ARAMINTE, LUCINDE, MARTON
MARTON
Madame ?
LUCINDE
Dites à Moncade que Madame veut luy parler.
MARTON
Moncade ? Il est sorty, Madame, il y a plus d'une heure.
Elle sort.
LUCINDE
Voilà qui est bien. Je n'apprendray donc point. Madame, ce qu'il estoit, disiez-vous, si important que je sçeusse.
ARAMINTE
Outrage-t-on ainsyles gens? Non, Madame, je vous le répète encore une fois, Moncade ne mérite pas d'estre considéré par une personne comme vous.
LUCINDE
Vous me paroissez assez bien instruite. Madame, et la manière dont vous parlez de luy commenceroit à me déplaire, si vous continuiez à me cacher les raisons qui vous y obligent.
ARAMINTE
Hé bien. Madame, apprenez, à vostre honte et à la mienne, que Moncacle nous trompoit toutes deux, qu'il est le plus scélérat des hommes, et qu'enfm. désabusée par ses perfidies, j'ay creu que je devoisvous tirer de l'erreur où vous estes.
LUCINDE
Vous m'obligez beaucoup. Madame, quoyqu'un peu tard, et vous souffrirez sans vous fascher. s'il vous plaist. que je vous dise que vous vous consoleriez aisément de mon erreur, si vous estiez encore dans la vostre.
ARAMINTE
Moncade m'a fait croire aisément tout ce qu'il a vouleu. Madame, et ce sont des esclaircissemens qu'entre luy. vous et moy...
LUCINDE
Ah ! Madame, de pareils esclaircissemens, entre trois personnes, sont ordinairement fascheux; évitons-les et me donnez sans eux, je vous prie, toutes les marques que vous pourrez de son infidélité.
ARAMINTE
Vous allez voir Moncade tout entier, Madame.
LUCINDE
Ah. volage !
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