LES FERMIERS
Est-il possible !..
DESBIGNAC.
Et sa démission ?..
BONNiVET, regardant dans la cheminée.
Ciel! brûlée !. Il n'en reste plus un morceau.
NICOLAS
Ma démission flumbéç!..
LA RIPARDIÉRE, avec colèrc à Bonnivet.
On n'est pas plus hôte que vous !
MANON', qui a pris la lettre du roi et l'aparcourue., passant près de la Ripardière.
Eh! mais, attendez donc... il n'y a pas de feu d'artifice sans fusée... et voilà le bou(iuet!.,. (Achevaiit la lettre.) « Posl-scriptum... Tour ré- « compenser votre belle conduite, nous vousac- « cordons personnellement une prolongation de « bail pour neuf années. »
NICOLAS
Une prolongation... à moi... en personne... Embrasse-moi , Manon ; nous voilà regrimpés sur la roue de la fortune !
MANON
Je comprends tout maintenant... ça vient de Jeannette, à qui, tout à l'heure, j'ai envoyé une de tes signatures en blanc pour la calmer. DONNiYET, altéré.
Un blanc-seing entre les mains de la favorite !
LA RIPARDIÉRE, de tnéme.
Et l'autre que vient d'emporter l'abbé Terray !
DESBIGNAC, de même.
Ah 1 sang-dieu ! toute la caisse y sauléia!
NICOLAS, près de La Ripardière".
Eh bien ! consolez-vous... pour vous refaire, je consens à accepter... à mon profit... le bail que Sa Majesté daigne m'offrir... et d'ici là, messieurs les fermiers, je vous forcerai bien à être d'honnêtes gens.
LES TROIS FERMIERS, désespérés.
Nous sommes ruinés !...
MCOL.\S.
Air de Parizot (Premier acte).
A présent, j' réponds qu' dans la ferme Sans mes ordres rien n' se fera plus ; Sur mes droits je m' montrerai ferme.
Et j' détruirai tous les abus.
(AuPiiôUc.) Pourtant, comme je crains des attaques, Messieurs, veuillez m' donner des claques ; Des ce soir, là-dessus dans Paris Tous les impôts s'ront abolis.
Dieux! qu' ça s'rait doux D'eu recevoir de vous !
Pour ça, j' vous en prie.
Pas d" cérémonie! '
Dans not' ménage, il nous semblera doux D' pouvoir tous les soirs en recevoir de vous. CHŒUR.
Dieux! qu' ça s'rait doux, etc.