‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 57 sur 117 · PARTIES · texte numérisé non relu

PARTIES

chiquita.

cuciquia.

païconéca

paunaca.

Joue.

Nochosté

Oya.

Nozovivi

Ivenara.

Yuréata.

Huimilo.

Ipiki.

Oreille.

Nénémo-

Onuma-

Nunibijé.

Ichapa-

Yanoé-

Isenoki.

Huichuca

rara.

ma.

Yeux.

Nosuto.

Osuto.

Nohé.

Ichaa.

Yédodia.

Huiskis.

Ihuiké.

Les Chiquitéens se font remarquer par une gaîté poussée à l'extrême, par leur goût pour la musique et pour la danse, par leur bonté à toute épreuve, leur sociabilité, leur hospitalité, le peu de jalousie que leur inspirent leurs femmes et leurs filles ; par leur persévérance et

( 137 ) par Ja facilité avec laquelle ils se sont rangés au christianisme. Il ne faudrait cependant pas croire que toutes les nations se montrèrent également dociles; la mort de plusieurs Jésuites1, lors de la fondation des missions, prouverait le contraire; mais une fois chrétiennes, elles persévérèrent, et, aujourd'hui, pour rien au monde ne retourneraient dans les bois; bien différentes, sous ce rapport, du rameau des plaines, qui, loin de s'être jamais soumis à aucun joug, est encore ce qu'il était au temps de la découverte. La nation des Chiquitos fut la plus facile à réduire et sans doute entraîna les autres par son exemple. Le caractère indépendant des Samucus, donna plus à faire; aussi en reste-t-il encore de sauvages. Il en est de même des Païconécas , des Covarécas et des Corabécas ; les premiers et les Corabécas surtout, montrèrent , quant à leur attachement à la vie sauvage , plus de rapports qu'aucune des autres nations avec les habitans des plaines. En résumé, le caractère des Chiquitéens est aussi enjoué que celui des naturels du Chaco et des Pampas

1. Voyez Francisco Fernandcz (1726) Relation historial de los Chiquitos, p. 303 cl p. 397.

( 138 ) est taciturne et triste. Les premiers sont aussi communicatifs que les seconds le sont peu.

Quant aux mœurs, elles sont identiques pour toutes leurs nations ; ils vivent sur le penchant des collines, au sein de forêts épaisses, oii, jadis, ils étaient tous fixés et agriculteurs; néanmoins leur goût pour la chasse dut les faire se disséminer davantage ; et de là , sans doute , le grand nombre de leurs tribus, dispersées au milieu des bois. Cependant la chasse n'était pour eux qu'un délassement, et n'avait lieu qu'après les récoltes. Les Chiquitéens en général avaient des villages, contenant chacun une seule famille; mais les Chiquitos construisaient de plus des maisons communes , oii vivaient ensemble tous les jeunes gens, qui, à l'âge de quatorze ans, se séparaient de leurs parens , afin d'embrasser ce nouveau genre de vie. Des plus sociables et des plus hospitalières, leurs tribus étaient continuellement en visite, ce qui motivait des fêtes, des danses, des jeux durant autant que le séjour des étrangers ou que les boissons fermentées qui les animaient.

Leur industrie différait aussi de celle des peuples habitant les plaines. Les femmes niaient et tissaient soit des pièces d'étoffe pour elles,

soit, pour leurs maris, le hamac, que nous n'avions jusqu'ici trouvé chez aucune autre nation. Il n'était à l'usage que des hommes ; les femmes se contentant d'une natte artistement tissée. Les armes (l'arc, la flèche, la massue tranchante et quelquefois la lance) , fabriquées par le mari, lui servaient à chasser, ou à combattre les nations voisines. Us péchaient au moyen de racines qui enivrent le poisson ; mais n'ayant jamais pensé à se construire une pirogue, ils ne sont pas navigateurs.

Les hommes allaient nus ; les femmes se couvraient d'une chemise sans manches , et s'ornaient de colliers et de bracelets. Le tatouage et les couleurs appliquées sur la peau étaient inconnus aux Chiquitéens ; et si l'usage barbare de se percer les lèvres et la base du nez existait avant la conquête, il a depuis entièrement disparu. On retrouve actuellement encore chez ces peuples le même fond de mœurs et de coutumes, seulement vm peu modifiées par le christianisme.

Le gouvernement était semblable à celui des nations du Chaco; il y avait des chefs pour chaque tribu; mais jamais aucun corps de nation. Les vieillards avaient une grande influence

sur la nomination du chef, nomination dépendant presque toujours de la bravoure du candidat. Souvent ces chefs étaient en même temps médecins; mais leur pouvoir se trouvant toujours borné, il n'y avait pas de despotisme.

La religion présentait une unité, celle de croire à une autre vie , et d'attacher des influences malignes à une foule de causes naturelles , croyance accréditée par les médecins, qui pratiquaient des succions comme chez les peuples du sud, attribuant la mort tantôt à des causes puériles, tantôt à l'intervention d'une femme, souvent sacrifiée , plus tard , par les parens. Si l'on en croit les historiens l, les Manacicas, tribu des Chiquitos , auraient professé un polythéisme compliqué; mais plutôt, ne pourraiton pas supposer que quelque Jésuite l'aurait inventé dans le but d'établir une analogie plus frappante avec le culte catholique. Aujourd'hui beaucoup de missions poussent la religion catholique jusqu'au fanatisme.

Pour nous résumer , nous croyons que le rameau chiquitéen se distingue de celui des plaines par une teinte un peu moins foncée , une taille

1. Fernandez , Relation liistorial de los Chiquilos , p. 228.

moins élevée, des pommettes moins saillantes, une figure plus ronde, plus enjouée; par un caractère gai, ouvert, bon, soumis; par des mœurs douces ; par l'habitude de se livrer à la culture, a l'ombre des forêts; par la facilité avec laquelle il adopta le christianisme et se soumit au système des missions. Ses langues sont plus euphoniques que celles du Chaco et des Pampas, et présentent pour caractère général la singularité, que les noms des parties du corps commencent par une lettre spéciale, variée selon les idiomes. Si ce rameau diffère en tout point de celui des plaines, il a les plus grands rapports avec celui de Moxos, dont il ne se distingue, pour ainsi dire, que par quelques caractères physiques, et par l'ignorance de l'art de la navigation, très-connu au contraire de ses voisins, qu'on voit sans cesse en pirogue. Du reste, le rameau chiquitéen fait le passage à la race brasilio-guaranienne, par cette tendance à l'inclinaison des yeux, qu'on remarque chez quelques-uns des individus des nations qui le composent, ainsi que par les sons de certaines lettres de leurs idiomes; mais non par la couleur, qui est toujours différente.

NATION SAMUCU.i

L'étude des langues nous a conduit à ce résultat, que le nom de Samucu2, par lequel nous désignons cette nation, n'est propre qu'à une de ses tribus, tandis que d'autres sections, très- nombreuses, portaient, dès l'époque de la découverte, et portent encore des noms distincts, comme les Morotocos 3 ou Morotocas, que nous avons retrouvés encore sons cette même dénomination à la mission de San- Juan; les Potureros1* , que nous avons rencontrés à Santo-Corazon, et les Guarahocas , vivant à Santiago. Ce sont les quatre grandes sections encore existantes à Chiquitos , et que , dans le pays , on regarde comme distinctes , quoiqu'elles parlent bien certainement un langage identique; plus ou moins corrompu et mélangé d'idiomes

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