‹ L'homme au grand coutelasChapitre 3 sur 9 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

: L'HOMME-AU-GRAND-COUTELAS (aiouisant son couteau). — Kouétché ! Kouëtché!

SA FEMME. — Tu te donnes bien de la peine pour rien. Il n’y a rien à manger, point de viande à couper avec ton coutelas.

. L’HOMME-AU-GRAND-COUTELAS(montrantses dents d'un air féroce). — Oui! c’est la famine! Pas la plus petite fillette à dépecer et à rôtir! Ah! les temps sont rudes!

MAYIWANE. — Tu comprends, il ne restera bientôt plus personne dans le pays. Tu en as tant mangé déjà !

L'HOMME-AU-GRAND-COUTELAS, — Écoute !.… (Il renifle.) Je sens quelque chose qui vient. (II se lève ; 1lchante| Contes des Ba Ronga, p.225 |):

.…Allons-y ! quel beau pays!

Il sent la chair fraiche par ici...

La chair humaine par ici...

(Il brandit son coutelas ; 1l s'excite ; 1l danse.)

(Les jeunes filles apparaissent. Il cache son couleau… Elles s'approchent hésitantes.)

L’'HOMME-AU-GRAND-COUTELAS. — Le soleil est couché, mes filles.

KHANYISA, — Îl est couché, mon père.

MAYIWANE (s’approchant, bat ses mains l’une contre l’autre), — Bonsoir, fillettes.

TOUTES. — Bonsoir, ma mère (battant les mains l’une contre l’autre).

MAYIWANE. — Où allez-vous, les belles fil- 169702

KHANYISA. — Nous nous sommes perdues.

nous sommes bien loin de notre village.

MAYIWANE. — Pauvres filles ! Heureusement

que vous êtes arrivées dans notre demeure hospitalière.

L’HOMME-AU-GRAND-COUTELAS (par derrière, à sa femme, doucement). — Tâte-lui le bras pour

voir si c'est la bonne espèce. (Mayiwane lâle le bras de Khanyisa. Elle se relourne vers son mari avec un signe d'assentiment. Celui-ci ouvre sa bouche, montre ses dents, son geste favori.) Ici, vous serez les bienvenues ! Nous avons une hutte à votre disposition. Voyez! la voilà. Vous y dormirez bien et demain vous retournerez chez vos parents. N’êtes-vous pas les filles de Masingué ?

KHANYISA. — Oui, tu connais notre père ?

L'HOMME-AU-GRAND-COUTELAS, — Oh! dès longtemps. Vous appartenez à une bonne famille, oui, bonne, bonne. (1] se frotte l'estomac. Les fil- . lettes se regardent, tout interloquées.)

.… Vous n’aurez pas peur de ce qu’il y a dans lAhuttenWdonmnezhsans crainte .#Bonne/nuit.!

bonne nuit... Nous vous laissons tranquilles. Vous trouverez des couvertures pour vous y:

coucher... (L’Homme-au-Grand-Coutelas et sa femme s’éloignent. Les fillettes restent el s'apprélent à entrer dans la butte.)

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