‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 46 sur 61 · MARTON, PASQUIN · texte numérisé non relu

MARTON, PASQUIN

PASQUIN

Marton, n'as-tu point veu mon maistre?

MARTON

Hé, bonne beste î Tu sçais mieux où il est que moy.

PASQUIN

Non. je me donne au diable.

Je viens d'entendre revenir ses porteurs.

PASQUIN

Il est vray; mais c'estoit moy qu'ils portoient.

MARTON

Toy en chaise?

PASQUIN

Va, va, j'en voy tous les jours en carrosse, qui ont coureu long-tems après, avant que de l'attraper.

MARTON

Mais, pourquoy en chaise? Es-tu malade?

PASQUIN

Moy? non : je voulois leur faire gagner leur argent. J'ay perdeu mon maistre à TOpira; je ne sçay ce qu'il est deveneu. Je croyois que quelqu'un de ses amys l'avoit ramené icy.

MARTON

Tiens, je l'entens; c'est luy asseurément. Adieu.

PASQUIN

Adieu, ma Princesse. Le joly terme ! Voilà ce que c'est que de servir des maistres spirituels : on apprend tousjours quelque chose. Ma Princesse ! ma belle Dame ! mon petit Ange ! ma Reyne ! ma Petite ! ces mots assaisonnez de quelques soupirs, il n'en faut guères d'avantage pour tourner la cervelle à plusieurs Dames de ma connoissance.

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