‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 56 sur 117 · Voyez Relation du père Fernandez · texte numérisé non relu

Voyez Relation du père Fernandez

4. En 1828 , la petite vérole enleva un grand nombre des habitans de Chiquitos.

n'existe pas maintenant plus de la moitié des habitans qui couvraient le sol de la province à l'époque de la découverte. Il est facile de s'apercevoir, en jetant les yeux sur notre tableau , que la nation des Chiquitos forme , à elle seule , les six septièmes de la population du pays; tandis que, parmi les autres, il n'y a que celle des Samucus et celle des Païconécas ayant encore une certaine importance; ce qui nous a déterminé à prendre le nom de Chiquitos comme type de ce rameau , auquel nous avons reconnu les caractères généraux suivans :

La couleur identique à celle des naturels du Chaco, quoiqu'un peu moins foncée, est bronzée, ou, pour mieux dire, d'un brun pâle, mélangé d'olivâtre, et non de rouge ou de jaune. Nous avons cru remarquer que les Samucus étaient plus fortement teintés que les autres nations de la province ; de si peu toutefois , qu'il faut voir beaucoup d'individus réunis pour les reconnaître.

La taille des Chiquitéens, moins élevée que celle des habitans des plaines du Chaco et du sud, ne varie guère. La moyenne en est de \ mètre 665 millimètres ( 5 pieds \ % pouce ) , tandis que les plus grands n'ont pas plus de

I mètre 75 à 78 centimètres ( 5 pieds 5 à 6 pouces). Les femmes n'atteignent pas une stature presqu'égale à celle des hommes, comme on le voit parmi les nations du sud ; elles conservent seulement des proportions relatives.

Les formes du corps sont, chez les Chiquitéens, peu différentes de celles des Indiens du Chaco ; de même le tronc est robuste, la poitrine saillante; les épaules sont larges; mais, en général, il y a moins de force apparente. Le corps est d'une venue ; les membres sont replets, montrant des formes arrondies, sans avoir jamais démuselés appareils; du reste, les hommes sont droits, bien plantés; ils ont une démarche aisée. Les femmes, plus larges, plus massives, conservent le même diamètre sur toute la longueur du tronc; aussi montrent-elles beaucoup de vigueur, et ne présentent-elles en rien la beauté idéale des formes antiques.

Les traits des Chiquitéens sont typiques; la tête est grosse, presque ronde, non comprimée sur les côtés ; la face très-pleine , arrondie; les pommettes ne sont nullement saillantes; le front est bas et bombé; le nez, toujours court, est moins épaté que celui des races des plaines ; les yeux sont petits, vifs, expressifs, presque

toujours horizontaux; mais, chez quelques iudividus, l'angle extérieur en est bridé, et annonce une tendance à se relever, comme dans la race guaranie; les lèvres sont assez minces, la bouche beaucoup moins grande que chez les nations du Chaco, et toujours prête à sourire; le menton arrondi et court ; les sourcils minces et bien marqués. La barbe ne couvre que le dessous du menton, et la moustache, constamment peu fournie , n'est pas frisée. La physionomie est ouverte, annonce la gaîté, la franchise, beaucoup de vivacité. On ne peut néanmoins dire que les figures soient jolies; la plupart, au contraire, sont moins que passables. Les femmes ont la face plus arrondie encore que les hommes , avec beaucoup de gaîté et de naïveté dans l'expression. En général , la figure des hommes n'a rien de mâle.

Les langues chiquitéennes sont aussi variées que les nations qui les parlent. Loin d'être aussi gutturales que celles du Chaco , la plupart sont même très -douces et très - euphoniques , ne présentant ni des sons durs , ni cette redondance de consonnes si commune dans les dernières. La langue chiquita, par ses finales en ch, ainsi que la morotoca (section des Samucus)

par les siennes en od et ad, offrent seules un dernier trait de ressemblance avec celles du Chaco. On retrouve le son guttural du j espagnol dans les langues saravéca, curuminaca, covaréca et païconéca; il manque dans toutes les autres. \2u français , prononcé du nez , se remarque dans la langue chiquita, dans l'otuké, dans la curuminaca , dans la covaréca et dans la païconéca. Plusieurs offrent notre ch, ainsi que le son doux de notre z. Une anomalie singulière se présente dans la langue chiquita, ou, pour beaucoup de choses, l'homme emploie des mots différais de ceux dont se sert la femme, tandis que pour les autres, la femme emploie des mots dont l'homme se sert, en se contentant d'en changer la terminaison1. Quoique ces langues soient très-compliquées, surtout celle des Chiquitos, aucune d'elles n'a un système de numération étendu , ce qui annonce peu de relations, et le défaut absolu de commerce. Les Chiquitos, les Otukès, les Paiconécas et, sans doute, les autres petites nations du nordest, n'ont aucun terme numérique de compa-

1. Voyez plus loin les détails spéciaux sur la langue chiquita.

raison ; les Samucus et les Saravécas ne vont que jusqu'à cinq ou dix, chiffre pris peut-être du nombre des doigts de l'une des mains ou des deux réunies. En un mot, il n'y a réellement aucune uniformité entre les différentes langues. Le seul trait de ressemblance que nous y trouvions, existe dans les noms des parties du corps commençant presque tous par une lettre déterminée, comme on peut le voir par le tableau suivant qui, en même temps, sera comparatif, pour les divers idiomes.

NOMS

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