‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 8 sur 61 · LEONOR, MARTON, LUCINDE · texte numérisé non relu

LEONOR, MARTON, LUCINDE

LEONOR

Qu'avez-vous donc, Madame? Que vous me paroissez triste !

lucinde.

Je ne sçay, Madame ; je n'ay point dormy.

LEONOR

Les gens qui troublent vostre repos ne prennent peut-estre pas assez de soin de vous le rendre?

LUCINDE

Vous estes trop bonne, Madame, de vouloir bien prendre part à ce qui me regarde.

Je vous avoue que je voudrois vous voir plus tranquille.

Lucinde tourne la teste vers l'appartement

de Moncade.

Que vous prestez peu d'attention à ce que

A .BONNES FORTUNES. 5g

je VOUS dis ! Il faut estre autant de vos amies que j'en suis...

LUCINDE

Mais point, Madame, il me semble que je vous escoute. Et quand cela ne seroit pas, devriez-vous prendre garde à ce que je fais?

LEONOR

Si je le dois, Madame? Est-ce que je ne m'intéresse- pas à tout ce qui vous touche? Croyez-vous que je verrois avec plaisir des gens abuser de vostre bonne foy? Ne me seroit-il pas sensible de vous voir faire une injuste préférence; et ne devrois-je point m'efforcer à vous faire connoistre la différence des cœurs qui s'attachent à vous? Croyez-moy, Madame, j'en connois, et vous les connoissez comme moy, qui ne vous aiment que pour vous, qui sacriheroient...

LUCINDE

Elle tourne la teste encore.

Marton, avez-vous veu...

LEONOR

Madame, je voy bien que je vous embarrasse .

Madame, je vous demande pardon. Je vous avoue...

LEONOR

Je VOUS laisse...

LUCINDE

Hé! non, Madame.

6o l'homme

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