‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 35 sur 61 · MONCADE, LUCINDE, LEONOR · texte numérisé non relu

MONCADE, LUCINDE, LEONOR

LUCINDE

D'où venez-vous donc, Madame?

LEONOR

Madame, je viens d'entretenir mon frère sur une affaire qui vous regarde.

MONCADE

Madame, en voilà plus que vous ne m'en avez demandé.

// rend à Leonor le papier quelle luy

avoit demandé.

Leonor lit tout bas et s'approche de

MONCADE

Madame, que faites-vous ?

LEONOR

Moncade, ne soyez pas surpris qu'après avoir trompé tant de fois, on vous trompe à vostre tour. Je ne vous aime point, et n'en ay point la moindre envie. Mais je n'ay pu souffrir que vous vous soyez joué plus long-tems d'une personne qui ne méritoit pas de l'estre. D'ailleurs, rintérest de mon frère m'a engagée à tout cecy. Je vais donc descouvrir vostre perfidie. Mais croyez-moy. à l'avenir, profitez de cette aventure. Vous estes bien fait, vous estes jeune, vous avez de l'esprit; meslez à tout cela un peu de sincérité, et. par la suite, j'espère que vous me remercierez de l'advis que je vous donne, (à Liicinde) Lisez, Madame.

LUCINDE

Moncade

LEONOR

Hé bien, que dites-vous?

LUCINDE

Que je suis ravye, Madame, de connoistre vostre bonne foy et d'estre persuadée que vous n'ayez pas vouleu me trahir.

LEONOR

Vous reverrez Moncade?

Oûy, Madame.

LEONOR

Vous l'aimerez?

A bonnp:s fortunes.

LUCINDE

Plus que je n'ay fait de ma vie.

LEONOR

Il faut donc ne vous voir jamais.

LUCINDE

Moncade, je vous laisse, 'd'un ton qui marque de la colèrej Je ne veux point la laisser plus long-tems dans l'erreur où elle est.

Page 1