ARAMINTE, LUCINDE, PASQUIN
PASQuiN, à part.
On parle de mon maistre.
ARAMINTE
Je vous rendray certaine
LUCINDE
Perfide !
PASQUIN
C'est de luy.
ARAMINTE
Tenez, Madame, lisez.
LUCINDE
Traistre ! Infidèle !
PASQUIN
Oh ! c'est de luy asseurément ; je le reconnois aux épithètes. Escoutons.
ARAMINTE
Vous sçaurez, je vous prie, que c'est la seule qui me soit restée de plus de trente lettres qu'il m'a escrites et que j'aurois encore, sans l'imprudence d'une de mes femmes qui les luy laissa prendre dans ma cassette. Heureusement, j'avois celle-cy sur moy ; elle suffit.
Je croy que nous n'avons qu'à desloger au plustost.
Luc'mde lit tout bas.
A BONNES FORTUNES. qB
ARAMINTE
Qu'en dites-vous. Madame?
LUCINDE
Hélas! Madame, que dirois-je ? Je ne dis rien.
ARAMINTE
Vous prenez cette affaire avec bien de la modération.
LUCINDE
Dans celles de cette nature, le bruit sert de peu de chose.
PASQUIN
Plust au Ciel que nous en feussions quittes pour du bruit.
ARAMINTE
Adieu. Madame.
LUCINDE
Madame, je vous donne le bon jour.
ARAMINTE
Ne me rendez-vous pas ma lettre?
Non, Madame, de grâce, laissez-la moy.
ARAMINTE
Ces sortes de choses ne sont bonnes qu'entre les mains des personnes intéressées.
LUCINDE
Elle ne sortira pas des miennes.
ARAMINTE
Adieu, donc. Madame. Où allez-vous?
LUCINDE
Madame, je vous laisse; aussy-bien, ne suisje gueres en estât
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ARAMINTE
Rentrez donc.