‹ L'homme aux 160 millionsChapitre 4 sur 43 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LA RIPARDIÈRE, BOXNIVET ; ils sortent des

bureaux,

LA BIPAUDIERE *.

Pour la dernière fois, je vous le répète, mon cher Bonnivet, si on ne s'entend pas mieux, l'affaire est perdue... il est dix heures, et à midi l'ancien bail des cinq grosses fermes expire... le nouveau passera en d'autres mains... et la Compagnie actuelle n'aura plus qu'à faire son paquet.

BONMVKT.

Nous n'avons plus que deux heures... convenez, mon bon la Ripardière, que ce serait assez désagréable.

LA RIPARDIÈRE.

Il appelle ça désagréable... dites donc désespérant... Renoncer à un bénéfice énorme, certain... aune pluie d'or, qui, depuis dix ans^ a arrosé notre caisse de plusieurs millions !..

BONNIVET

Et pourquoi, je vous le demande ?

Pourquoi?.. Parce que messieurs nos confrères manquent de confiance en moi... comme s'il n'était pas juste de me laisser mon titre de gérant et la signature sociale dans le nouveau bail.

BONMVET.

Dame, aussi, dans la Compagnie, chacun se défie de ses confrères en général, et de vous en particulier... et cette défiance va si loin, qu'à la dernière assemblée il a été impossible d'obtenir un vote valable d'élection.

Air de \'£cu de six francs.

Avec une poinc infinie, On 3 disputé, discuté, Personne, dans la Conipapnie, N'obtonait de mnjorité (6/s).

Apres mainte (épreuve incertaine.

Et quand vint la dernière fois.

Chaque membre avait une voix, Une seule... et c'était la sienae (d/s).

LA RIPARDIÈRE.

Me faire une pareille injustice , à moi , qui depuis dix ans ne leur ai donné que des preuves d'adresse et de savoir-faire.

BONNIVET

C'est justement à cause de ra... ils piéloiidcnt (ju'avec une liabileté aussi éprouvée que la vôlrc, s'ils vous laissent encore entre les mains le pouvoir et surtout la signature sociale, il ne leur restera qu'un zéro pour bénéfice en fin décompte.

LA RIPARDIÈHE.

Allons, je le vois, l'affaire nous échappera.

BONNIVET

Tout n'est pas encore désespéré... Où voulez-vous qu'on trouve tout de suite une sociélé assez riche pour offrir comme nous, au roi , outre nos garanties morales... nos vertus privées... une hypothèque financière de 160 millions?

LA RIPAUDIÈRE.

Il s'élèvera des rivalités, vous dis-je... Et puis, qui sait s'il n'y a pas, parmi nous, un traître, qui travaille dans l'ombre pour évincer ses collègues?

BONNIVET

Ah! bah ! vous croyez ?

LA RIPARDIÈRE.

Certainement, et j'ai déjà même à cet égard des soupçons fondés... (.'1 port.) C'est un imbécile... il n'y a pas de mal de l'effrayer... il pourra m'être utile.

BONMVET.

■Vous me faites trembler... Mais enfin que faire en pareil cas?

LA niPARDIÈUE.

Eh ! parbleu ! user du dernier moyen qui nous reste, et cela vous regarde, vous, mon cher Bonniyi'et.

BONNIVET

Moi!... Parlez vite, mon ami.

3'altends l'arrivée des fermiers généraux, qui vont se rendre ici ce malin, pour répondre aux dernières propositions que je leur ai faites, en désespoir de cause, par une circulaire... Il faut que, pendant qu'ils ne seront pas chez eux, vous rendiez visite a leurs femmes...

BON.MVET.

Vous croyez ?. .

LA BIPARDIÈRE.

Que vous leur promettiez force cadeaux et les décidiez à user de toute leur influence sur leurs maris, pour les rendre plus Iraitables envers moi... toujours dans l'intérêt général... Déployez tout votre esprit.

BONNIVET

Diable ! ça sera ditlicile.

LA RIPARDIÈRE.

Bah ! les femmes coquettes se laissent facilement éblouir par l'éclat des diamants... Eblouissez-les.

BONNIVET

Au fait' avec mes moyens oral cires ,"el que

ques écrins, que je vais prendre chez mon joaillier, je ne pas peux manquer de faire de l'effet. {La Ripardière lui parle à voix basse, pendant ce qui suif.)

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