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2. Nous avons assisté à ces cérémonies lugubres, mais réellement imposantes.
bambou; le plus ancien, d'une belle voix basse, entonne une hymne lugubre, en frappant en mesure la terre de son bambou; les autres en font autant, les yeux fixés sur le sol, tandis que les femmes, debout derrière, chantent aussi, en faisant des génuflexions en mesure. Ils demandent ainsi, en style poétique, des récoltes abondantes ou une pluie bienfaisante, et terminent toujours la cérémonie par des libations. Après leur mort, du sommet d'un arbre sacré, qu'ils plantent toujours près de leurs maisons, leTamoï les enlève vers l'orient, où ils ressuscitent et jouissent de tout ce qu'ils possédaient pendant leur vie terrestre. Lorsqu'ils sont malades, ils ont recours aux sorciers ou Payés, qui exécutent des jongleries. Morts, on les enterre dans leurs maisons même, après leur avoir peint le corps comme pour un jour de fête. On leur tourne la tête vers l'est, on brûle leurs armes , et ils sont placés dans une fosse profonde, garantie de la terre par des clayonnages et par des branchages croisés1. Les païens jeûnent en signe de deuil.
1. Oviedo (Historia gênerai de las Indias, 1547, lib. V, cap. IV, 48) dit absolument la même chose des anciens habilans d'Haïti.
TRIBU DES CHIRIGUANOS.
Le nom de Ckiriguano J ou Chirikuana, sous lequel nous avons trouvé une Irès-nombreuse tribu des Guaranis au pied des derniers contreforts des Andes boliviennes, est-il le nom primitif de cette même tribu, ou celui d'une autre qui , après y avoir anciennement vécu , aurait été remplacée par cette dernière? C'est une question difficile à résoudre , mais que nous voulons néanmoins tâcher d'éclaircir. Les Incas, sous Yupanqui, à peu près en 1430, cherchèrent à subjuguer les Chirihuanas; et Garcilaso de la Vega nous apprend2 qu'alors, assez nombreux pour ne pas être vaincus par les troupes quichuas, ils vivaient nus, sans maisons et étaient anthropophages; mœurs qui s'accordent assez avec celles des Sirionos, que nous décrirons plus tard 3. D'un autre côté , suivant l'assertion des histo-
1. L'étymologie donnée dans les Lettres édifiantes (Choix), t. VIII , p. 247, serait trop forcée: elle viendrait de chiri (froid) en quichua , et de huanana (homme rebelle), et non, comme on le dit : le froid les tuera.