MARTON, PASQUIN
PASQUIN
Marton, n'as-tu point veu mon maistre?
MARTON
Hé, bonne beste î Tu sçais mieux où il est que moy.
PASQUIN
Non. je me donne au diable.
Je viens d'entendre revenir ses porteurs.
PASQUIN
Il est vray; mais c'estoit moy qu'ils portoient.
MARTON
Toy en chaise?
PASQUIN
Va, va, j'en voy tous les jours en carrosse, qui ont coureu long-tems après, avant que de l'attraper.
MARTON
Mais, pourquoy en chaise? Es-tu malade?
PASQUIN
Moy? non : je voulois leur faire gagner leur argent. J'ay perdeu mon maistre à TOpira; je ne sçay ce qu'il est deveneu. Je croyois que quelqu'un de ses amys l'avoit ramené icy.
MARTON
Tiens, je l'entens; c'est luy asseurément. Adieu.
PASQUIN
Adieu, ma Princesse. Le joly terme ! Voilà ce que c'est que de servir des maistres spirituels : on apprend tousjours quelque chose. Ma Princesse ! ma belle Dame ! mon petit Ange ! ma Reyne ! ma Petite ! ces mots assaisonnez de quelques soupirs, il n'en faut guères d'avantage pour tourner la cervelle à plusieurs Dames de ma connoissance.