MONCADE, LUCINDE, LEONOR
LUCINDE
D'où venez-vous donc, Madame?
LEONOR
Madame, je viens d'entretenir mon frère sur une affaire qui vous regarde.
MONCADE
Madame, en voilà plus que vous ne m'en avez demandé.
// rend à Leonor le papier quelle luy
avoit demandé.
Leonor lit tout bas et s'approche de
MONCADE
Madame, que faites-vous ?
LEONOR
Moncade, ne soyez pas surpris qu'après avoir trompé tant de fois, on vous trompe à vostre tour. Je ne vous aime point, et n'en ay point la moindre envie. Mais je n'ay pu souffrir que vous vous soyez joué plus long-tems d'une personne qui ne méritoit pas de l'estre. D'ailleurs, rintérest de mon frère m'a engagée à tout cecy. Je vais donc descouvrir vostre perfidie. Mais croyez-moy. à l'avenir, profitez de cette aventure. Vous estes bien fait, vous estes jeune, vous avez de l'esprit; meslez à tout cela un peu de sincérité, et. par la suite, j'espère que vous me remercierez de l'advis que je vous donne, (à Liicinde) Lisez, Madame.
LUCINDE
Moncade
LEONOR
Hé bien, que dites-vous?
LUCINDE
Que je suis ravye, Madame, de connoistre vostre bonne foy et d'estre persuadée que vous n'ayez pas vouleu me trahir.
LEONOR
Vous reverrez Moncade?
Oûy, Madame.
LEONOR
Vous l'aimerez?
A bonnp:s fortunes.
LUCINDE
Plus que je n'ay fait de ma vie.
LEONOR
Il faut donc ne vous voir jamais.
LUCINDE
Moncade, je vous laisse, 'd'un ton qui marque de la colèrej Je ne veux point la laisser plus long-tems dans l'erreur où elle est.