Padre Fernandez, loc. cit., p
2. Le père Charlevoix donne aussi une copie de ce qui a été relaté par le père Fernandez, l. II, p. 221.
a pas été ainsi pour la partie de la nation encore indépendante; néanmoins voici les résultats que nous avons obtenus:
Ames.
Chiriguanos réduits à la mission de Porongo. 1,17s1
— réduits à la miss, de Santa-Rosa. 800
— réduits à Bibosi de Santa-Cruz. 776
— réduits à Piray de la Cordillera. 252
— réduits à Cabezas de la Cordillera 42 1
— réduits à Abapo de la Cordillera 544
Total des Chiriguanos chrétiens . . 3,966 2 Chiriguanos encore sauvages 15,000
Total de la tribu. . . . 18,966
Il reste aujourd'hui , quoique le nombre en ait
1. En 1787, sa population était de 1,701 âmes, selon Viedma, Informe de Santa-Cruz (manuscrit dont nous possédons l'original).
2. Ces chiffres sont le résultat du recensement rigoureux fait en 1832, tandis que nous étions à Santa-Cruz.
Selon Viedma {Informe, manuscrit) le total des Chiriguanos chrétiens était, en 1789, de 5,700 âmes, et celui des Chiriguanos sauvages (nombre approximatif) de 4,600; ce qui donne un total de 10,300 âmes , chiffre qui nous paraît au-dessous de la vérité. D'un autre côté, Fernandez, en 1726 (p. 4), l'élevait à 20,000; aussi ne craignons -nous point, d'après beaucoup de données recueillies dans le pays, de porter le nombre des Chiriguanos encore sauvages à 15,000, divisés au moins en trente villages.
beaucoup diminué, près de 4,000 Chiriguanos convertis au christianisme, tandis que 15,000 environ sont encore à l'état sauvage. Nul doute que la nation entière ne se fût soumise aux conquérans, si ceux-ci n'avaient pas voulu commencer par lui faire entièrement abandonner ses coutumes, et l'astreindre à un travail auquel elle n'était pas habituée.»
La couleur des Chiriguanos, la même que celle des Guarayos, est d'un jaune rougeâtre, beaucoup moins clair que celle de cette dernière tribu; partout elle est si loin de ressembler à celle des Indiens quichuas des plateaux, que, par rapport à ceux-ci, les Chiriguanos sont presque blancs. Leur taille est trèsordinaire : les hommes ont, terme moyen, 1 mètre 62 centimètres (5 pieds); ils sont, dès-lors, au-dessous des Guarayos, mais plus grands que les Guaranis du Paraguay; leurs femmes conservent une taille relative. Les formes sont moins belles que celles des Guarayos, et ressemblent beaucoup plus à ce que nous avons vu à Corrientes et aux missions, cest-àdire qu'elles sont massives ; leurs membres sont fournis, leurs épaules larges, leur corps est d'une venue; ils
1. Les premiers missionnaires furent envoyés en 1600 (Fernandez, p. 5); puis les Jésuites y entrèrent en 1686; mais la première mission n'eut lieu qu'en 1691 (voy. Fernandez, p. 21). On les attaqua souvent pour les forcer à se convertir (Lozano, p. 226) , et c'est ce motif qui a le plus contribué à les faire persister dans leurs anciennes idées.
sont cependant loin d'être aussi lourds que les Indiens des races montagnardes. Leurs traits sont les mêmes que chez les Guaranis du Paraguay; seulement ils ont plus de fierté dans le regard, moins de servilité et moins de tristesse dans l'expression. Ils s'épilent avec soin la barbe à l'état sauvage; mais nous avons acquis, par les Chiriguanos chrétiens, la certitude qu'ils sont presqu imberbes , et qu'ils ont à peine quelques poils aux moustaches et au-dessous du menton.
Leur langage est le guarani très-peu altéré, et par conséquent peu différent de ce qu'il est aujourd'hui au Paraguay. La modification des finales ti en chl semblerait annoncer qu'ils sont venus à une autre époque que les Guarayos.
Le caractère des Chiriguanos est un mélange de fierlé sauvage et de soumission aveugle, lorsqu'ils ont une fois adopté un principe. Les Incas1 et les anciens missionnaires2 en faisaient des hommes terribles dans l'état de barbarie le plus complet, se mangeant les
1. Garcilaso de la Vega , Comentario delos Incas , p. 244, dit d'eux: Son peores que bestias fieras, etc. (Ils sont pis que des bêtes féroces.)