ACTE I, SCENE
redingote une épaisse liasse de billcls de banque.)... les voici.
WON
(Comment ! Vous les lui donnez quand même ?
CHAMBnUN, retombant aeeablé dans son fauteuil.
Il le faut bien. (// prend sa tète dans ses mains et demeure immobile. )
^ VON, avec douleur.
Ah ! monsieur le Comte, ça me fait bien du chagrin de vous voir dans cet état-là. Vrai de vrai, ça me fait un chagrin, que je ne saurais pas vous dire. Je comprends nuiintenant pourquoi, tout à l'heure... Oui, vous pensiez, à mon petit Kloi, qu'est si gentil, qui aime tant son vieux brave homme de père. En voilà un qui pourrait pas me faire de peine, gros comme la tète d'une épingle. [Soupirant.) Malheureusement...
CIIA.MIJUUN.
Malheureusement, ton maître est moins heureux que ioi. (Un long silence.) Donc, tu n'as plus vu mon fils depuis ce matin?
Y VON
Depuis ce matin, oui, monsieur le Comte.
ClIAMlilU N.
11 ne t'a pas adressé la parole '.'
WON
Ohî ni a moi, ni à personne. Il a file comme une flèche, je l'ai suivi un moment des yeux et j'ai vu qu'il s'enfonçait sous bois.
CHAMBHU.N.
Il était à peu près...?
YVON
Six heures.
cnAMiîRUN, consultant sa montre.
Voilà donc plus de seize heures qu'il est parti.
y VON.
Il est plus de dix heures?
CIlAMliRUN.
Dix heures vingt. (Un temps.) Tu dois être très fatigué? Tu n'as pas l'habitude de veiller si tard.
YVON
Dès l'instant que c'est pour le service de monsieur le Comte, je ne sens jamais la fatigue.
ciiAMBRUN, se levant.
Tu t'installeras sur le canapé pour dormir.
YVON, étonné, se levant.
Je dois dormir dans le salon?
CHAMBRUN
Pour attendre M. Edouard.
YV(JN.
Ah! Bien.
CHAMBRUN
Il est forcé de traverser cette pièce pour gagner son appartement. Aussitôt que tu le verras, tu lui remettras