ACTE II, SCÈNE IX
JEAN
Oui. Mon frère Césaire venait parfois me tenir un peu compagnie lorsque je me couchais, car nous étions alors seuls h la maison. Mes autres parents ne rentrant guère que vers 8 heures.
EDOUARD
(ùe serait possible. Oui, possible. Extraordinaire, mais possible. Et puis... Il n'y a que la distance, oui, oui, mais...
JEAN
Pouvcz-vous maintenant m'expliquer?
EDOUARD
Vous m'avez demandé un serment, je vais vous en demander un autre.
wSi c'est un secret que vous allez me confier, comptez sur moi comme sur vous-même.
EDOUARD
Vous me jurez de taire ce que je vais vous dire ?
JEAN
Je vous en fais le serment solennel.
EDOUARD
Eh bien, que faut-il pour rendre heureux les vôtres?
JEAN
Quelques billets de mille francs.
EDOUARD
Que donneriez-vous pour les avoir?
JEAN
Moi-même.
EDOUARD
C'est ce que je viens vous demander.
JEAN, dans un cri.
Oh!
EDOUARD
Vous avez peur déjà?
Non, mais. . . si je n'ai pas peur pour moi. . .
EDOUARD
Achevez.
JEAN
J'ai peur pour vous.
EDOUARD
Bah !
JEAN
Que voulez-vous faire d'un pauvre être tel que moi?
EDOUARD
Je veux m'en servir pour sauver un pauvre être tel que vous.
JEAN, abasourdi.
Je ne comprends pas.