‹ L'holocausteChapitre 64 sur 69 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

CÉSAIRE

Alors explique ton mobile, cette préméditation, ce vol que la présence d'un simple garçon de ferme pouvait t'empèchcr de commettre. Explique pourquoi tu as choisi tout d'abord Kloi Gaëlec pour bouc émissaire. Le connais-tu seulement l^lloi Gaëlec, soupçonnais-tu son existence à ce moment-là?

PASTOREL, à mi-voix.

Qui sait ?

JEAN, d'une voix monotone.

Je suis coupable.

CÉSAIRE

Mais puisque je te dis que c'est impossible... (^ Pastorel.) Monsieur le juge, je vous adjure de me croire, il ne peut pas être le coupable.

l'ASTOHEL.

En tout cas, il le connaît.

CKSAIRE.

Tu le connais, Jean ?

lEAN.

C'est moi.

CÉSAIRE

Non ! Ce n'est pas toi.

PASTOREL

Monsieur l'abbé, je suis certain que vous dites la vérité et que votre frère n'est pas coupable ; cependant

102 l'holocaustk.

nous brûlons... le coupable ne saurait être loin. Vous voyez bien que votre frère nient, mais qu'il a un intérêt primordial à mentir? De quelle nature est cet intérêt, je l'ignore.

CKSAiRE, à Jean.

Est-ce vrai ce que dit monsieur le juge ?

JEAN

Monsieur le juge se trompe.

PASTOREL4

Non. Ou vous êtes lié avec l'assassin par les liens du sang ou de l'amitié et vous cherchez à l'arracher au châtiment qui l'attend, ou bien vous avez reçu, pour prix de votre mensonge, une rémunération que vous ne voulez pas perdre en avouant la vérité.

JEAN

Je suis coupable.

CÉSAHŒ.

Jean, je t'en supplie à deux genoux, arrache-nous à cette horrible situation. (Jean se tait.) Mais tu n'as donc pas de cœur? pas de cœur? Oh! (// fond en larmes.) Oh !

PASTOREL, d'nn ton ferme.

Monsieur l'abbé, calmez-vous. Votre frère ment et je m'en rends bien compte, je refuse de prendre au sérieux ses aveux. Je considère toujours Éloi Gaëlec comme le véritable assassin et c'est lui seul que je déférerai à la cour d'assises.

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