Laet,p
9. Dictionnaire galibi, etc. Paris, 1763 (compilation des autres auteurs), p. 17.
10. Barrère, Nouvelle relation de la France équinoxiale, p. 77. Paris, 1743. Il indique ce mot comme désignant une espèce de luzerne.
11. Les pronoms ni et ne se voient évidemment dans leur adjonction aux verbes. Voy. Dictionnaire galibi, p. 205; Biet, Boyer, Pelleprat, etc. Le dictionnaire galibi, inséré par de Préfontaine, dans sa Maison rustique de Cayenne. Paris, 1763, est une compilation de plusieurs langues distinctes.
12. P. Raymond Breton, Dictionnaire caraïbe, p. 229, 436, 450. Auxerre, 1665.
13. Rochefort, Bât. nat. des Ant. (Rotterdam, 1565), avec dictionnaire caraïbe, p. 573, 674, 575, 576,580, 581.
14. Ces pronoms se trouvent indiqués et joints aux verbes. Voyez Dict. caraïbe, p. 369 et 377.
15. Voyage à la Guyane et à Cayenne, fait en 1789 et suivantes, avec vocab. galibi, p. 372.
Nous espérons que la comparaison des différais mots de ce tableau en fera reconnaître la source commune, ou tout au moins y accusera la présence de la langue guaranie; car, s'il n'en était pas ainsi, pourquoi la mer, les grands fleuves porteraient-ils les mêmes noms, depuis la Plata jusqu'aux Antilles, depuis le rivage oriental de l'Océan jusqu'au pied des Andes? Il est évident, que s'il n'y eût eu ni communication ni transmigration, ou si les peuples eussent eu une autre origine, la mer aurait porté un autre nom aux Antilles. Pourquoi aussi ces mots , qui tiennent aux croyances religieuses, qui s'appliquent à des pensées abstraites, peut-être à des souvenirs historiques, remontant au berceau de ces peuples, pourquoi les mots Tamoi, Itamulou, Tamou-cailou , le grand-père, le vieux du ciel, le Dieu, se trouvent-ils les mêmes? ainsi que le nom de celui qui le servait, le Paye, Piache, sorcier, prêtre et médecin tout à la fois? Pourquoi les substantifs, les adjectifs, les pronoms, les verbes, les adverbes, présentent-ils tout au moins des rapports immédiats , sinon toujours une identité parfaite de sons? Pourquoi le nom des armes est -il semblable, des armes, premier attribut d'un peuple guerrier; pourquoi tous ces rapports évidens, si ces mots n'appartiennent pas à la même langue? Nous croyons que ces comparaisons acquièrent encore une plus grande importance, et décident tout à fait la question , quand on considère que cette langue se trouve, sans interruption, sur tous les points intermédiaires, comme nous l'avons démontré
pour les Oyampis, pour les Galibis de la Guyane , pour les nations des rives de l'Orénoque; qu'elle se parle sur l'immense superficie du Brésil ; que d'ailleurs , les Caraïbes eux-mêmes, d'après les traditions reproduites par les anciens auteurs, conservaient encore au temps de la conquête, le souvenir de leurs migrations1 et avaient, dans toutes les îles, un langage et des coutumes uniformes.2
1. Rochefort, loc. cit,, p. 349, dit que les Caraïbes des Antilles s'accordent pour descendre des Galibis, et plus loin, p. 448 : « Ils ont la prononciation plus douce que les Ca- « raïhes du continent; mais, d'ailleurs, ils ne diffèrent « qu'en dialecte. »
Raymond Breton, Dictionnaire caraïbe, p. 229 : « Les « Caraïbes disent qu'ils sont venus du continent pour con- « quérir les îles. »
2. Oviedo, Coronica de las Indias. De la Historia gênerai de las Indias (1547), liv. XVIII, fol. CLII, dit, à propos de la Jamaïque : « De los ritos y ceremonias de la gente « de la isla de Santiago, no hablo , porque, como lie dicho, « en todo ténia esta gente la costumbre y manera que los « Indios de la isla de Hayti y de Cuba, » (« Je ne parle « pas des rites et cérémonies des habitans de l'île de San- « tiago (Jamaïque), attendu qu'en tout, comme je l'ai dit, « ils avaient les coutumes et les manières des Indiens de « l'île d'Haïti et de Cuba. »)
Rochefort, p. 448, dit : « Tous les Caraïbes des diverses « îles s'entendent entr'eux. » C'est aussi ce qu'écrit l'auteur du Dictionnaire caraïbe, le père Raymond Breton.
Si maintenant, abandonnant les îles, nous repassons sur le continent méridional, si nous suivons les rivages de la mer, en marchant vers le sud, pour arriver au point d'où nous sommes parti, nous y retrouvons, comme nous l'avons indiqué, des traces sensibles du passage des Guaranis. A la Guyane, les langues galibi1 et oyampi2 ne sont que des dialectes peu différens de la langue primitive, et là des tribus entières sont déjà guaranies. Plus au sud, sur la côte du Brésil, se trouvent partout des indices du guarani: les noms de rivières, de montagnes, tout ce qui tient au sol, porte encore sur les cartes des dénominations qui appartiennent à celte langue, et sur le territoire on parle presque en tous lieux la lengua gérai, qui n'est autre que le guarani. D'ailleurs, les descriptions des peuples et les Dictionnaires publiés par les anciens auteurs, nous en donnent une preuve on ne peut plus concluante3. A l'embouchure de l'Ama-
1. Voyez tous les Dictionnaires galibis que nous avons cités à propos de notre tableau.
2. Voyez le Dictionnaire oyampi publié par M. Leprieur, dans lequel on reconnait la langue guaranie à peine altérée.
3. Os quaes ainda que estejam divisos , et aja entre elles diversos nomes de nacôen, todauia na semelhança, condiçaniy costumes y et ritos gentilico todos sam hûs. (Car, quoiqu'ils soient divisés en plusieurs nations qui ne portent pas le même nom, leur figure, leurs mœurs, leurs coutumes et leurs cérémonies religieuses sont absolument les mêmes.) Historia da provinçia Sancta-Cruz , p. 33 (Lisbonne»
zone1, à Pernambouc2, et de là jusqu'à Rio de Janeiro3; de ce dernier point à l'île Sainte-Cathe-
1576), et traduction française de M. Henri Ternaux, p. 108. Nous devons à la complaisance toute particulière de M. Ternaux la connaissance de l'original de cet ouvrage, des plus rare. M. Noyer, Mémoire sur les naturels de la Guyane, 1 824 , p. 10, dit que la langue galibi s'étend sur toutes lesGuyanes.