Fernandez, loc. cit., p
Lettres édifiantes (Choix) , t. VIII , p. 256 , il est dit : « Ils « enlèvent les habitans, qu'ils emmènent dans les terres, où « ils les engraissent de même qu'on engraisse les bœufs en « Europe; et après quelques jours, ils les égorgent pour se « repaître de leur chair dans les fréquens festins qu'ils se « donnent. » Ce qui est évidemment faux.
uns les autres, quand ils n'avaient pas de captifs, vivant sans abri, faux, inconstans, sans parole, sacrifiant tout à leurs intérêts. La vérité est que ce sont des hommes sensibles aux procédés, recevant les étrangers avec une hospitalité franche, cherchant en tout à leur être agréable; mais n'aimant pas qu'on abuse de leur complaisance , soit en violant envers eux le droit des gens, soit en cherchant à leur faire changer des coutumes qui font leur bonheur. Nous ne doutons pas qu'on n'eût fait des Chiriguanos , comme des Guaranis du Paraguay, les néophytes les plus zélés, si l'on se fût toujours montré juste envers eux; aussi regardons - nous les Chiriguanos comme des hommes réfléchis, doux plutôt que médians; bons pères, bons époux, et ayant entr'eux des mœurs tout à fait patriarchales. Ils sont divisés en un grand nombre de villages, placés dans les plaines qui avoisinent les bois au pied des dernières montagnes des Andes boliviennes. Agriculteurs et chasseurs, ils ont des cabanes spacieuses; leurs champs de culture sont dans les forêts : là , sans peine , ils grattent la terre plutôt qu'ils ne la remuent, y sèment du maïs, et quinze jours de travail par an, tout au plus, leur procurent une récolte assez abondante pour qu'ils aient des vivres , et même de quoi subvenir à leur luxe de boisson, pendant plus d'une année; d'où il résulte qu'ils passent la moitié de leur existence en visites de tribus à tribus, de villages à villages, et en fêtes, dans lesquelles ils jouent, dansent et boivent la liqueur fermenlée