Voy. dans l'Jmér. mér., t. II, p
3. Damien de Goes , Cron., p. 1 , ch. LVI. Corogrqfia brasilia, II, p. 57 , etc.; padre Guevarra ,
Hisioria del Paraguay, 1 7 7 0 , p. 6 ; Gonzalo de Doblas, p. 54,
TRIBU DES GUAYANAS.
C'est encore une simple tribu des Guaranis. Ce que dit Gonzalo de Doblas 1 à ce sujet étant tout à fait concluant, Azara2 doit être encore trompé dans cette circonstance.
1. Memoria historica, etc., sobre la provincia de Missiones, p. 51.
% Loc. cit., p. 75.
NATION BOTOCUDO OU AYMORE.
La première de ces deux dénominations vient de la langue brésilienne, et tient à l'habitude qu'a cette nation de se mettre un morceau de bois arrondi dans un trou fait au-dessous de la lèvre inférieure ; la seconde désigne , sans doute, l'une des principales tribus de la nation. Au seizième siècle l les Botocudos vivaient dans les capitaineries d'Ilheos, jusqu'à Porto Seguro, d'où ils faisaient une guerre cruelle aux colons portugais; ils habitent aujourd'hui dans l'intérieur, sur une surface parallèle à la côte de l'océan Atlantique, une zone comprise entre le Rio Doce et le Rio Pardo, du 18.e au 20.e degré de latitude sud.
N'ayant vu qu'un seul Botocudo, et n'ayant pas été dans le pays qu'habite cette nation, nous nous bornerons à citer nos observations personnelles, afin de suivre la marche que nous nous sommes imposée, renvoyant, du reste, pour de plus amples détails, aux savans ouvrages de MM. Spix et Martius , de M. Auguste de Saint-Hilaire et de M. le prince Maximilien de Neuwied.
D'après les notes que nous devons à la complaisance
1. Pero Magalhanes de Gandavo, Historia da provincia de Stmta-Cruz, 1576, fol. 43.
( 347 ) de M. le vicomte de Santarem, le nombre des Botocudos ne s élèverait pas au-dessus de 4,000 individus.
La couleur jaunâtre des Botocudos nous a paru être en tout celle des Guaranis; mais, sans doute par suite de leur genre de vie au milieu des forêts, elle est un peu moins foncée que celle de la masse de la nation , et se rapproche davantage de celle des Guarayos. L'individu que nous avons vu, de la taille ordinaire des Guaranis , leur ressemblait par ses formes et même par ses traits, sauf cette différence, que les pommettes nous ont paru plus saillantes, le nez plus court, la bouche plus grande, la physionomie plus sauvage , la barbe presque nulle , les yeux encore plus petits et plus obliques à leur angle extérieur; ce qui les fait ressembler beaucoup aux hommes de la race mongolique de Cuvier.
Un vocabulaire que nous avons formé, en questionnant ce Botocudo, nous a prouvé, par deux cents mots environ , qu'il n'y avait aucune analogie enlre sa langue et celle des Guaranis. Quelques sons demandent une prononciation nasale, mais aucun n'est guttural; et , sans l'extrême dureté des consonnes , on ne pourrait dire que la langue soit dure. Elle est fort accentuée, les finales en étant toujours longues; elle a quelques sons compliqués, comme ceux dent et de te, dont on prononce séparément les consonnes avant de faire sentir la voyelle qui les suit. Les trois quarts des mois finissent par' une consonne : les plus employées sont Ym , Yn ,* les autres sont le c et le t} comme dans
le, oc, at. Les diphthongues sonl très-communes, el nous retrouvons souvent tous les composés de voyelles que nous avons en français , on , ain , etc. Vu français n'est pas en usage; mais le ch et le j de cette langue sont souvent indispensables pour bien rendre les mots, tandis que la manière dont on les prononce en espagnol n'est pas connue. Les lettres d, r, s, v ne sont pas non plus nécessaires; leur valeur phonétique ne se trouve pas dans la langue des Botocudos. Les noms des parties du corps ne présentent point d'anomalies. Nous ne pouvons rien dire des adjectifs, des verbes, ni du système de numération de cette langue , le manque d'interprète ne nous ayant permis de prendre à cet égard aucun renseignement positif.
Le caractère des Aymores paraît rempli de fierté; mais, d'après ce que nous avons pu apercevoir, il est, à peu de chose près, semblable à celui des Guaranis; il en est de même de leurs mœurs et de leurs usages. Ils vivent au sein des forêts, par familles ou par petites tribus guerrières , qui aujourd'hui ont encore les coutumes primitives des Guaranis, tout en étant beaucoup plus sauvages. Ce sont les plus intrépides chasseurs à l'arc et à la flèche. Peu d'entr'eux se livrent à l'agriculture.
En résumé, les Botocudos, bien que différant des Guaranis par le langage, se rattachent évidemment au même rameau que cette grande nation, par tous leurs caractères physiques de couleur , de formes , de traits. 11 en est ainsi des coutumes el des mœurs. Si
l'on prenait pour type l'inclinaison des yeux , ils seraient les plus parfaits du rameau; car leurs yeux, plus relevés à l'angle extérieur, leurs pommettes plus saillantes, leur teinte plus jaune, les font ressembler en tout aux hommes de la race jaune des côtes de la Chine. Ce sont, en un mot, des Guaranis dont les caractères physiques sont très-prononcés.
NATION NUAIU.i
Cette nation, si toutefois elle n'est pas une tribu des Guaranis, nous paraît appartenir évidemment à la race guaranienne.
NATION NAL1CUECA.2
C'est le nom d'une nation indiquée par Azara comme vivant au 21.e degré sud, à l'est de Xérès. Par le peu qu'en rapporte l'auteur espagnol , nous devons croire qu'elle appartient à la même race que les Nuaras.
NATION GUASARAPO.3 Cette nation nous paraît être dans le cas des deux