pas mon honneur.
EDOUARD
Vos parents vivront heureux.
JEAN
Ils mourront de chagrin.
EDOUARD
Ainsi, vous refusez ?
JEAN, fermant les yeux.
Et je ne vous demande même pas pourquoi vous