‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 69 sur 117 · TROISIÈME RAMEAU · texte numérisé non relu

TROISIÈME RAMEAU

MOXÉEN.

Couleur : brun - olivâtre peu foncé. Taille moyenne, \ mètre 670 millimètres. Formes robustes. Front légèrement bombé; face ovalo - circulaire ; nez court, peu large; bouche médiocre; lèvres un peu saillantes; jeux horizontaux non bridés; pommettes peu saillantes ; physionomie peu enjouée, douce.

Le rameau de la race pampéenne ou des plaines, que nous avons nommé moxéen, d'après la dénomination delà province qu'il habite, de la plus nombreuse des nations qui s'y rattachent, les Moxos, ce rameau, disons-nous, est réparti sur une surface de terrain qui, formée seulement de la province de Moxos, serait d'à peu près \ 2,000 lieues marines , comprises entre les 1 \ .e et 1 7/ degrés de latitude sud, et entre ii. i3

les G4.c et 72.e degrés de longitude ouest de Paris. Ce terrain est borné , au sud , par les forêts de Chiquitos et de Santa -Cruz de la Sierra, qui le séparent du grand Chaco ; au sud-ouest et à l'ouest, par les forêts qui bordent le pied oriental des Andes boliviennes; à l'est, par les collines boisées de Chiquitos et du Brésil. Circonscrit de la sorte, il forme un immense bassin, ouvert seulement au nord , vers les plaines inconnues que traverse le Rio Béni, à l'est du Pérou proprement dit, vers le cours du Rio Madeiras, jusqu'à l'Amazone. Il est caractérisé par une uniformité de sol remarquable. On n'y voit aucune colline, ni, même entre les rivières, aucuns versans, qui ne soient sujets à se confondre , au temps des pluies ; ce sont d'immenses plaines inondées la moitié de l'année, entrecoupées de bouquets de bois épars , d'amas d'eaux stagnantes , traversées par deux grandes rivières , dont les débordemens causent eux-mêmes des inondations, et par une multitude de cours d'eau , dont la pente est à peine sensible. On ne trouve que de loin en loin, dans cette province, des lieux assez élevés pour ne pas y être submergé. La, plus de forêts impénétrables, couvrant le sol entier au milieu de collines, où l'homme peut

vivre ignoré, quoiqu'entouré de voisins, comme à Chiquitos; plus de plaines, dont rien ne borne l'horizon, où le sauvage entreprenant connaît jusqu'à la tribu la plus éloignée, comme dans les Pampas. A Moxos, le piéton indigène ne saurait faire quelques lieues sans être arrêté par des rivières, des lacs ou des marais; faits qui ont dû , nécessairement , exercer sur ses mœurs , sur ses coutumes, et même sur ses caractères physiques , une influence que nous allons chercher à rendre sensible , en résumant , sous leurs différens points de vue, les signes distinctifs des nationsdont nous formons notre rameau moxéen. Les circonstances nous ayant permis de voir successivement avec détail chacune des nations de ce rameau, d'étudier leurs caractères physiques , leurs mœurs , leurs coutumes , et de rédiger un vocabulaire de chacune de leurs langues, nous donnons ici le résultat des observations que nous avons faites sur les lieux, pendant un séjour de neuf mois. On n'avait, avant nous , que quelques notions vagues et très-incertaines , sur les hommes qui vont nous occuper. *

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